Marius-Noël Davin (1856-1943)
Marius-Noël Davin naquit à Ollioules le 24 décembre 1856, chez un couple de cultivateurs déjà âgés, Jean-Joseph-Julien Davin et Agnès Roubert. Sa vocation apparut au berceau, « dóu pedas », disait-on de lui. A Ollioules, il grandit parmi les souvenirs héroïques du chanoine Gairoird, survivant de la Révolution, mort dans cette paroisse en 1860. Après le petit séminaire de Brignoles et le grand de Fréjus où il se distingua toujours parmi les meilleurs, on l’affecta au petit séminaire de Grasse en 1878 dans l’attente de l’âge requis pour l’ordonner prêtre, c’est-à-dire jusqu’en 1881, il y resta en fait six ans. Là encore, il bénéficia de l’exemple des chanoines Cresp et Sauvaire, prêtres d’éminente piété. En 1884, il fut au petit séminaire de Brignoles, d’abord professeur d’humanités puis de philosophie. L’abbé Davin était un intellectuel doué d’un savoir étendu sans cesse renouvelé, d’une solidité qui confinait à la raideur, d’une nervosité à peine contenue, auquel on ne put jamais reprocher des excès de tendresse : il était fait pour gouverner. Avant d’être une intelligence, il était avant tout une volonté. En 1894, il commence son ministère paroissial à Saint-Louis, de Toulon, comme vicaire puis comme pro-curé. En 1909, il devint curé-doyen de Saint-Tropez. Le ministre et académicien Emile Ollivier (qui sera enterré à St-Tropez en 1913), vantant son talent d’orateur, disait de lui : « on ne parle pas mieux dans le meilleur Paris ». Le 2 mars 1912 il fut transféré à Draguignan et promu chanoine honoraire. Il fut installé dans cette dernière fonction le 4 mars à la cathédrale de Fréjus. Dans sa nouvelle paroisse il pacifia et relança la Congrégation, redonna vigueur aux écoles chrétiennes (il rêva jusqu’à sa mort de pouvoir créer une école pré-séminaire), créa une coopérative pour prêtres, mit sur pied une chorale mixte, lança une revue paroissiale, mais au milieu de tant d’activités montra surtout sa détermination dans le chantier de restauration de l’église : après qu’elle ait été décrétée en péril par les architectes commissionnés par la mairie et menacée de fermeture en 1928, le chanoine Davin pilota sa propre expertise et, ayant appris qu’elle était réparable, décida d’en faire « son affaire », il entreprit de gigantesques travaux qui durèrent un an et demi, qui permirent sa consécration en 1930. L’année suivante il célébra son jubilé sacerdotal, où il fit l’expérience que tout le monde l’estimait même si tout le monde ne l’aimait pas. Cette même année, Monseigneur Simeone l’appela à son Conseil. Mgr Llosa, dracénois devenu évêque d’Ajaccio en 1938, lui donna aussi le titre de chanoine honoraire. Le chanoine Davin mourut à Draguignan le 15 avril 1943, à 87 ans. Son frère Joseph-Nicolas était le grand-père maternel du chanoine Marius Long (1895-1990).


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Odon (ou Othon) Fornari appartenait à une importante famille génoise du parti guelfe qui donnera de nombreux prélats à l’Eglise, et il bénéficia de l’ascension de l’un de ses cousins, Sinibaldo Fieschi, génois lui aussi, devenu évêque d’Albenga vers 1225, vice-chancelier de la Sainte Eglise Romaine puis cardinal en 1227 et enfin élu pape sous le nom d'Innocent IV en 1243. Quoique resté sous-diacre, Odon accéda à la prévôté de Fréjus. Le devint-il dès le départ de Fouques de Caille promu évêque de Riez en 1240 ou profita-t-il d'une intervention pontificale en sa faveur pour obtenir le poste, soit après 1243 ? S’il est vrai qu’à partir de 1246 l’autorité pontificale s’impose systématiquement dans la collation des bénéfices majeurs en Provence, déjà le 11 mai 1244 Odon Fornari est détenteur de la prévôté de Fréjus, quand Innocent IV commande à Henri de Suse de lui conférer d’autres bénéfices : c'est ainsi qu'il acquiert encore la prévôté de Grasse et un canonicat à Gap en 1245. Le 13 décembre 1246, Odon Fornari avertissait le pape que l’évêque de Fréjus ne pouvait plus suffire à sa charge : il s’agissait du vieil évêque Raymond Bérenger (1235-1248). Le 15 février 1248 le prévôt présida le chapitre sommé par Innocent IV de désigner un nouvel évêque. Le 29 février suivant, à la prière d'Odon Fornari, le pape accordait encore un privilège à un de ses parents, le chanoine Raymond de M. Il ne dut pas survivre très longtemps à ces événements puisque c’est la dernière trace que nous avons de lui : une nouvelle intervention d’Innocent IV placera pour lui succéder un chapelain pontifical, Guillaume Bardin, attesté à partir du 17 juin 1253.
mère, Françoise-Pauline Abbé, cultivatrice. Il y apprend de bonne heure les devoirs et la douceur de la piété, notamment envers la Vierge Marie et accueille volontiers l’appel du Seigneur. Après le petit séminaire de Brignoles et le grand séminaire de Fréjus, il est ordonné prêtre le jeudi 29 juin 1905, il dit sa première messe le lendemain à l’autel du Sacré-Cœur et assure la grand-messe des saints Pierre & Paul, le dimanche suivant à la cathédrale. Il est alors professeur au petit sémin
aire de Brignoles où il reste encore quelque temps pour y enseigner l’anglais, qu’il avait pu perfectionner à la faveur d’un séjour en Angleterre. L’abbé Garcin est ensuite vicaire à Gonfaron où il se fait apprécier par son caractère très agréable, inaccessible à la colère ou à la nervosité. Il est encore vicaire à Saint-Tropez avant de devenir curé de Saint-Mandrier, puis de Saint-Tropez qu’il retrouve avec une autre fonction. Partout, il aura eu à cœur de remettre en état et de garantir à ses successeurs des presbytères dont il pouvait être fier. En décembre 1935, il est honoré du camail de chanoine honoraire de la cathédrale de Fréjus. Au départ de Mgr Llosa, nommé évêque d’Ajaccio, il accède en décembre 1938 à la cure de Sainte-Marie de Toulon où il aura le temps d’édifier tout le monde au cours des cinq années qu’il y passa : en effet, cinq ans après son arrivée, le 21 novembre 1943, une attaque d’apoplexie le conduisit à la mort en quelques heures, il avait 62 ans. Ses funérailles, très solennelles furent présidées par Mgr Gaudel.