Augustin Massel (1885-1976)
Augustin-Joseph-François Massel naît à Draguignan le 29 janvier 1885 au foyer de Pierre Massel, cultivateur, et de Catherine-Aimable Truc, qui donnera deux fils à l’Église : Julien-Antoine (1883-1965), qui deviendra le Révérend Père Marie-Noël, carme déchaux, qui mourra à Bagdad, vicaire général de Mgr du Chayla, archevêque de cette ville, et Augustin. Ce dernier se prépare seul à entrer en rhétorique au petit séminaire de Brignoles. De là, il passe au grand séminaire de Fréjus en octobre 1905, et reçoit l’ordination sacerdotale le 20 juin 1909 à Hyères. Le ministère de ce fervent disciple de Marc Sangnier, le fondateur du Sillon, s’oriente vers l’action sociale, dans les paroisses successives dans lesquelles il est affecté : Saint-Martin-de-Pallières, d’abord, puis Vidauban, Ollioules, les paroisses toulonnaises de Saint-François-de-Paule et de Saint-Flavien où il est vicaire, puis celle de Fayence dont il est curé-doyen, Saint-Tropez ensuite et de nouveau Saint-Flavien comme curé. Après un ministère actif au cours duquel il reçut la mozette de chanoine honoraire en 1942, il se retira du ministère en 1956 à Draguignan, son pays natal où il mourut vingt ans plus tard, le 12 septembre 1976. Ses obsèques y furent célébrées le 15 septembre. Il est l'oncle de l'abbé Augustin Massel, aumônier de l'Action Catholique Rurale.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Antoine-Victor-Joseph Bonifay était né à Saint-Zacharie le 6 mars 1874, fils de Jules, charretier et de Rose Légier. Il tira de son origine un attachement indéfectible aux traditions provençales dont il se fit l’apôtre. Félibre maniant parfaitement la langue de ses pères, il se fera aussi écrivain et littérateur moraliste à ses heures : on devra ainsi à l’ « abat Antoni Bonifay » une prose provençale intitulée Rapugado (« grapillée »), que Mgr Guillibert ne craindra pas d’honorer d’une lettre en guise de préface. Il s’était formé d’abord aux lettres classiques au Bon-Pasteur de Marseille sous la férule du chanoine de la Paquerie et, encore étudiant s’était essayé à l’art oratoire et à l’écriture en publiant des articles en langue provençale et en créant un journal. L’homme était par ailleurs de solide constitution et d’un caractère énergique, il fallait dépasser la première impression pour découvrir au-delà d'un extérieur qu'il négligeait et d'un verbe pas toujours châtié une personnalité à la bonté captivante et à la grande charité, qui lui assurera une véritable popularité. Ordonné prêtre, on lui confia la paroisse de Tanneron où il défriche et plante une vigne pour ses successeurs… On le voit ensuite vicaire à Vidauban en 1902, à Carcès en 1903, à Lorgues en 1904, à Solliès-Pont en 1906, puis à La Seyne en 1907. L’abbé Bonifay est ensuite curé de Nans en 1910, de Vidauban en 1925 et enfin de Brignoles en 1933, année où il reçoit le camail de chanoine honoraire de la cathédrale. Dans toutes ces paroisses il fera naître à son égard un profond attachement, après le premier sentiment de surprise devant ce prêtre un peu original à la rondeur et à l’allure gauloises. L’archiprêtre de Brignoles s’éteint dans sa ville le 11 mai 1947.