Nicolas Fieschi (ca 1456-1524)
Niccolò Fieschi naît à Gênes vers 1456, cinquième des onze enfants de Giacomo Fieschi et de Selvaggia Fieschi de Caneto. Le 10 juin 1481 il reçoit les ordres mineurs, en compagnie de son frère Pierre, à Bologne où il suit les cours de la faculté de droit et où il obtient le 15 septembre suivant – toujours en compagnie de son frère – le doctorat in utroque iure. Son frère Urbain, évêque de Fréjus, le nomme vicaire général et prévôt de son Eglise en 1482, à la mort du titulaire, Bernard de Candie. C’est ainsi, qu’en l’absence de son frère, c’est lui qui accueillit saint François de Paule à Fréjus. Il était en même temps prévôt de Toulon quand Sixte IV lui donna le siège de Toulon le 15 mars 1484 dont il ne put prendre possession à cause de l’opposition du roi de France. Nicolas Fieschi cumule en attendant charges et bénéfices : notaire apostolique, archiprêtre de Gênes, il est nommé le 8 juin 1485 collecteur apostolique et châtelain de Viterbe, office dont il prend possession le 12 juin suivant. Victime du soulèvement fomenté par la famille Orsini au nord de Rome, c’est en prison qu’il reçoit l’annonce de la mort de son frère Urbain et de son accession, cinq jours plus tard, au siège de Fréjus, soit le 14 octobre 1485. Il hérite encore de lui le titre de référendaire apostolique le 3 novembre suivant, mais n’obtient sa libération que le 23 janvier 1486.
Il lui est de nouveau impossible de prendre possession du siège de Fréjus en raison des prétentions françaises. En 1487 un accommodement fut trouvé : dans l’attente d’un autre évêché pour Nicolas Fieschi, et avec son accord, il bénéficiera d’une pension sur les sièges de Toulon et de Fréjus tenus par un administrateur. Il dut patienter jusqu’au 22 octobre 1488 pour obtenir l’évêché d’Agde. Nicolas Fieschi abandonne la prévôté de Fréjus aux mains de Raymond de Candie en 1494 et peut enfin occuper en paix le siège épiscopal de Fréjus où il est de nouveau nommé le 25 février 1495. Le 31 mai 1503, il sera créé cardinal et depuis Rome où il devra désormais résider, il assumera successivement ou simultanément l’administration de nombreux diocèses : Agde, Senez, Embrun, Toulon, Ravenne, Andria, Umbriatico. Il ne renoncera à celui de Fréjus et sous forme d’expectative que le 5 novembre 1511 au profit de son neveu Urbain Fieschi dont la mort prématurée rendra vaine la cession. Après un séjour inespéré à Fréjus entre 1521 et 1523, le cardinal évêque de Fréjus mourra à Rome, tout juste promu Doyen du Sacré Collège, le 14 juin 1524. Il est inhumé à Sainte-Marie-du-Peuple à Rome.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

A la disparition du prévôt Ange Oddo de Confinio qui avait été le grand vicaire de Franciotto Orsini, l’évêque aurait récupéré la prévôté et c’est dûment muni des bulles papales qui la lui abandonnaient que son nouveau vicaire général, Honoré Martelly serait venu en prendre possession. En fait il apparaît que c’est son petit-fils Leone Orsini qui succéda directement à Confinio dès 1531. Il s’agissait peut-être de prendre les moyens de s’assurer d’une personne sûre résidant effectivement à Fréjus (ce qui n’était le cas ni de Franciotto ni de Leone Orsini) avant de lui transmettre la première dignité du chapitre, puisque le chanoine Georges Fenilis s’en verra revêtir en 1536, ou tout simplement d’assurer un moyen de subsistance à l’étudiant qu’était encore le petit-fils…
Orsini (fils de Franciotto) et de Porzia Orsini. Il était adolescent lorsque son grand-père lui assura déjà sa succession sur le siège de Fréjus ; de Rome, puis de Padoue ensuite où il étudie le droit, le jeune homme se prépare à une brillante carrière ecclésiastique avant d’avoir l’âge requis pour recevoir les ordres et cumule déjà les bénéfices : il reçoit donc en 1531 la prévôté de Fréjus et, la même année, la prestigieuse abbaye italienne de Pomposa. En 1535, Leone prend formellement possession du siège épiscopal de Fréjus. L’année suivante, à la mort du vicaire général Bertrand Néron au mois de février 1536, il nomme pour le remplacer le chanoine Georges Fenilis auquel il remet alors la prévôté.
Enfin, le 24 juillet 1227, il assiste à la cession du consulat de Grasse faite par les habitants au comte de Provence. La dernière mention connue du prévôt Raimond Bérenger date du 28 juillet 1234 où il est cité dans un acte passé à Aix. Quelques mois plus tard, probablement au tout début de l’année 1235, il
Honnoré Ricaudy naît à Sisteron le 19 décembre 1762. Il est le fils d’Henry Ricaudy, avocat au Parlement de Paris, lui-même fils d’avocat et petit-fils de notaire sisteronais, sa mère se nomme Elisabeth Lantier. L’enfant est baptisé le même jour et reçoit comme parrain son cousin issu de germain, fils du viguier et premier capitaine de Sisteron, le jeune Henry de Burle de Curban, qui est aussi le filleul d’Henry Ricaudy. Le nouveau baptisé s’inscrit d'emblée dans un réseau familial et social qui se partage les charges publiques et ecclésiastiques. Assiste au baptême le frère du parrain, Honoré-Alexandre de Burle d’Aujarde qui, docteur en théologie, deviendra curé des Mées en 1784, mais aussi un « Ricaudy, prêtre », soit l'oncle Joseph Ricaudy (1722-1792), mort chanoine du ci-devant chapitre de Sisteron, soit l'autre oncle, Honoré Ricaudy (1723-1801), licencié en théologie, qui cumulera très vite de nombreux bénéfices : chanoine et grand-vicaire de Sisteron, prieur de la chapelle Saint-Sébastien de Reynier en 1763, dernier prévôt de Chardavon, nommé à ce prieuré du diocèse de Gap le 28 novembre 1766, puis chapelain de quartier de Madame Marie-Joséphine de Savoie, épouse du comte de Provence (le futur Louis XVIII) et qui mourra à Paris après avoir un temps émigré. Honnoré le jeune entre à son tour dans les ordres et, après avoir été reçu docteur en théologie, semble avoir été lui-même intégré au chapitre cathédral de Sisteron où il occupe la stalle de théologal laissée vacante par la mort de Messire Simon-Bruno Gantheaume, en 1786. Après la tourmente révolutionnaire, le ci-devant chanoine Ricaudy retrouva une stalle dans le chapitre de Digne reconstitué à partir de 1803, puis fut aussi nommé président de la fabrique de la cathédrale de cette même ville. Mgr de Richery lui donne le titre de chanoine honoraire et de vicaire général de Fréjus en 1824. Bien que résidant à Digne, le chanoine Ricaudy meurt dans son domaine du Logis-Neuf, à Sisteron le 9 octobre 1832. Les descendants de son frère Henry-Joseph de Ricaudy (1758-1818), conseiller du roi, président trésorier général de France au bureau des finances et chambre du domaine du Dauphiné, grand voyer de ladite province, établis à Toulon, s’illustreront dans la marine comme Cyprien-Alphonse-Didier de Ricaudy (1823-1912) qui fera les campagnes d’Orient (1855-56) et d’Italie (1859-60), Louis-Théodore-Bernard de Ricaudy (1834-1924) ou Louis-Alphonse-Dominique de Ricaudy (1839-1898).