Jean-Baptiste Joseph Armieu (1795-1863)
Jean-Baptiste Joseph Armieu naît à Lambesc le 6 messidor an III (24 juin 1795), fils de Joseph-Marius, charron, et de Claire Diouloufet. Il est ordonné prêtre pour le diocèse d’Aix. Le jeune prêtre est l'un des secrétaires de l'archevêque d'Aix et l'accompagne lors de sa visite du diocèse en 1820. Mgr de Richery l’incorpore au diocèse de Fréjus et lui confie le secrétariat général de l’évêché en remplacement du chanoine Martel, sur la recommandation de Mgr Ferdinand de Bausset. L’abbé Armieu avait assisté le 29 mai 1825 au sacre de Charles X, c'est même lui qui y portait la croix processionnelle : il y avait accompagné l'archevêque d'Aix ; sa prestance y fit tant d'effet que le roi lui-même demanda à connaître son nom. L'abbé Armieu est fait chanoine honoraire de Fréjus en 1826 (il était également chanoine honoraire d’Aix). En 1828, une stalle étant venue à vaquer, il devint chanoine titulaire de Fréjus. Il continua à remplir les fonctions de secrétaire général sous Mgr Michel.
Légitimiste ardent et d’un caractère très emporté, le chanoine Armieu réagit violemment aux émeutes qui ne manquèrent pas d’agiter Fréjus en 1830 : alors que des factieux abattaient les fleurs de lys qui surmontaient les grilles du jardin du palais épiscopal, il se mit à leur envoyer des cailloux et autres projectiles depuis les fenêtres de l’évêché, ce qui ne manqua pas d’accroître le tumulte… Il s’ensuivit des perquisitions à son domicile et au secrétariat de l’évêché par la police du gouvernement de Louis-Philippe, Monseigneur Michel, pendant ce temps, jouait la modération. Le chanoine Armieu quitta alors l’évêché. C’est lui qui reçut le premier le titre de doyen du chapitre en 1852, lorsque Mgr Wicart institua cette dignité. Après le départ de l’évêque pour Laval, le doyen Armieu fut élu vicaire général capitulaire le 6 novembre 1855, dans l’attente de la prise de possession du siège de Fréjus par Mgr Jordany. En 1860, il se porta vainement candidat à un canonicat du second ordre à Saint-Denis. Il démissionna en 1861 et, quittant sa stalle, redevint simple chanoine honoraire. Il mourut à Marseille où il résidait désormais, boulevard de la Liberté, le 16 juillet 1863.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Pierre de Camaret fut chanoine de Fréjus pendant quarante ans : on le voit assister son prévôt auprès du comte de Provence pour la signature d’un acte à Aix en 1227 ; le 19 août 1235, il cautionne l'échange du château de Marsens contre ceux du Puget et d’Agay, consenti entre le comte et l'évêque ; en 1248, il accompagne le même évêque, Raymond Bérenger, à Sisteron pour la fondation du couvent des Dominicains de la Baume. En 1251 il est un des quatre exécuteurs testamentaires de Romée de Villeneuve, baron de Vence. On le voit, le 28 février 1262 être témoin de la sentence arbitrale rendue entre les coseigneurs et les habitants de Mons au sujet des droits d’usage sur les défens du Gaus et d’Argayron ; il est mentionné alors comme sacriste. Suite au transfert de Bertrand de Saint-Martin sur le siège d’Avignon, le 5 mars 1264, le chanoine de Camaret est
le chanoine Maille qui devait avoir quelque intérêt pour l’art leur acheta. Il venait de sauver ce qu’on identifia immédiatement comme une Vénus antique. Mais l’affaire eut assez de retentissement pour qu’à son tour le Premier Président d’Oppède, qui était alors intendant de la Province, la réclame. Elle fut ensuite transportée à Paris, puis exposée dans le palais des Tuileries en 1678, avant d’être installée dans les jardins du château de Versailles vers 1685. Celle qu’on appelle aujourd’hui « l’Aphrodite de Fréjus », considérée comme la meilleure copie de l’œuvre grecque en bronze de Callimaque désormais perdue, est maintenant exposée au Louvre, sans qu’on soit tout à fait sûr qu’il s’agisse de la même (celle du chanoine Maille avait une étoile sur la tête et le marbre présentait des veines qui rosissaient ses joues…). Mais notre chanoine s’occupait aussi d’autres choses : il fut vicaire général et fit fonction d’official ("official général substitut du diocèse"). Ayant assumé ces charges jusqu’à la fin, de plus en plus difficilement avec l'âge et les infirmités, Antoine Maille mourut à Fréjus le 14 janvier 1679, après avoir reçu les sacrements, et fut inhumé le lendemain dans une des tombes réservées aux chanoines, dans le chœur de la cathédrale. Contemporain d'Antoine, un Pierre Maille, prêtre bénéficier de la cathédrale, licencié en droit canon, avait fait partie des trois vicaires capitulaires désignés par les chanoines à la mort de Monseigneur de Clermont-Tonnerre en 1678 comme l'indique Espitalier : « le prévôt Jean de Coriolis, Bernardin de Camelin et Pierre Maille ». Ce bénéficier, possible parent du chanoine Antoine Maille, mourra à Fréjus le 17 avril 1692.