Jean-Joseph-Pierre Guigou (1767-1842)

Jean-Joseph-Pierre Guigou nait le 1er décembre 1767 à Auriol de Jérôme Guigou et Rose Plumier. Très jeune il demande à rejoindre le petit séminaire d’Aix puis rejoint celui de Marseille. Il est diacre lorsqu’éclate la Révolution française. Il est ordonné prêtre à Nice en 1789. Il voulait dire sa première messe à Auriol, il dut se contenter de la célèbrer de nuit dans la chambre de sa mère, où la famille s'assembla discrètement. D'abord caché dans sa région natale, il y exerce un ministère clandestin au péril de sa vie, à Saint-Zacharie; mais bientôt il ne peut plus exposer celle de ceux qui le cachent et il doit prendre le chemin de l'exil. Il s'arrête à Nice où il fait un temps office de précepteur chez le comte Audibert de Saint-Theime. De là, il passe en Italie et gagne Bologne où il obtient une chaire de théologie au séminaire de la ville. Il y exerce la charité à l'égard des autres émigrés et gagne encore quelque argent en fabriquant de ses mains des parapluies ! Rentré en France et probablement passé chez les siens, à la chute de Robespierre, il est de nouveau jeté sur les routes de l'exil par une recrudescence de la persécution. Il s'établit un moment en Aveyron où il trouve de l'ouvrage chez un artisan papetier, puis rejoint Barcelone. Le Concordat qui lui permet de revenir (peut-être fut-il même de retour dès la fin de l'année 1798 ?) et d'exercer paisiblement le minsitère paroissial. C'est à Saint-Zacharie qu'il méritait d'être placé, y ayant été à la peine durant la persécution. Son premier soin est de prêcher lui-même le jubilé accordé par le pape à l'Eglise de France ressuscitée. Il permet ensuite le rétablissement du pèlerinage de la Sainte-Baume. Mgr Champion de Cicé, qui l’apprécie le choisit pour l’accompagner à Paris au sacre de Napoléon. De retour, il est fait chanoine d’Aix mais l’abbé Guigou qui est attaché au ministère pastoral prêche inlassablement des missions paroissiales dans le diocèse d’Aix auquel est encore incorporé celui de Fréjus (Grasse, Lorgues, Antibes, Draguignan, Le Luc...). Il soutient avec fermeté la fondation aixoise de ce qui sera les Sœurs de St Thomas de Villeneuve, et appellera dans le diocèse plusieurs autres instituts religieux, c’est ainsi qu’Eugène de Mazenod peut compter sur son appui fidèle. A la mort de l’archevêque il est élu vicaire capitulaire par le chapitre. L’hostilité entre Rome et Paris ne permit pas la préconisation du nouvel évêque nommé par l’empereur, qui se vit retirer tous ses pouvoirs par le chapitre. Dans cette situation délicate, le chanoine Guigou fit preuve d’un courage exemplaire face au pouvoir et d’une habileté hors pair à l’égard de ses opposants. Il n’hésita pas d’ailleurs à prendre d’assaut la voiture de Pie VII de passage à Aix, le 5 février 1814, pour obtenir son soutien. Il est choisi en 1824 pour être évêque d’Angoulême et sacré à Aix le 29 juin par le nouvel archevêque Ferdinand de Bausset-Roquefort, assisté de Mgr Fortuné de Mazenod et de Mgr de Richery, qui le fait chanoine d’honneur du chapitre de Fréjus récemment restauré, le 13 septembre 1826. Malade puis paralysé, il reste à son poste jusqu’à sa mort, le 21 mai 1842.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.


Cependant, lié à sa paroisse et à sa mère, il ne réussit à rejoindre la communauté d'Aix que début février 1816 où il prend l’habit des Missionnaires de Provence. Le père Deblieu, réputé très bon missionnaire et prédicateur, participa à au moins 17 des 40 missions données par les Missionnaires de Provence entre 1815 et 1823. Pendant l'été il était toujours occupé à prêcher les retraites, neuvaines et triduums qu'on lui demandait. C’était un prêtre « ardent pour la prédication, doué de toutes les qualités qui font les missionnaires, belle taille, forte voix, bonne santé... ». Il maîtrisait les mouvements oratoires qui frappent les auditeurs. Un jour, il avait jeté son crucifix au milieu d'une salle de bal pour en faire cesser les danses. À la mission de Marseille, il parla avec une telle véhémence des supplices de l'enfer qu'il y eût dans l'auditoire des pleurs, des cris et des gémissements, plusieurs femmes se trouvèrent mal. Le commissaire Sicard qui raconte ce fait au maire, le 14 février 1820, dit qu'il dût lui-même secourir quelques malades avec de «l'alcool volatil» dont il avait un flacon dans sa poche.
persévérance, il s'opposa à cette décision. À la première émission des vœux, le 1er novembre 1818, il ne fit pas son oblation. On venait pourtant de le nommer premier assistant du supérieur général. Il se décida à faire son oblation le 1er novembre 1819, à Aix, mais hésita à renouveler ses vœux en 1820. Au Chapitre général de 1821, on le nomma deuxième assistant général et secrétaire de l'institut.
Fin 1822 furent rétablis simultanément les sièges épiscopaux de Marseille et de Fréjus. Au mois de juillet 1823,les pères de Mazenod et Tempier acceptaient de devenir vicaires généraux de Mgr Fortuné de Mazenod, l’oncle du fondateur, à l’étonnement de plusieurs de leurs confrères, en particulier les Pères Deblieu et Maunier. Au même moment, Mgr de Richery rappelait les prêtres originaires du diocèse de Fréjus, pour constituer son presbyterium. Un conflit s’éleva alors entre l’évêque et Eugène de Mazenod sur le caractère contraignant des vœux prononcés chez les Missionnaires de Provence. Le fondateur ne put empêcher le père Deblieu de quitter la Congrégation au mois d'octobre 1823. Les jugements de ses anciens confrères trahissent alors une certaine amertume vis à vis de celui qu’on juge « inconstant », auquel on reproche « un caractère difficile, un zèle dur et immodéré, une âpre vertu », rappelant sa maxime : « Ne connaître les difficultés que pour les vaincre et les obstacles que pour les surmonter... ».

François-Maxime appartient à une famille établie depuis des siècles à Lorgues. Il y nait le 16 octobre 1755 ; écuyer, il est le deuxième enfant de Louis-André de Chieusses, seigneur de Combaud, marié en 1748 avec Anne d’Escalis. Titulaire d'un brevet royal en date du 11 janvier 1778 qui lui octroyait la première stalle vacante au chapitre de Toulon, il occupa celle de théologal laissée par la mort du chanoine Pierre-Paul Garnier le 18 juillet 1782. Cette fonction exigeait une qualification que pouvait présenter le chanoine Chieusse, titulaire d'un doctorat de théologie de l'université de Paris. Quand éclata la Révolution française, foncièrement fidèle à l'Eglise, il dut émigrer d'abord à Nice en 1792 puis en Italie, mais pour revenir bientôt en France, dès avant le rétablissement des cultes puisqu'il exerça d'abord son ministère en cachette : il revint à Toulon au cours du siège de la ville avant d'en repartir le 28 frimaire an II (18 décembre 1793). Il fait partie d’un groupe de prêtres qui adressa une supplique à Pie VI pour l’érection d’une confrérie des Saints Anges, cette demande fut agréée et enrichie d’indulgences « à la demande de Mgr Emmanuel-François de Bausset-Roquefort, évêque de Fréjus », le 27 février 1796, à l’époque où notre dernier évêque d’Ancien Régime errait sur les routes entre Ferrare et Venise… Aux conditions ordinaires pour gagner les indulgences était ajoutée celle de « promettre soumission au Souverain Pontife et au Pasteur légitime. » Il figure ensuite en qualité de vicaire à Lorgues à partir du 1er août 1803 et jusqu'en 1818, où il est nommé aumônier des équipages de ligne de Toulon. Dès les mois qui suivent le rétablissement du chapitre par Mgr de Richery le 30 novembre 1823, il est agrégé en 1824 au nombre des chanoines honoraires, il a 68 ans. Il meurt accidentellement à Toulon le soir du 3 novembre 1828, à bord d'un vaisseau où l'on célébrait la fête du roi Charles X : une malencontreuse chute dans l'eau dont on ne s'aperçut que trop tard lui avait été fatale.