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Benedictus qui venit in nomine Domini

 

Captur pape nouveau REncore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Les journalistes se sont rués sur le nom de Léon XIII mort en 1903 pour y découvrir l’héritage du pape de la doctrine sociale de l’Eglise, ils auraient pu aussi s’interroger sur celui qui le premier porta ce nom et mérita de lui adjoindre le qualificatif de « le Grand », saint Léon pape de 440 à 461. Homme profondément spirituel, il affronta l’effondrement du monde romain et n’eut pas peur de se confronter aux puissances séculières dont la force était le seul argument, en l’occurrence le « fléau de Dieu », Attila, roi des Huns, à la rencontre duquel le courageux pontife se transporta à Mantoue pour le dissuader avec succès de poursuivre son entreprise sur l’Italie et de piller la Ville.

La liberté et le courage sont les vertus que nous demandons à Dieu d’accorder au nouvel évêque de Rome qui est venu au devant de la foule des fidèles avec le don du Ressuscité, celui de la paix. Nul doute qu’il prendra soin de ne pas brutaliser son peuple en le heurtant par des prises de positions abruptes et personnelles, tout en le conduisant sur les chemins nouveaux qu’ouvrira la Providence. La vraie humilité qui l’a fait revêtir dès les premiers instants les ornements prescrits par le rituel et donner la bénédiction selon la formule en usage, s’effaçant ainsi lui-même sans mettre en avant ses propres choix et sa personne sont un gage de maturité et de sagesse bien venu. Longue vie au pape Léon XIV !

Les dernières promotions

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2022

Le mercredi 27 avril 2022, en la solennité de la dédicace de la cathédrale de Toulon, Mgr Rey a installé le chanoine Michaël Nachez à la cathédrale Notre-Dame de la Seds.

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2018

Le mercredi 3 octobre 2018, en la fête de saint Cyprien, Mgr Rey a installé le chanoine Charles Mallard à la cathédrale Notre-Dame de la Seds.

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2017

Le mercredi 26 avril 2017, Mgr Rey a installé deux nouveaux chanoines honoraires qui ont reçu à cette occasion les insignes de leur nouvelle fonction dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds.        

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2016

Le 19 mars 2016, Mgr Rey a nommé cinq nouveaux chanoines, trois chanoines titulaires et deux honoraires, qui furent installés le 23 juin suivant dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds.            

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Les publications

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Morale, histoire, théologie, spiritualité, les chanoines continuent d’apporter leur contribution à la vie du diocèse également par leur recherche et leurs travaux intellectuels.

On trouvera dans cette rubrique quelques références aux publications qui ont vu le jour ces dernières années, même si la liste n’est pas exhaustive.

 

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Pierre Crèvecoeur (1799-1869)Pierre Crèvecoeur

Pierre-François Crèvecoeur nait en 1799, à St-Pierre-lez-Calais, au diocèse d'Arras, où il est baptisé le 8 décembre. Il est le fils de Jean-Louis Crèvecoeur et de Marie-Françoise Elisabeth Pétronille Denis. Il fut formé à Saint-Omer par des prêtres dont beaucoup avaient été confesseurs de la foi au cours de la tourmente révolutionnaire, il y perçut très tôt l'importance du ministère éducatif auquel il décida de consacrer sa vie. Après son ordination sacerdotale pour le diocèse d'Arras, il exerça cette fonction d'abord au collège communal de Saint-Omer puis, dans la même ville, au petit-séminaire de Saint-Bertin. A Dohem où il trouve refuge après la révolution de 1830, il se prépare aux fondations futures. En 1834, il participe à la création d’une société civile de prêtres enseignants, la «Société Saint-Bertin», qui a pour but lCrèvecoeur’éducation chrétienne de la jeunesse et connaîtra un grand rayonnement jusqu’au début des années 1880. Il est fait chanoine d’Arras. Avec la bénédiction du cardinal Giraud et, sans aucun doute de son vicaire général l'abbé Wicart, il allait mettre sur pied quelques années plus tard dans le diocèse de Cambrai l’un des trois premiers établissements gérés par les « Messieurs de Saint-Bertin » : l’institution libre du collège de Marcq-en-Barœul dont il assure la fondation et dont il est le premier supérieur, la direction étant assurée par l'abbé Wicart. Voilà pourquoi, dès l’année de son accession à l'épiscopat, en 1845, celui-ci le fait chanoine honoraire de Fréjus. A Marcq-en-Barœul, le chanoine Crèvecoeur est appelé à siéger au conseil municipal et son évêque lui donne une place au conseil départemental de l'instruction primaire. En 1850, c'est encore Mgr Wicart qui vient bénir la grande chapelle qui vient d'être érigée au collège de Marcq. Le chanoine Crèvecoeur meurt à Marcq-en-Barœul le 14 septembre 1869, où sa tombe est encore vénérée dans cette chapelle de l’institution.

Son éloge est édité par le chanoine Deroubaix sous le titre « Funérailles de M. l'abbé Crèvecoeur : chanoine honoraire de Fréjus et d'Arras, fondateur et supérieur de l'institution libre de Marcq-en-Barœul » (1869. Réédition en 2014).

On peut encore consulter la brochure d’Eric Poteau : « Les Messieurs de Saint-Bertin » (Saint-Omer. 1997).

Pierre François CREVECOEUR

Mgr Mathieu Balaïn  (1828-1905), chanoine d'honneur

Mathieu-Victor-Félicien Balaïn est né à Saint-Victor, en Ardèche, le 27 mai 1828 et fut baptisé le lendemain. Ses parents, Jean-Pierre Balaïn, négociant, et Élisabeth Junique, eurent sept enfants.
BalaïnTout jeune, Mathieu fut confié à monsieur Méallier, instituteur, mais sa mère et sa grand-mère veillèrent à sa formation religieuse. Sa première éducation fut continuée, pendant trois ans, par son oncle, l'abbé Balaïn, curé de Rochepaule. En 1838, ses parents l'envoyèrent à Étables, paroisse voisine de Saint-Victor, à l'école dirigée par les Sœurs du Sacré-Cœur. C'est là qu'il fit sa première communion le 28 avril 1839. Quelques mois plus tard, Mathieu entra au collège Sainte-Barbe d'Annonay, dirigé par les Prêtres de Saint-Basile, congrégation fondée en 1822, vouée à l'éducation et à la prédication. Le 13 mai 1840, il reçut le sacrement de confirmation des mains de Mgr Dupuch, premier évêque d'Alger. Mathieu BALAINEn 1846, à la fin de sa rhétorique, le jeune homme entra au grand séminaire de Viviers, dirigé par les Sulpiciens. Il reçut là une formation intellectuelle et spirituelle soignée et Mgr Guibert, oblat de Marie Immaculée, évêque du diocèse de 1842 à 1857, lui conféra tous les ordres jusqu'au diaconat.
Mathieu désirait devenir missionnaire. Avec l'approbation de son directeur, monsieur Albouys, il quitta le séminaire, étant déjà diacre, un matin de janvier 1851 pour se diriger vers le noviciat des Oblats de Marie Immaculée, à Notre-Dame de l'Osier en Isère. Il chargea le curé de Saint-Victor d'avertir ses parents. Il prit l'habit religieux le 28 janvier 1851 et, le 2 février 1852, fit son oblation. On note alors de lui que «ce frère qui a terminé sa théologie a des talents supérieurs, un excellent jugement, beaucoup de fermeté et même un peu de rudesse de caractère. Il s'est constamment montré parfait religieux».
Il partit aussitôt pour Marseille où, le 6 mars, Mgr Eugène de Mazenod l'ordonna prêtre dans la chapelle de l'évêché, en présence de Mgr Bernard Buissas, évêque de Limoges. Il célébra sa première messe à Notre-Dame de la Garde. De mars à septembre 1852, il résida à la maison du Calvaire et y fit ses premières armes dans la prédication, en attendant son obédience pour les missions étrangères. À l'automne, le Supérieur général l'envoya plutôt au grand séminaire d'Ajaccio, où il enseigna le dogme pendant deux ans et la morale de 1854 à 1858. Bon professeur, il s'attira l'estime de ses confrères oblats et des élèves. En septembre 1858, il fut nommé supérieur du couvent de Vico, maison de missionnaires, et surtout établissement d'instruction secondaire qu'il fallait réorganiser par une direction ferme et sage. Au mois d'août 1859, Mgr de Mazenod le nomma supérieur du grand séminaire de Fréjus, où le père Jean-Joseph Magnan, supérieur de cette institution depuis trois ans, n'était pas apprécié par Mgr Jordany. En le présentant à l'évêque de Fréjus, le 25 septembre 1859, le père Casimir Aubert, secrétaire du supérieur général, écrit: «C'est un homme sérieux et tout dévoué à son devoir, bon religieux et parfait ecclésiastique, un esprit intelligent et cultivé qui, depuis sa première année de sacerdoce, a toujours été employé dans l'enseignement de la théologie..., son seul défaut, si c'en est un, c'est celui de l'âge encore un peu jeune pour le poste qu'il doit occuper: [31 ans]...»
Pendant dix-huit ans, le père Balaïn dirigea le séminaire avec succès, en bon formateur et rigoureux administrateur sous l'épiscopat de Mgr Jordany et de Mgr Terris, qui le tinrent en haute estime, même s'il y eut parfois quelques divergences d'appréciation dans sa relation avec les séminaristes.

Grand séminaire de FréjusLe père Balaïn collabora avec l’évêque pour la construction d'une belle chapelle au séminaire dont les séminaristes furent expulsés lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 : l'établissement fut réquisitionné en septembre 1870 pour servir d'abord de caserne (800 soldats) puis d'ambulance pendant près d'un an. Les professeurs et les élèves quittèrent le séminaire, mais le supérieur demeura sur place et passa des mois difficiles: «Je dus bien des fois, écrit-il, sans galons et sans titre, me constituer caporal, sergent et capitaine... Certaines cellules devenaient de vrais tripots pendant la nuit...».

Quelques mésententes se produisirent avec l’évêque en 1871 et surtout en 1874 où les Oblats notent qu’influencé par son entourage, «Mgr Jordany a exprimé à son sujet des plaintes, sans fondement mais de nature à rendre désormais impossible les relations de confiance qui devraient toujours exister entre un évêque et le supérieur de son séminaire, membre de son conseil». Monseigneur l'accusait, entre autres, «de démontrer trop d'intérêt à la jeunesse et peut-être quelquefois avec un peu de partialité», mais au conseil général de la congrégation du 17 juin 1874, on conclut que «ceci peut être l'objet d'une admonition et non d'un changement».

Le 22 novembre 1877, un décret du président de la République annonçait la nomination de l'abbé Balaïn à l'évêché de Nice, siège vacant depuis quelques mois, à la suite de la démission de Mgr Sola. Mgr Balaïn en fut le premier évêque français : on voulait par là casser les aspirations sécessionnistes d’un clergé jugé trop italianisant et préparer la future réunion de l’arrondissement de Grasse au diocèse de Nice, au détriment de celui de Fréjus. Le cardinal Guibert, archevêque de Paris et Oblat de Marie Immaculée, sollicité par le ministre des Cultes, l’avait proposé pour ce siège mais la congrégation ne voulait pas entendre parler d’évêque hors des missions extérieures. Le cardinal s'adressa alors au nonce, qui télégraphia au pape qui nomma le père Balaïn. C'est le cardinal Guibert lui-même qui, le 25 février 1878, ordonna le nouvel évêque dans la cathédrale de Fréjus, assisté de Mgr Grandin, Oblat, et de Mgr Terris, qui le nomma alors chanoine d’honneur de Fréjus.
Dans le contexte difficile des mesures gouvernementales anticléricales, Mgr Balaïn, comme le pape Léon XIII, se distingua par son souci de modération et de dialogue. Il évita toute forme de confrontation avec les autorités publiques. Il protesta contre les atteintes faites au droit de l’Église, mais conserva la confiance du Préfet. Le 30 mai 1896, il fut nommé à l'archevêché d'Auch et institué canoniquement par Léon XIII le 25 juin suivant, il fit son entrée à Auch le 3 septembre. Il mourut le 13 mai 1905, quelques mois après avoir donné son adhésion publique à la lettre des cardinaux français contre le projet de séparation de l’Église et de l’État. La Semaine religieuse d'Auch écrit que «depuis longtemps une faiblesse, dont nous constations le progrès lent mais ininterrompu, gênait ses mouvements et condamnaient Sa Grandeur à une immobilité relative. Mais deux choses dans sa robuste nature étaient demeurées intactes, sa tête et son cœur». Le 18 mai, on lui fit des funérailles solennelles. Il fut enterré dans la chapelle de Beaulieu, maison de campagne du grand séminaire. Il était encore chanoine d'honneur d'Aix, de Viviers, de Nice et de Monaco et chevalier de la Légion d'honneur.

Famille Cavalier 

Cette famille, originaire de Bagnols, sera notoirement représentée au chapitre de Fréjus durant le XVIIIème siècle. Comme les Antelmi, par le biais de l'étrange système de la "résignation en faveur", qui permettait à un chanoine de transmettre de son vivant sa stalle à un parent ou à quelqu'un de son choix, les Cavalier s'y implantèrent : la Révolution française, pour eux aussi, y mit un terme. Un Jean Cavalier est déjà attesté comme secondaire de la cathédrale dans les années 1670. Le 28 avril 1699, dans l'église de Roquebrune, Honoré Cavalier (1677-1723), bourgeois et bientôt consul de Fréjus, fils de Jean et de Marguerite Espitalier, épouse Catherine Marenc (1677-1737). De cette union naîtront les deux chanoines dont les noms suivent ainsi que Joseph, né le 5 février 1715, qui mourra à Figanières le 15 septembre 1789 après avoir été secondaire à Flayosc de 1738 à 1742, puis curé de Figanières de 1742 à 1783.

Jean Toussaint CAVALIER

Le premier des cinq chanoines de la famille fut Jean (dit Jean-Toussaint) Cavalier (portrait ci-contre). Il naît à Fréjus le 31 octobre 1700, fils aîné d’Honoré Cavalier et de Catherine Marenc. Jean-Toussaint désire entrer dans les ordres, voici ce qu’il en écrit : « Mon père suppose que j’entrais dans l’état ecclésiastique par des motifs purement humains. Il me fit vivement solliciter par le P. Biclet, supérieur des Jésuites ; n’ayant rien avancé, j’entrai dans le petit séminaire en 1714 de l’agrément de mes parents et de Mgr de Fleury ». Celui-ci lui donna la tonsure le 28 avril 1715. Reçu docteur en théologie le 20 avril 1724, l’abbé Cavalier est ordonné prêtre par Mgr de Castellane le 31 mars 1725, et nommé curé de Saint-Raphaël le 15 octobre 1725. Signature Cavalier 2rIl est ensuite institué Chanoine théologal le 20 avril 1733, Official du diocèse en 1738, Archidiacre du chapitre de Fréjus le 24 juin 1744. Lors de l’invasion de l’armée austro sarde à la fin de l’année 1746 et en l’absence de Mgr du Bellay, il dut affronter l’armée d’occupation avec les grands vicaires et le chapitre. L’abbé Cavalier refusa de payer la moindre somme en contribution de guerre pour la ville de Fréjus et fut emprisonné comme otage au fort de l’île Sainte-Marguerite d’où il ne fut libéré qu’en février 1747. Il fut récompensé de son attitude par le roi, qui lui octroya une pension sur l’abbaye de Rhedon le 27 mai 1747. A partir de février 1748 il effectua un voyage de plusieurs mois à Paris où il rejoint Mgr du Bellay et dont il laissa une relation détaillée et fort intéressante. A son retour, l’évêque (qui ne revint à Fréjus qu’en septembre 1749), le nomma vicaire général et vice gérant du diocèse le 20 février 1749. Le chanoine Cavalier fut élu député à l’assemblée provinciale du clergé le 20 janvier 1750, puis désigné Grand Vicaire de la prévôté de Pignans par l’évêque de Toulon le 28 avril 1750, Procureur-vicaire des moines de l’abbaye de Lérins le 25 août 1750, député de Fréjus à l’assemblée des communautés des Etats de Provence de Lambesc, Président de la chambre ecclésiastique en 1755 et 1758. C’est le 1er avril 1766 qu’il accéda à la dignité de Prévôt du chapitre de Fréjus. Mgr de Bausset, nouvel évêque de Fréjus, le désigna comme Grand Vicaire le 28 janvier 1767. Jean-Toussaint Cavalier eut encore l’occasion de retourner deux fois à Paris. Il mourut à Fréjus le 17 décembre 1775, après avoir résigné en 1771 sa prévôté en faveur de son frère Jules-Léonce Cavalier (1771-1787). Il fut enterré dans le choeur de la cathédrale et laissa à l’Eglise de Fréjus et à ses pauvres de nombreux legsJules Leonce Cavalier.

Son frère Joseph-Jean-Léonce (dit Jules-Léonce) Cavalier nait le 17 octobre 1711, il est le cinquième enfant de la fratrie. Le lendemain de sa naissance ses parrains le portent sur les fonts baptismaux, ce sont Joseph Maille, maire et petit-neveu du chanoine Antoine Maille, et Jean-François Coste, le futur grand-père du chanoine Jules Léonce Coste. Notre Jules-Léonce entre dans les ordres à la suite de son frère et obtient son doctorat en théologie. L'abbé Cavalier devient chanoine théologal en 1744, en succédant à Jean-Toussaint, puis archidiacre en 1766 et hérite enfin de la prévôté par résignation de son frère aîné en 1771, pour la transmettre à son tour à son neveu Jean-Martin en 1787. Il fut l'un des grands vicaires de Mgr de Bausset. On le voit cependant partager le quotidien de ces concitoyens : c'est ainsi qu'un matin de février 1775 il entre "fortuitement" chez un muletier de la ville et y ondoie l'enfant qui vient de naître et mourra quelques heures plus tard. En 1783 il avait fait réaliser à Paris et acheté de ses deniers un buste de saint François de Paule, en argent, pour la cathédrale, qui sera offert à la ville l'année suivante, où il avait fait placer des reliques du saintcavalier signature cavalierléonceprevotthaumaturge acquises à Rome en 1780. Il meurt à Fréjus le 9 juin 1788 et est enterré au cimetière de la paroisse, la cathédrale ayant cessé d'être un lieu de sépulture, notamment pour les chanoines (cf ordonnance royale du 10 mars 1776).

Le huitième et dernier enfant d'Honoré Cavalier et de Catherine Marenque, Pierre (1721-1785), médecin, Premier consul de Fréjus en 1761, avait, en 1749, épousé en premières noces Catherine Emmanuelle Maurine, cousine de Mme Léonce Sieyès, belle-sœur du fameux abbé Sieyès. Leur naquit le 16 novembre 1749 un fils auquel ils donnèrent le nom de Jean-Martin Cavalier. Jean Martin CavalierSon oncle, l'archidiacre Jean, lui conféra le baptême le lendemain et lui servit de parrain, avant de lui transmettre quelques années plus tard la stalle d'archidiacre, en 1771, alors que Jean-Martin n'était que sous-diacre mais déjà docteur en théologie, puis celle de prévôt que lui résigne son frère le 3 septembre 1787 (il signe encore cependant comme archidiacre au baptême d'une filleule à la cathédrale le 4 novembre 1787), ce qui le plaça en première ligne lorsqu'éclata la Révolution française. Il était, par ailleurs, prieur de Saint-Estève de la Font-d'Argens, près de Saint-Maximin. Le 7 avril 1789, quatre jours après qu'il eut reçu des lettres de nomination comme vicaire général, dans l'église des Frères de la Doctrine chrétienne de Draguignan où s'était assemblé le clergé qui devait élire les députés aux Etats-Généraux, il s'élève contre le mode de scrutin qui ne fait aucune différence entre la qualité des électeurs. Peine perdue ! Il a contre lui la masse du clergé qui lui lance que "la représentation des cures est plus essentielle à la religion et au peuple que ne le sont le chapitre et les décimateurs". Le 3 mars 1790, lui est signifiée l'abolition de tous les privilèges et franchises du chapitre, désormais tenu à toutes les taxes et impôts du commun des citoyens. Notification bien inutile puisque tous les biens du clergé avaient déjà été livrés à la nation le 2 novembre précédent... Après le vote de la Constitution civile du clergé et l'obligation du serment, le Prévôt Cavalier réunit une dernière fois le chapitre désormais dissout, dans la salle capitulaire, et fait une protestation solennelle de leur soumission au roi sous réserve des droits du chapitre et du Prévôt, notamment en ce qui concerne la cure de la cathédrale, il demande en outre que soit reporté l'ordre d'évacuation de leur habitation, qui avait été porté à l'encontre des chanoines. Il espérait par là maintenir les chanoines au service de la cathédrale à titre individuel pour les soustraire à l'obligation du serment qui ne frappait que ceux qui assumaient un ministère. Le Prévôt dut, sans doute, souffrir de voir son jeune frère, l'archidiacre Pierre-Jean-Léonce, ainsi que son neveu Joseph cavalierCoulomb prêter le serment aux côtés des chanoines Albin, Chautard et Audibert. Le ci-devant Prévôt, lui, demeurera ferme dans son refus et ne quittera la ville que le 10 mai 1791, la veille de l'arrivée de Jean-Joseph Rigouard, "évêque constitutionnel du Var" : "C'est le dernier résistant officiel qui s'en va", commente l'abbé Laugier. Il partit pour Gênes le 13 septembre 1792 et gagna Rome où il attendit la fin de la persécution religieuse en s'employant à l'atelier des mosaïstes du Vatican. Au rétablissement du culte, il sera dignement réintégré dans le diocèse d'Aix qui englobait celui de Fréjus : chanoine honoraire d'Aix, vicaire général, il fut nommé curé de Draguignan et, à la Restauration, fait chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur. Il rédigea un mémoire en faveur du rétablissement du siège épiscopal de Fréjus sur lequel certains auraient aimé le voir accéder. Il n'eut pas le bonheur d'assister à cette renaissance puisqu'il mourut à Draguignan le 18 avril 1823, huit jours seulement après la nomination royale de Mgr de Richery, qui n'arrivera à Fréjus que le 1er octobre suivant.

Son jeune frère, Pierre-Jean Léonce Cavalier, qui avait douze ans de moins que lui, puisqu'il était né le 26 juin 1762, aurait dû, à son tour, hériter de la prévôté, mais il n'avait pas vingt-huit ans lorsque la Révolution emporta tout. Déjà prêtre à 24 ans, il fut d'abord chargé de la paroisse de Claviers comme cavalier prêtrevicaire à la suite de la mort de messire Joseph Brieu, son curé, le 23 octobre 1786, puis très vite comme pro-curé. Il y resta jusqu'à l'été 1788 (il y signe son dernier acte le 28 juillet 1788) et eut le temps d'obtenir une stalle au chapitre, et pas n'importe laquelle : celle d'archidiacre, une des quatre dignités qu'il comprenait. L'inexpérience de la jeunesse, la nécessité aussi de ne pas s'exclure si tôt d'une hiérarchie qui se recomposait sur ce critère, le conduisirent à prêter le serment ordonné en janvier 1791, de maintenir de tout son pouvoir la Constitution civile du clergé, décrétée par l'Assemblée nationale. Par la suite, il s'établira à Lyon et sa conduite sera assez édifiante pour que l'incorruptible Mgr de Richery l'intègre au nouveau chapitre (peut-être comme un hommage à son frère, le dernier prévôt, mort quelques mois plus tôt), le jour même de sa reconstitution, le 30 novembre 1823, où il était le seul représentant de l'ancien ordre des choses (avec Antoine Chautard, qui mourut presqu'aussitôt). Le chanoine Pierre-Jean Léonce Cavalier s'éteint à Fréjus le 18 septembre 1835.

Parmi les huit enfants d'Honoré Cavalier et Catherine Marenque, deux furent donc chanoines, Pierre fut le père des deux autres, mais la quatrième, Anne, née en 1707 et qui avait épousé Jean-François Coulomb, donna naissance à Joseph-Marie (Jean-Baptiste Joseph Marie) Coulomb, le 24 juin 1743, dans le village d'Ollioules. Il fit ses études au séminaire Saint-Charles d'Avignon, est ordonné prêtre pour le diocèse de Toulon, devint bénéficier de la cathédrale de Fréjus en 1760 et fut reçu docteur en théologie en 1772. En 1774, il prononce l’oraison funèbre de Louis XV à la cathédrale "avec un applaudissement général" : en remerciement la ville lui offre les 24 volumes de l'Histoire de France de l'abbé Velly et les Observations sur l'histoire de France. Devenucoulomb.thjpg chanoine en janvier 1777, alors que ses oncles et cousins occupaient les postes de prévôt ou d'archidiacre, Joseph-Marie Coulomb reçoit la dignité de théologal au sein du chapitre, que vient de résigner le chanoine Attanoux, et occupe aussi la fonction d'administrateur du chapitre comme il appert au baptême de Marianne Boeuf, le 12 novembre 1783. En 1778, il résigne sa bénéficiature au profit de Joseph Cavalier, curé de Figanières. Le 5 septembre 1790, il se présente à la mairie et prête le serment schismatique avec l’abbé Joseph-Charles Ricaud, bénéficier de la cathédrale, et il le prête encore avec d’autres prêtres dans la séance du conseil qui eut lieu le 2 janvier 1791. Il fait même partie du conseil municipal avec Ch. Ricaud et figure dans toutes les séances qui ont lieu dans la suite. Dans celle du 5 janvier 1790, il est décidé qu’il se rendra, avec le Sieur Anglès, procureur de la commune, à la suite de la délibération du 11 mai précédent, dans le couvent des Dominicaines de la ville pour en dresser l’inventaire ; il prête serment pour l’exécution de cette mission qu’il remplit et dont il rendit ensuite compte au conseil. Il intervint encore dans les différents conseils qui se tinrent au sujet du projet de transfert de l’évêché à Lorgues. Alors que l'évêque constitutionnel s'est déjà retiré de cette ville, on voit Joseph-Marie Coulomb, "casuellemnt en la paroisse de Lorgues" y célébrer clandestinement des baptêmes dans des oratoires privés, de 1797 à 1800, toujours avec la qualité de "chanoine théologal de l'Eglise de Fréjus" et en vertu "des pouvoirs donnés par Mgr Emmanuel-François de Bausset, évêque légitime du diocèse de Fréjus". Il avait sans doute rétracté les différents serments prêtés jusque-là. Ainsi messire Coulomb, dont la conduite personnelle était restée « régulière », fut nommé curé de Fréjus en 1804 et conserva son poste jusqu’à sa mort qui survint le 11 décembre 1819, portant toujours le titre de « théologal ». Il avait acheté la maison acttachée à sa prébende de théologal, qui jouxtait la prévôté, et la céda à sa nièce, Madame Odon d'Audibert-Caille-Favas.

Notons encore, entre autres clercs qui illustrèrent la famille, deux autres cousins : ils sont fils de Marie-Anne Cavalier (dernière fille d'Honoré et de Catherine Marenque, née en 1717) et d'Etienne Cavalier. Il s'agit de Jean-Léonce-Denis et Antoine, tous deux entrés chez les Pères de la Doctrine chrétienne, avant que la congrégation ne soit dissoute par la Révolution. Jean-Léonce-Denis, qui était né à Bagnols le 8 octobre 1745, obtint par résignation de son oncle Joseph Cavalier, licencié in utroque, curé de Figanières, qui l'avait lui-même reçue l'année précédente de Joseph-Marie Coulomb, une bénéficiature à la cathédrale de Fréjus en avril 1779 ; il deviendra plus tard aumônier du Prince de Condé, Directeur de l'Institut royal de Leyde, auteur d’un « Plan d’éducation de première nécessité pour les enfants" paru à Senlis en 1828, et mourra dans cette dernière ville le 11 août 1829. Il semble qu'Antoine (ou Jean-Antoine) soit né également à Bagnols le 28 août 1752.

Jacques Jeancard  (1799-1875)

Jacques JEANCARDJeancartJacques Jeancard, né à Cannes, diocèse de Fréjus, le 2 décembre 1799, reçoit au baptême les prénoms de Jacques Marie Joseph. Aîné de la famille, il avait un frère et une sœur qui devint religieuse et supérieure générale des Sœurs de Sainte-Marthe. Il fit ses études secondaires au collège de Grasse, dirigé par quelques membres de l'ancien Oratoire. À 16 ans, il manifesta à sa famille le désir de se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastique. Son père le retira alors du collège pour l'employer dans sa maison de commerce. Après une année et demie de travail, Jacques obtint la permission d'aller faire sa rhétorique et demeura ensuite une autre année comme professeur au collège. Au mois d'octobre 1818, il entra au grand séminaire d'Aix, dirigé par les Sulpiciens. C’est à ce moment qu’il entre en contact avec saint Eugène de Mazenod. Après une retraite d'une semaine, il commence le noviciat des Pères Missionnaires de Provence à Notre-Dame du Laus le 21 décembre 1821, fait son oblation à Notre-Dame du Laus le 30 mai 1822 et continue l'étude de la théologie comme externe au grand séminaire d'Aix.

Fin 1822 furent rétablis simultanément les sièges épiscopaux de Marseille et de Fréjus. Alors qu’Eugène de Mazenod et un autre de ses confrères acceptaient de devenir vicaires généraux de Mgr Fortuné de Mazenod, nouvel évêque de Marseille, Mgr de Richery rappelait les prêtres originaires de son diocèse pour constituer son presbyterium. C’est ainsi que les Pères Deblieu et Maunier quittèrent les Missionnaires de Provence pour rejoindre le diocèse de Fréjus, ce dernier prenant la direction du nouveau séminaire ouvert le 30 novembre 1823. C’est là que Jacques Jeancard, qui les avait suivis, entra le 30 novembre 1823 pour terminer sa formation sacerdotale. Il reçut la prêtrise des mains de Mgr de Richery le 23 décembre suivant et fut nommé vicaire à Pourrières.

Saint Eugène de Mazenod qui avait fort mal vécu les départs successifs garde le contact, il écrit le 31 octobre 1823 : «J'attends ces infidèles à l'heure de la mort. Jeancard n'a pas attendu ce moment pour être rongé de remords; il m'a écrit deux lettres qui font pitié et m'inspirent la plus grande compassion.» Sa correspondance avec l’abbé Jeancard lui permit de réintégrer sa congrégation, avec l'accord de Mgr de Richery.

Le père Jeancard est affecté à la maison du Calvaire à Marseille à la fin d'octobre 1824, chargé de faire le catéchisme aux pauvres qu'on réunissait deux fois par semaine. Dès novembre, il participa à sa première mission à Allauch. Membre du Chapitre général de la congrégation, en juillet 1826, il fut présent à la promulgation des Règles approuvées par Léon XII et prononça de nouveau ses vœux, cette fois comme Oblat de Marie Immaculée. Pendant ses dix années de vie oblate, le père Jeancard a d'abord travaillé à Marseille, puis à Notre-Dame du Laus en 1828-1829 et enfin à Aix. Il a prêché une dizaine de missions, surtout de 1824 à 1829 ; il se pliait toutefois avec difficulté à la simplicité et au genre que le fondateur désirait, c'est pourquoi celui-ci lui confia surtout des sermons de circonstance.

Après la Révolution de Juillet 1830 le ministère des missions fut prohibé par le gouvernement; Jeancard se vit confier l'enseignement du dogme au séminaire de Marseille en 1831-1832, et de l'Écriture sainte en 1832-1833. Dans cette vie en milieu fermé, il ne tarda pas à manifester les défauts de son caractère. Mgr Eugène de Mazenod le reprend alors, les lui faisant remarquer : sensibilité à l'excès, prévenances contre certains pères, répugnances pour divers ministères.
Pendant l'été 1834, le Père Jeancard est autorisé à aller se reposer dans sa famille. De Cannes, il écrit alors pour demander la dispense des vœux afin, dit-il, d'aider ses parents et de retrouver la paix de conscience qu'il a perdue parce qu'il s'est constamment trouvé en opposition avec ses devoirs religieux. Dans la séance du 23 juillet 1834, le conseil général de la congrégation décide à l'unanimité de lui accorder la dispense demandée parce que, en effet, l'irrégularité du sujet «produit un mauvais effet sur la communauté»; «ce qui est plus grave, ajoute-t-on, c'est son caractère inquiet, son esprit critique et une certaine insubordination naturelle qui le rendent à charge aux supérieurs et très pénible à ses frères.»
Pour autant, il garda l’amitié et la confiance de Mgr Eugène de Mazenod qui lui fit intégrer le presbyterium de Marseille. En 1834, il est nommé aumônier de l'orphelinat de la Grande Miséricorde (il était déjà aumônier des prisons). Ses difficultés avec la congrégation n’empêchent pas de reconnaître ses qualités intellectuelles, son travail très approfondi des Pères et des philosophes, de la théologie morale aussi, sa prodigieuse mémoire, ses capacités pour écrire également, qui lui valent de servir de secrétaire aux deux évêques de Mazenod. En 1835, il est promu chanoine honoraire de Marseille, puis chanoine titulaire en 1836. En 1840, il est chargé de l’éloge funèbre de Mgr Fortuné de Mazenod. Succédant à son oncle comme évêque de Marseille, Mgr Eugène de Mazenod le nomme archidiacre de Notre-Dame des Accoules en 1842, puis en fait son vicaire général en 1844. Il accompagna son évêque dans ses voyages dans le Nord de l'Italie et en Algérie en 1842, à Rome en 1845 et en 1854, à Paris en 1856, 1857 et 1858. Lorsqu'on introduisit l'enseignement régulier de l'histoire de l'Église au séminaire de Marseille, c'est au chanoine Jeancard qu'on le confia : il l’assuma de 1844 à 1857. Le 18 mars 1858 il est choisi comme évêque auxiliaire de Marseille avec le titre d’évêque de Ceramus, et consacré le 28 octobre de la même année par saint Eugène assisté de Mgr Jordany, évêque de Fréjus, et de Mgr Ginoulhiac, évêque de Grenoble. A la mort de l’évêque de Marseille, en 1861, il est élu vicaire capitulaire. C’est encore lui qui prononce l’éloge funèbre de saint Eugène.

L’évêque aurait voulu faire de lui son coadjuteur, mais c’est un nouvel évêque qui arriva, qui voulut écarter tous les collaborateurs du prédécesseur. A cette fin, Mgr Jeancard fut nommé au chapitre de Saint-Denis. « Bien triste », il se retira alors à Cannes. C’est à ce moment, en 1862, que Mgr Jordany lui conféra la dignité de chanoine d’honneur de Fréjus. Sa retraite fut marquée par sa participation au concile du Vatican où il accompagna Mgr Guibert, archevêque de Tours, ancien oblat de Marie Immaculée et compagnon de l’époque du séminaire d’Aix. Lorsque celui-ci fut transféré à Paris en 1871, il appela auprès de lui Mgr Jeancard qui, pendant trois ans, fit office d’auxiliaire à ses côtés, sans en avoir le titre. Il tomba malade en juillet 1874 et se retira à Cannes où, après une année de maladie, il mourut le 6 juillet 1875. Mgr Jeancard était chevalier de la Légion d'honneur.

Jean-Joseph-Pierre Guigou  (1767-1842)

Jean Joseph Pierre GUIGOUArmes de Jean Joseph Pierre Guigou Jean-Joseph-Pierre Guigou nait le 1er décembre 1767 à Auriol de Jérôme Guigou et Rose Plumier. Très jeune il demande à rejoindre le petit séminaire d’Aix puis rejoint celui de Marseille. Il est diacre lorsqu’éclate la Révolution française. Il est ordonné prêtre à Nice en 1789. Il voulait dire sa première messe à Auriol, il dut se contenter de la célèbrer de nuit dans la chambre de sa mère, où la famille s'assembla discrètement. D'abord caché dans sa région natale, il y exerce un ministère clandestin au péril de sa vie, à Saint-Zacharie; mais bientôt il ne peut plus exposer celle de ceux qui le cachent et il doit prendre le chemin de l'exil. Il s'arrête à Nice où il fait un temps office de précepteur chez le comte Audibert de Saint-Theime. De là, il passe en Italie et gagne Bologne où il obtient une chaire de théologie au séminaire de la ville. Il y exerce la charité à l'égard des autres émigrés et gagne encore quelque argent en fabriquant de ses mains des parapluies ! Rentré en France et probablement passé chez les siens, à la chute de Robespierre, il est de nouveau jeté sur les routes de l'exil par une recrudescence de la persécution. Il s'établit un moment en Aveyron où il trouve de l'ouvrage chez un artisan papetier, puis rejoint Barcelone. Le Concordat qui lui permet de revenir (peut-être fut-il même de retour dès la fin de l'année 1798 ?) et d'exercer paisiblement le minsitère paroissial. C'est à Saint-Zacharie qu'il méritait d'être placé, y ayant été à la peine durant la persécution. Son premier soin est de prêcher lui-même le jubilé accordé par le pape à l'Eglise de France ressuscitée. Il permet ensuite le rétablissement du pèlerinage de la Sainte-Baume. Mgr Champion de Cicé, qui l’apprécie le choisit pour l’accompagner à Paris au sacre de Napoléon. De retour, il est fait chanoine d’Aix mais l’abbé Guigou qui est attaché au ministère pastoral prêche inlassablement des missions paroissiales dans le diocèse d’Aix auquel est encore incorporé celui de Fréjus (Grasse, Lorgues, Antibes, Draguignan, Le Luc...). Il soutient avec fermeté la fondation aixoise de ce qui sera les Sœurs de St Thomas de Villeneuve, et appellera dans le diocèse plusieurs autres instituts religieux, c’est ainsi qu’Eugène de Mazenod peut compter sur son appui fidèle. A la mort de l’archevêque il est élu vicaire capitulaire par le chapitre. L’hostilité entre Rome et Paris ne permit pas la préconisation du nouvel évêque nommé par l’empereur, qui se vit retirer tous ses pouvoirs par le chapitre. Dans cette situation délicate, le chanoine Guigou fit preuve d’un courage exemplaire face au pouvoir et d’une habileté hors pair à l’égard de ses opposants. Il n’hésita pas d’ailleurs à prendre d’assaut la voiture de Pie VII de passage à Aix, le 5 février 1814, pour obtenir son soutien. Il est choisi en 1824 pour être évêque d’Angoulême et sacré à Aix le 29 juin par le nouvel archevêque Ferdinand de Bausset-Roquefort, assisté de Mgr Fortuné de Mazenod et de Mgr de Richery, qui le fait chanoine d’honneur du chapitre de Fréjus récemment restauré, le 13 septembre 1826. Malade puis paralysé, il reste à son poste jusqu’à sa mort, le 21 mai 1842.