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Benedictus qui venit in nomine Domini

 

Captur pape nouveau REncore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Les journalistes se sont rués sur le nom de Léon XIII mort en 1903 pour y découvrir l’héritage du pape de la doctrine sociale de l’Eglise, ils auraient pu aussi s’interroger sur celui qui le premier porta ce nom et mérita de lui adjoindre le qualificatif de « le Grand », saint Léon pape de 440 à 461. Homme profondément spirituel, il affronta l’effondrement du monde romain et n’eut pas peur de se confronter aux puissances séculières dont la force était le seul argument, en l’occurrence le « fléau de Dieu », Attila, roi des Huns, à la rencontre duquel le courageux pontife se transporta à Mantoue pour le dissuader avec succès de poursuivre son entreprise sur l’Italie et de piller la Ville.

La liberté et le courage sont les vertus que nous demandons à Dieu d’accorder au nouvel évêque de Rome qui est venu au devant de la foule des fidèles avec le don du Ressuscité, celui de la paix. Nul doute qu’il prendra soin de ne pas brutaliser son peuple en le heurtant par des prises de positions abruptes et personnelles, tout en le conduisant sur les chemins nouveaux qu’ouvrira la Providence. La vraie humilité qui l’a fait revêtir dès les premiers instants les ornements prescrits par le rituel et donner la bénédiction selon la formule en usage, s’effaçant ainsi lui-même sans mettre en avant ses propres choix et sa personne sont un gage de maturité et de sagesse bien venu. Longue vie au pape Léon XIV !

Les dernières promotions

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2022

Le mercredi 27 avril 2022, en la solennité de la dédicace de la cathédrale de Toulon, Mgr Rey a installé le chanoine Michaël Nachez à la cathédrale Notre-Dame de la Seds.

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2018

Le mercredi 3 octobre 2018, en la fête de saint Cyprien, Mgr Rey a installé le chanoine Charles Mallard à la cathédrale Notre-Dame de la Seds.

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2017

Le mercredi 26 avril 2017, Mgr Rey a installé deux nouveaux chanoines honoraires qui ont reçu à cette occasion les insignes de leur nouvelle fonction dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds.        

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2016

Le 19 mars 2016, Mgr Rey a nommé cinq nouveaux chanoines, trois chanoines titulaires et deux honoraires, qui furent installés le 23 juin suivant dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds.            

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Les publications

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Morale, histoire, théologie, spiritualité, les chanoines continuent d’apporter leur contribution à la vie du diocèse également par leur recherche et leurs travaux intellectuels.

On trouvera dans cette rubrique quelques références aux publications qui ont vu le jour ces dernières années, même si la liste n’est pas exhaustive.

 

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Pierre Blacas (1766-1845)

Pierre Blacas naît à Vence le 13 mai 1766. Il est porté le jour même sur les fonts baptismaux par son père François, trésorier de la ville. Par permission spéciale du Grand vicaire, son parrain est un prêtre : l’abbé Pierre Malivet.

Il reçoit lui-même le sacerdoce le 7 juin 1790, il est aussitôt nommé vicaire à La Gaude. Contrairement à son curé, et conformément aux indications de l’évêque de Vence, Mgr Pisani, il refuse de prêter le serment constitutionnel en novembre 1791 et se retire dans sa famille, non sans être dénoncé à plusieurs reprises comme contre-révolutionnaire par le club jacobin. Sa mère, Anne Carbonnel, fervente catholique qui conseillait de ne pas s'adresser aux prêtres assermentés, n’avait pas craint d’affirmer au sujet de son fils : "S'il est mis à mort par le bourreau, j'irai teindre mon mouchoir dans son sang et j'aurai l'honneur d'être la mère d'un martyr", ce  qui lui valut quelque temps de détention dans les prisons de Draguignan…

Le danger se fit bientôt plus menaçant : le 29 décembre 1791 une dénonciation accusa l’abbé Blacas "d'avoir enseigné à des écoliers des commandements qui prêchaient l'intolérance et le fanatisme". Le 10 août 1792, il émigra donc à Nice, de là passa en Italie et se rendit à Rome auprès de Mgr Pisani, son évêque, qui s'y trouvait depuis le début de l’année. II fut ensuite envoyé à Bologne où il vécut trois ans.

Dès que les temps le permirent, l'abbé Blacas fut délégué par Mgr Pisani pour y accomplir en secret un ministère de réconciliation auprès des repentis et pour y maintenir la foi dans toute la région. C’était durant l'été 1795. Muni par Mgr Pisani des lettres officielles de vicaire général et de longues recommandations pour réconcilier prêtres et fidèles ainsi que pour administrer les sacrements, l’abbé Blacas devait aussi se mettre en rapport avec tous les insermentés qui accomplissaient dans le ci-devant diocèse de Vence un ministère clandestin. En voici le début : « L'ignorance où je suis des dispositions personnelles et locales de mes diocésains, m'oblige à ne donner au digne M. Pierre Blacas, prêtre de Vence, qui va se consacrer au salut de leurs âmes, que des règles générales sur les points les plus critiques qui pourraient embarrasser l'exercice de son ministère, et sur l'administration des sacrements sous le régime d'une domination peut-être plus vexatoire que tolérante. Ses lumières et sa sagesse en feront une application utile. » Suivaient des conseils pratiques : « Nous recommandons au digne abbé Blacas de se pourvoir avant d'entrer en France, d'huiles saintes, d'une pierre sacrée, d'une petite boite en argent pour y placer la sainte Eucharistie, d'un calice facile à se démonter en plusieurs pièces, d'un rituel, d'un bréviaire, et d'autres petits meubles ou nécessaires ou utiles pour le service divin. On doit savoir qu'en cas d'insuffisance d'huiles saintes, on peut, avant qu'elles soient épuisées, les nourrir d'huile bonne non bénite, toujours en petite quantité, et ainsi successivement tant que le besoin l'exige... »

Muni de tous les pouvoirs et guidé par ces directives, l'abbé Blacas exerça son ministère à Vence et dans la région sous un déguisement, comme le firent presque tous ses confrères des autres diocèses ayant dans la clandestinité les mêmes responsabilités. Dans la saison d'hiver et au moment de la trituration des olives, il allait la nuit visiter les malades en portant sur son épaule une outre pleine d'huile, comme s'il sortait du moulin. Sa présence ne passa pourtant pas inaperçue, et le 19 décembre 1796 (29 frimaire an V…), le ministre de la police écrivait au commissaire du département :

« II résulte, citoyen, de la déclaration faite le 1er frimaire par le commissaire Muraire de la commune de Paul du Var au commissaire de ce canton, et dont vous avez eu connaissance, que la commune de Vence est entièrement livrée au fanatisme et à l'intolérance religieuse ; l'abbé Blacas, émigré rentré, est l'un des principaux moteurs de ce foyer contre-révolutionnaire. Les faits plus circonstanciés de cette déclaration méritent donc, citoyen, la plus grande surveillance de votre part. Je vous charge, en conséquence, de prendre de suite toutes les mesures possibles pour faire arrêter cet émigré, le livrer aux tribunaux, et ne négliger en même temps aucun des moyens qui peuvent tendre à détruire les fausses impressions que ces hypocrites peuvent avoir répandues dans le peuple, rétablir aussi l'ordre dans cette commune, y assurer l'exécution des lois et notamment de celles des 7 et 10 vendémiaire sur la police des communes et du culte. Vous m'informerez avec exactitude du succès de vos démarches. Salut et fraternité. Signé : Cochon" (sic…).

Malheureusement, les conditions de son ministère pendant ces sombres années jusqu'au concordat, n’ont pas permis de nous en abandonner beaucoup de traces. On sait cependant qu’il exerça une grosse influence dans le secteur dont il avait la charge. Très soutenu par un grand nombre de fidèles, il put organiser chez les bons paroissiens des célébrations multiples et fut le chef incontesté d'un réseau de prêtres clandestins. L'instruction religieuse ne cessa d'être donnée à la jeunesse et les sacrements administrés à tous : en font foi les registres de catholicité tenus clandestinement pendant cette période. Il put recevoir la rétractation de quatre confrères et les relever des censures encourues.

A la signature du concordat, il sortit de la clandestinité et s’adressa au cardinal Caprara pour éclaircir sa situation dans un diocèse qui n’existait plus et dont l’évêque n’avait pas été encore réintégré. Le Légat pontifical auprès du gouvernement français lui renouvela toute sa confiance et l’engagea alors à poursuivre son ministère dans l’attente d’une situation définitive. C’est de La Colle où il s’était établi qu’il écrivit à son nouvel évêque, Monseigneur Champion de Cicé, archevêque d’Aix et des anciens territoires des diocèses provençaux supprimés, dès son arrivée en mai 1802 : « Chargé depuis sept ans du gouvernement de ce diocèse par M. de la Gaude qui m'éclairait de ses conseils par des lettres fréquentes et m'aidait à porter un fardeau qui aurait été au-dessus de mes forces, je croyais en être déchargé par sa démission, mais Son Eminence, Mgr Caprara, m'enjoignit de le gouverner jusqu'au nouvel ordre des choses. Le voilà arrivé : je viens donc vous prier de me décharger du soin de ce diocèse ; si vous en disposez autrement, je recevrai vos ordres avec respect et je les exécuterai ponctuellement. »

A la même date, son ancien évêque, lors d’une audience auprès du pape lui demande une relique et un chapelet, comme il l’écrit au cardinal Consalvi,  « pour le sieur Blacas, prêtre, mon préposé à Vence, qui depuis sept années y a exercé personnellement sous moi l'administration de mon diocèse, avec le plus grand zèle, la plus ferme constance, exposé nuit et jour aux périls de tout genre ; qui y a maintenu la foi avec tant de succès que dans ma ville il n'y avait que cinquante schismatiques et un seul prêtre de ce mauvais parti. Je ne puis reconnaître, attendu mon impuissance, des services si héroïques ; mais, en lui envoyant ce présent du Saint Père, j'acquitterai ma dette, et ce prêtre aura quelque témoignage d'approbation de sa conduite si honorable et si utile pour l'Eglise... »

Blacas rencontra son nouvel archevêque à Antibes peu de temps après et dut se justifier face aux critiques de ceux qui voulaient rentrer en cour en dépit de leurs mérites. Son prestige était pourtant immense auprès de la population. Il tint à poursuivre humblement un ministère itinérant de prédication auprès des familles et dut accepter en 1807 le poste de premier vicaire de Vence. C’est à ce titre qu’il fonda le petit séminaire de la ville et en fut le premier supérieur.

Après le rétablissement du diocèse de Fréjus, Vence lui fut incorporé et l’abbé Blacas devint chanoine honoraire dès la première promotion de 1823. Après l’avoir décliné, il accepta la fonction de curé de Vence le 27 avril 1825. Il eut l'occasion de bénir les nouveaux bustes de saint Lambert et de saint Véran, respectivement le 10 septembre 1825 et le 26 mai 1826.

A la mort du chanoine Saurin en décembre 1826, Mgr de Richery appela aurès de lui le chanoine Blacas, fin février 1827, et lui confia les fonctions de vicaire général du diocèse de Fréjus, l'obligeant à quitter sa chère ville de Vence. Il accepta cette charge par devoir, et la mena à bien jusqu'au décès de Mgr Michel qui l’avait maintenu auprès de lui durant tout son épiscopat et l’avait promu chanoine titulaire en 1843. Quand il mourut, le 22 février 1845, le chanoine Blacas, fatigué et malade (il avait 79 ans), retourna dans sa patrie. Il ne profita pas longtemps de sa retraite puisqu’il mourut à Vence quelques semaines plus tard, le 28 avril 1845.

Sa mémoire fut en vénération pendant des décennies, et c'est à juste titre qu'on put écrire qu'il fut "une gloire du diocèse" et le qualifier de "confesseur de la foi".

Famille Antelmy

Blason de la famille Antelmi

 

La famille Antelmy est originiare de Trigance. Le chanoine Espitalier, au terme d'une savante dissertation sur les diverses formes du patronyme (Antelme, Antelmi, sans oublier les inévitables d'Antelmy ou Dantelmy) opte pour cette orthographe qu'il juge plus conforme et plus communément usitée par les membres de cette lignée qui donnera pas moins de neuf chanoines à l'Eglise de Fréjus, dont sept porteront le même nom, mais non pas tous de même aloi :

Le premier, Nicolas Antelmy, nait à Trigance en 1567, il est le fils d’un marchand du lieu, Jacques, et de son épouse Jeanne Cartier. Il reçoit la tonsure et les ordres mineurs le 19 septembre 1587 des mains de l'évêque de Riez, puis le sous-diaconat le 10 mai 1591. Il est ordonné diacre à Gap le 19 décembre 1592 et prêtre à Sisteron le 12 juin 1593. Il obtient ensuite la licence en droit à l'université d'Aix et s'installe à Fréjus où, d'abord maître d'école, il est admis au nombre des chantres-musiciens de la cathédrale. Il n'est encore que "dominus Nicolas Antelmy, de Trigance" quand il porte sur les fonts baptismaux de la cathédrale son filleul Nicolas Lieutaud, le 24 décembre 1595. Ayant aidé l'évêque nommé par le roi, Barthélémy Camelin, à recouvrer les rentes que l'évêché ne percevait plus suite aux guerres civiles et religieuses, il est gratifié, le 27 novembre 1596 d'un poste de bénéficier de la cathédrale. En 1597, il reçoit le prieuré du Revest (qu'il résignera en 1612 à Pierre Camelin), ce qui le conduisit dans une méchante affaire avec un compétiteur sans scrupules. C'est lui qui est désigné par Barthélémy Camelin pour prendre possession en son nom du siège épiscopal, en 1599. Le 3 octobre de cette année, il est parrain de Nicolas Camelin, le neveu de l'évêque et frère de son successeur. Le bénéficier Nicolas Antelmy est promu chanoine le 5 janvier 1600, par la résignation du chanoine Jean Clément, mais le frère de celui-ci fit annuler sa prise de possession en sa faveur, il dut patienter jusqu'à l'année suivante pour prendre place au chapitre dans la stalle de Guillaume Augery (même si c'est bien avec le titre de chanoine qu'il apparait comme parrain le 9 juillet 1600) ; des années plus tard il dut encore défendre âprement ce bénéfice contre des prétendants abusifs.  Il cumulera encore ceux des prieurés de Sainte-Thècle de la Roquette, au diocèse de Riez, de Saint-Martin de Châteaudouble, de Saint-Cassien du Muy, de Saint-Blaise et de Sainte-Madeleine de Roquebrune. Dès la première année de son épiscopat, Barthélémy Camelin lui avait donné des lettres de vicaire général. C'est à ce titre qu'il accompagne l'évêque dans sa première tournée pastorale et signe l'acte de reconnaissance des reliques de saint Ausile à Callas. Nicolas Antelmy fit restituer à l'évêché les titres et les documents dont ses archives avaient été dépouillées, en les recherchant de tous côtés (Aix, Arles, Avignon, Paris), à grands frais. Il les réunit en deux gros volumes. Les multiples services rendus à l'évêque lui valurent une lettre de reconnaissance et d'être nommé vicaire général et official à vie. Pendant quarante ans il exerça encore les fonctions de syndic-général du clergé et fut longtemps administrateur du chapitre. Parmi les voyages qu'il effectua à Paris pour le service de l'évêque, il faut citer sa participation à l’assemblée générale du clergé tenue en 1605-1606 pour laquelle il avait été élu délégué de la province; de même en 1624, il est délégué par son évêque pour une nouvelle assemblée du clergé réunie dans la capitale. Son ascendant sur l'évêque et le pouvoir sans contrôle qu'il semblait exercer sur le diocèse indisposèrent plus d'un, à commencer par le neveu et coadjuteur de l'évêque, Pierre Camelin, qui, une fois en possession du siège, tentera de le dépouiller de ses diverses fonctions administratives, malgré l'inamovibilité prononcée par son oncle, déclenchant contre lui l'hostilité du chapitre et un appel de la part de Nicolas qui finit par faire valoir ses droits. Ses recherches l'avaient ouvert à la connaissance des antiquités de la ville et alimentèrent une correspondance avec le savant Nicolas-Claude Peiresc avec lequel se noua une étroite amitié. C'est ainsi qu'il fut le premier à dresser le catalogue de nos évêques, qui fut utilisé par les rédacteurs de la Gallia christiana. On le voit parrainer le fils d'Hélion de Vaixière, viguier de Fréjus, le 1er janvier 1632 à la cathédrale. Tombé malade au début du mois de mars 1637, il résigna le même mois sa stalle de chanoine à son neveu Pierre. Cependant, une amélioration survenant, il lui demanda de surseoir à sa prise de possession, ce qu'il ne fit que le 25 avril, l'état de santé du malade ayant empiré. Mais il restait encore neuf ans de vie à Nicolas... Le vieux chanoine rétabli, prétendit récupérer son bien, l'affaire traîna en longueur et dut se conclure devant la sénéchaussée de Draguignan en faveur de Pierre. Nicolas mourut finalement le 2 mars 1646 et fut inhumé le lendemain dans le tombeau des chanoines, dans le choeur de la cathédrale.

Le frère aîné de Nicolas, Jean-Barthélémy, avait eu de son épouse, Antoinette Doussoulin, un enfant, Pierre Antelmy, qui héritera de la passion de son oncle pour l’histoire et lui succèdera dans ses fonctions. Pierre nait à Trigance en 1598 et vient très jeune auprès de son oncle pour commencer sa formation cléricale. Le 15 mai 1609, il reçoit la tonsure des mains de Monseigneur Barthélémy Camelin. Il suit alors les cours de philosophie chez les Jésuites d'Avignon, puis il étudie à Paris la théologie et la jurisprudence et y est reçu docteur dans ces deux facultés, le 1er juin 1627 pour la théologie, le 4 juillet pour les deux droits. Son oncle le gratifia alors du prieuré de Saint-Louis, à la cathédrale de Fréjus. Il y reçoit les ordres mineurs le 18 septembre 1627 et le sous-diaconat, le 18 mars 1628. Il est ordonné diacre le 20 avril suivant à Riez, par l'évêque de cette ville et prêtre le 17 juin suivant, à Aix, par Mgr Barthélémy Camelin qui s'y trouvait alors. On le voit prendre le relai de son oncle et s’attacher avec ardeur à la recherche des monuments de l’histoire de Fréjus. Il consacre tous ses loisirs à la poursuite des études archéologiques commencées par Nicolas et accumule une riche collection d'épigraphie grecque et latine, de statues, de monnaies, de médailles. Nombre de ces objets seront donnés à son ami, le célèbre historien et "antiquaire" Nicolas-Claude Fabri de Peiresc. Il restitue la vérité dans les leçons de la liturgie fréjusienne au sujet de saint Léonce, que la tradition avait particulièrement encombrée d’éléments légendaires. Vers 1630, il délaisse l’histoire au profit de la théologie. En 1667, il résigna le canonicat qu'il avait ainsi obtenu de son oncle trente ans auparavant à son neveu Joseph et le prieuré de Saint-Louis à son neveu Nicolas, fils d'Etienne. Il avait été aussi Vicaire général et official de Giuseppe Zongo Ondedei. Il rédige son testament le 25 novembre 1668, deux jours avant sa mort, survenue le 27 novembre 1668 à Fréjus, dans la cathédrale de laquelle il rejoindra son oncle.

La succession est assurée par le neveu que l'histoire a retenu : Joseph Antelmy, fils de l'avocat Jacques Antelmy (1614-1674), et de Marie Antiboul (1631-1697). Joseph naît à Fréjus le 25 juillet 1648. Il reçoit la tonsure des mains de Giuseppe Zongo Ondedei le 12 avril 1569 et suit le même parcours que son oncle à Avignon, mais fait sa théologie à Lyon avant d'obtenir son doctorat en théologie à Paris en 1668. Son oncle Pierre ayant résigné en sa faveur plusieurs de ses prébendes, dès la fin de ses études, dont son canonicat, Joseph est installé le 3 décembre 1668. Zongo Ondedei l'ordonna sous-diacre à Bargemon le 21 septembre 1669. Il fut ordonné prêtre le 27 mars 1673 par l'évêque de Bethléem, François Batailler, dans la chapelle de l'archevêché de Paris où il se trouvait pour défendre la possession de sa stalle... A la mort de l'évêque, en juillet 1674, il fut élu official pour la durée de la vacance, par le chapitre qui s'en repentit à cause de son manque de zèle. Cela n'empêcha pas le nouvel évêque, Mgr de Clermont-Tonnerre, de l'associer de très près à son gouvernement et de le charger entre autres choses de préparer la publication du Propre du diocèse, en 1678. Dans sa jeunesse, il avait composé un traité De periculis canonicorum, que son frère Charles trouvera sous forme manuscrite et corrigera. En 1680, il donne une dissertation latine sur la fondation de l’Eglise de Fréjus, destinée à  précéder une ample Histoire complète de la ville et de l’Eglise de Fréjus. En 1682, il reçoit de son oncle Joseph Antiboul, curé de Saint-Tropez, fief de sa famille maternelle, les prieurés de Saint-Tropez (avec charge d'âmes) et de Saint-André à Ramatuelle et, quelques mois plus tard, le 17 octobre, transmet son canonicat à son très jeune frère Charles Léonce Octavien, ce qui ne l'empêche pas d'exercer encore les fonctions d'administrateur du chapitre. Il reçoit, en 1689, le prieuré de Grimaud. C'est à cette époque qu'il restitue à saint Prosper d'Aquitaine la paternité de certaines oeuvres jusque-là attribuées à saint Léon, contre le fameux père Quesnel, de l'Oratoire, de la même façon il démontre que le Symbole d'Athanase est de la plume de saint Vincent de Lérins. Il éclaircit certains éléments de la chronologie de la vie de saint Martin et disserte avec autorité sur l'hagiographie du diocèse, notamment en ce qui concerne les figures de sainte Maxime, saint Auxile, saint Eucher ou sainte Consorce, il écrit encore à propos du concile de Riez de 1285. En 1694, sur la recommandation du Père La Chaise sous la direction duquel il avait fait sa théologie à Lyon, il obtient des lettres de grand-vicaire et d’official auprès de Mgr de Verthamon, évêque de Pamiers auquel il facilitera l'installation dans un diocèse bouleversé par la querelle de la Régale : en son nom il prend possession du siège le 10 mars 1694 et se donne tout entier à la pacification de ce diocèse. C'est épuisé et malade qu'il le quitte au début de l'année 1697 pour revenir se soigner dans sa patrie. Mais ce sera pour y mourir d'une affection pulmonaire le 21 juin 1697 à Fréjus, âgé seulement de 49 ans, laissant un matériau historique considérable (dont le De initiis Ecclesiae Forojuliensis, publié en 1680 et la Descriptio dioecesis Forojuliensis, qui ne le sera qu'en 1872 ) qui sera exploité en partie par son frère Charles, évêque de Grasse. Il est inhumé dans le tombeau des chanoines. En apprenant sa mort, le Père La Chaise, devenu confesseur de Louis XIV, écrivit : "J'estimais et honorais sa vertu, sa capacité et son zèle pour l'Eglise, qui perd en lui un défenseur courageux et éclairé. Sa mémoire me sera toujours très chère". Fidèle aux traditions familiales, il avait résigné, avant de mourir, tous ses bénéfices à son frère et au beau-frère de sa soeur Agnès, Honoré Augier.

Cette fois, c’est le frère qui prend la suite : Charles-Léonce-Octavien Antelmy était né à Fréjus le 3 février 1668. Si une menace pèse sur lui puisqu'il est ondoyé le même jour « à cause du danger prochain de la mort », de bonnes fées se penchent sur son berceau. Son parrain est en effet le frère de l’évêque, Octavien Ondedei, comte de Vézelay, représenté par son fils, Jules Ondedei, dont la sœur Maria Bernarda (1661-1751) épousera un certain Orazio Albani (1652-1712), le propre frère du pape Clément XI, et sera la mère du cardinal Annibale Albani (1682-1751). Mais il lui faudra attendre quatre ans les compléments du baptême : le 30 mars 1672 il reçoit en effet "le saint chrême et autres cérémonies de l'Eglise, ayant reçu auparavant l'eau depuis sa naissance", avec un nouveau parrain, "Messire l'abbé Louis Ondedei, de Pesaro" ! Il est tonsuré à Nice, le 28 février 1681, par l'évêque du lieu. L'année suivante, il reçoit le canonicat résigné par son frère, mais son installation n'aura lieu que le 20 juillet 1683. Les Ordres mineurs lui sont conférés le 15 décembre 1685, le sous-diaconat, le 9 juin 1691 à Paris où il est parti étudier et où il accèdera probablement aussi au diaconat et à la prêtrise. En 1695, il revient avec son doctorat in utroque. Deux ans plus tard, il ajoute à son canonicat le prieuré de Grimaud, puis, l'année suivante, celui de Saint-Médard, dans le diocèse de La Rochelle. Lui reviendra d'exploiter et de publier en partie l'oeuvre historique de son frère. A son tour, il est élu official pendant la vacance qui précéda l'arrivée de Mgr de Fleury, qui le confirma et lui donna des lettres de vicaire général le 5 avril 1700. En 1701, il consentit à l'union du prieuré de Grimaud au grand séminaire de Fréjus, dont l'évêque cherchait à antelmyaccroître les revenus. Le 9 janvier 1702, il est installé prévôt du chapitre. La protection de Mgr de Fleury lui vaut d'être désigné comme évêque de Grasse en 1726. Il obtient cependant de Rome de garder la prévôté encore six ans, il ne la résignera donc qu'en 1732 à son neveu Jean Charles Albin. Il est sacré à Paris le 12 janvier 1727 par Mgr de Vintimille, archevêque d’Aix, assisté par les évêques de Vence et de Lectoure. Il participe au concile d’Embrun en 1727, qui dépose l’évêque janséniste de Senez, Jean Soanen. Le 25 décembre 1729 il est pourvu de l’abbaye de Saint-Chinian et en 1736 de celle de Lérins, par son union avec l’évêché de Grasse. Il assiste à l’assemblée générale du clergé qui se tient à Paris en 1735. Il meurt à Grasse le 21 octobre 1752 et est inhumé dans sa cathédrale le 24 octobre.

Charles-Léonce-Octavien transmit la prévôté au fils de sa soeur, Anne, le chanoine Jean-Charles Albin qui l'assuma de 1732 jusqu'à sa mort le 1er mai 1764. La charge passa ensuite à un autre "neveu" : Joseph, Charles-Léonce-Octavien et Anne avaient un autre frère, Pierre, qui s’étant marié, avait donné naissance en 1699 à une fille prénommée Marguerite qui épousa un Jean Antelmy, fils de Joseph Antelmy, notaire royal à Trigance, et de Marguerite Audiberte. Or ce Jean Antelmy avait un frère, né le 10 juillet 1708, Honnoré Antelmy. Docteur en théologie, il devint chanoine de Fréjus en 1732 lorsque son cousin Jean-Charles Albin lui laissa sa stalle pour prendre la prévôté qu'il reçut à son tour en 1764 et dont il ne se défit qu'à sa mort qui eut lieu à Fréjus le 1er avril 1766. Avec ces trois derniers doyens, la prévôté étaitantelmy chne ainsi restée plus de soixante ans aux mains d'une même famille, avant qu'elle ne tombe dans celle des Cavalier qui la conserveront jusqu'à la fin de l'Ancien Régime en la faisant passer eux-aussi, de frère en neveu, entre les mains de trois doyens successifs.

Le neveu d'Honnoré, Joseph-Félix Antelmy, fils de Jean et Marguerite, né à Trigance le 26 février 1726, devint chanoine de Fréjus en 1764 quand son oncle Honnoré devint prévôt. Il fut fait grand vicaire antelmychnede Mgr de Bausset-Roquefort en 1772 et mourut à Fréjus le 2 novembre 1783.

La série des chanoines Antelmy se clôt assez misérablement avec son frère Charles Léonce Octavien Antelmy, né à Comps le 28 septembre 1741, ordonné prêtre à Vence en 1771, il est vicaire à Châteaudouble dont son frère Pierre est curé. Bachelier en droit canon et poussé par les siens, il revendique une stalle au chapitre dès le lendemain de la mort du capiscol Attanoux à savoir le 24 décembre 1778. Le jeu de chaises musicales conduit Messire Gavoty au capiscolat, laissant sa prébende de préceptorial à Messire Martinot heureux d'abandonner celle, beaucoup plus modeste, de Sainte-Madeleine de l'Espérel. Pour cette dernière cependant Charles Léonce Octavien Antelmy a un compétiteur en la personne de Louis Meiffredy, prêtre de Marseille, d'âpres disputes entre chanoines conduiront à la prise de possession de la stalle (la cinquième du côté du capiscol destinée au dernier chanoine) au frère du grand vicaire le 2 janvier 1779. Il eut le malheur d'apostasier et se maria même le 18 novembre 1794 (28 brumaire an III) avec Marianne Giraud, à Draguignan. Il mourut, "propriétaire", le 14 mai 1820 à Montferrat... Quant à son frère Pierre, curé de Châteaudouble en 1770 après avoir été vicaire à Saint-Nicolas de Pertuis, il prêta serment et se retira sur place, distribuant encore les sacrements à ceux qui le sollicitaient ; mais violemment sollicité par un groupe de sans-culottes, il eut le malheur un jour de céder à la peur et d'abattre lui-même une croix sur la place publique de sa paroisse ! Dévoré par la honte et le remord, il la fit relever à ses frais au rétablissement du culte et ne se considéra plus jamais digne de monter à l'autel, pleurant ses égarements jusqu'à sa mort le 27 novembre 1824, à Châteaudouble, dont il était toujours considéré comme le curé...

Emile Bouisson  (1878-1960)

Emile BouissonLe 10 janvier 1878 naissait à Toulon Emile-Laurent-Marius-Paul Bouisson. Il était le fils d’un « commis du commissariat de la Marine », Joseph Théodore Bouisson, alors âgé de de 27 ans et d’Emilie Léonide Joséphine Lambert, âgée de 29 ans, tous deux domiciliés au n°30 de la rue Lafayette. Après le séminaire et l’obtention d’une licence de théologie, il fut ordonné prêtre pour le diocèse le 29 juin 1900. D'abord recteur de Saint-Martin le 1er août 1900, il fut nommé vicaire au Beausset le 16 juillet 1903, puis vicaire à la paroisse Saint-Joseph de Toulon à partir du 16 janvier 1910. Il y fut chargé particulièrement du quartier des "Routes". Dès le 23 janvier 1910, l'abbé Bouisson y célébrait une première messe dans un local privé de l'Avenue Martin; une salle devant servir de chapelle fut d'abord construite et peu de temps après, Mgr Guillibert vint annoncer qu'une église en l'honneur du Sacré-Coeur allait être édifiée; par les soins de l'abbé fut acheté le vaste terrain de la «Laiterie» du «Champ Mille» où sera érigée l’église dont les travaux ne seront achevés qu'après la guerre. Durant la guerre de 14-18, apprenant que les conflits avaient déjà fait de nombreux orphelins ou des enfants isolés, dans le nord de la France, il fit savoir qu’il était prêt à en accueillir ; il en attendait une vingtaine, ce fut plus d’une centaine qui débarqua en gare de Toulon. Jamais à court d’expédients, avec cinq francs en poche mais le secours de l’armée, et épaulé par ses sœurs Marie et Laurence, il organise leur accueil, leur hébergement et assure leur nourriture, allant deux fois par semaine mendier avec quelques uns sur le marché du Cours Lafayette. Il s’occupa aussi de leur instruction. Devenu le premier curé du Sacré-Coeur des Routes le 1er juillet 1920, l'abbé Bouissson fut honoré du titre de chanoine honoraire de la cathédrale de Fréjus le 8 décembre 1930 à l'occasion de la dédicace de la chapelle du séminaire de la Castille par Mgr Simeone, dans la même promotion qui comprenait les chanoines Guigou, Giraud, Thomas, Loubet, Gertosio et Martin.

Figure originale et populaire de Toulon, l’abbé Bouisson exerça son activité pastorale pendant plus de cinquante ans avec bonté, efficacité et humour, particulièrement dans ces quartiers des Routes et du Pont-de-Bois. Il y a laissé un souvenir très vif empreint d’affection et de respect.

Sa figure ne passait pas inaperçue, avec sa soutane usée et son chapeau à hauban délavé, sa haute stature et un nez qui lui donnait un air pascalien et lui valut le sobriquet de « Nasaule ».

De caractère entier, il savait être aussi exigeant pour lui-même que pour les autres, ses vicaires notamment ou ses bonnes, ce qui le conduisit très vite à devoir tout faire par lui-même.

Du florilège de ses interventions, on retient la présentation d’un de ses vicaires, un certain 8 décembre : «Mes bien chers frères, vous avez dû jeter un coup d’œil en entrant sur l’ombre de prêtre que l’évêché vient de m’offrir. Que voulez-vous que ce pauvre garçon fasse pour m’aider, il ne tient pas droit ! Il faut d’abord le ré-emplumer car en plus de mon fichu caractère, vu qu’il est transparent comme l’albâtre, il n’est pas plus fort qu’un minot. En haut lieu on s’est dit « Bouisson est le seul capable d’en faire un poids lourd », alors ils me l’ont envoyé. Mes frères, je vous le dis sérieusement, je compte sur vous, sur votre compréhension et encore plus sur votre bon cœur actif, pour doubler mes quêtes. Quand je pense qu’il y en a qui gaspillent deux cents francs pour aller voir des gueuseries comme « La Veuve joyeuse » et qui osent ensuite me mettre cinq centimes dans le plateau alors que nous avons à ranimer un enfant du Bon Dieu et qui de plus est un prêtre, vous comprendrez que parfois le « coquin de sort » vous prenne. Je n’en dirais pas plus; pour doubler la ration, il faut doubler votre offrande afin de lui faire rattraper à ce pauvre garçon tout ce que les excellents repas du séminaire lui on fait perdre. Qu’on se le dise ! »

Tout l’intéressait, il rompait des lances avec tout le monde, dirigeait plusieurs revues, avait ses entrées tant à la préfecture de Draguignan qu’à la sous-préfecture de Toulon ou sa préfecture maritime, il était membre de l’Académie du Var, avec cela dépannait quantité de personnes dans le besoin, ne craignant pas de se mouiller pour les pauvres : bien souvent on retrouvait après son passage auprès de gens dans la souffrance une somme discrètement glissée dans un coin.

Pour faire face à l’extension de sa paroisse, il construit encore la chapelle Sainte-Thérése, la chapelle Sainte-Marie-Madeleine, au four à chaux Cigalon et la chapelle qu’il offrit ensuite aux carmélites. Les dons affluaient en effet auprès de celui qui était tout à la fois bureau de bienfaisance, écrivain public, conseiller juridique, office de placement, promoteur, service de dépannage, bâtisseur, etc.

Dans un quartier qui avait pour champion politique le « socialiste de France » Pierre Renaudel et où ne manquait pas la présence d’un comité des fêtes laïques et humanitaires, l’abbé Bouisson, en vertu de ce qu’il représentait, obtenait sans difficulté qu’on respectât les manifestations religieuses et autres processions qui marquaient la vie de la paroisse et où il fut aidé par son neveu, l’abbé Bourgues.

Historien à ses heures, le chanoine Bouisson publia en 1927 une Histoire des évêques de Toulon.

Avec une verve toute provençale on le vit un jour commenter la plaque faisant mémoire de la libération de Toulon en 1945 : « Mes très chers frères, il ne fait aucun doute pour personne , pour ceux qui savent voir, s’entend, que lorsque le Bon Dieu se met de notre côté, il signe toujours son intervention : le 14 juillet est tout simplement la fête du grand saint Bonaventure qui a prévu le culte du Sacré-Cœur, c’est un franciscain qui vaut bien la Bastille où il n’y avait personne ! Le 11 novembre, jour de saint Martin ‘bouan pèr l’aigo, bouan pèr lou vin’, c’est la fête du second patron de la France. Le 15 août, l’Assomption, débarquement des alliés, mais fête de la patronne de France. Le 25 août, saint Louis, époux de notre belle Marguerite de Provence, libération de Toulon et de Paris ! Ah, mes très chers frères, si on savait lire les signes, on verrait que si les Allemands n’avaient pas eu leur intelligence enténébrée par le Saint-Esprit, s’ils eussent étudié l’histoire, l’histoire, éternel recommencement, ils eussent découvert alors que c’est par le nord, par le chemin du Broussan que Toulon a toujours été attaqué, mais leur esprit enfumé n’y pris point garde et là où ils eussent dû masser leur plus vaillantes troupes, les alliés ne trouvèrent personne. Si nous sommes là aujourd’hui pour chanter, rendons-en grâce tous ensemble à l’Esprit Saint qui soulève les montagnes et voile les yeux de ceux qu’il veut perdre. Amen ! »

Messire Emile Bouisson rendit son âme à Dieu le 8 novembre 1960, après avoir pris sa retraite en décembre 1957. Il mérita de reposer dans le chœur de l'église qu'il avait fait édifier, sous une simple plaque marquée de ces mots : « ici repose/ Emile Bouisson / chan. curé fondateur / de cette paroisse / 1878.1910.1960. ».

 

 

Hubert de Bonhome (1931-2015)

Hubert de Bonhome 2bonhomeHubert-Marie-Ludovic-Charles-Joseph-Ghislain baron de Bonhome, naît le 5 septembre 1931 à Dinant en Belgique, fils d'Adrien de Bonhome et de Louise Orban de Xivry. Il entre dans l’ordre bénédictin, à l’abbaye de Maredsous. En 1956, le Père Paul-Célestin Charlier, moine de Maredsous, s’installe, avec l’accord de sa communauté, auprès de la vieille chapelle de Pépiole (Six-Fours). Le Frère de Bonhome l’accompagne. D’autres frères participeront à cette résurrection, comme le Frère Victor, mort en 1998. On consolide les murs et les fondations, on relève les autels de pierre à l’intérieur, les absides sont dégagées de leur crépi et les fenêtres obstruées font passer de nouveau la lumière à travers des vitraux savamment réalisés par le Père Charlier. Bientôt, l’édifice paléochrétien, un temps menacé par d’autres projets, est classé à l’inventaire des Monuments historiques en 1969. Parallèlement, une vie liturgique, un enseignement biblique de qualité et un accompagnement spirituel font de ce lieu un pôle de ressourcement auquel le diocèse s’intéresse. En 1989, Monseigneur Madec y érige l’Association privée de fidèles Notre-Dame de Pépiole. A la mort du Père Charlier en 1976, le Frère Hubert de Bonhome y maintient la vie spirituelle et accueille chaleureusement les visiteurs qui apprécient son extrême gentillesse. Il reçoit l’ordination diaconale le 19 décembre 1998 en l’église Notre-Dame de l’Assomption à Six-Fours, puis est ordonné prêtre le 27 juin 1999 à La Castille, par Mgr Joseph Madec. Il est immédiatement nommé chapelain de Notre-Dame de Pépiole. Le 18 déHubert de Bonhome 1cembre 2001, il est désigné Modérateur et Conseiller spirituel de l’Association et renouvelé régulièrement dans cette mission. Il est promu chanoine honoraire du Chapitre cathédral en 2006. Il décède le 23 février 2015 à Ollioules. Ses obsèques sont célébrées le jeudi 26 février 2015 en l’église Sainte-Anne de Six-Fours-les-Plages, présidées par le Révérendissime Père Bernard Lorent, abbé de Maredsous, qui garde des liens étroits avec Pépiole. Il est inhumé au chevet de la chapelle, près de la tombe du Père Charlier.

Joseph (1813-1905) et François (1850-1903) Saurin 

Les deux cousins germains François et Joseph Saurin sont les arrière-petits-neveux du vénérable chanoine André Saurin (1759-1826). Son père Pierre (1718-1796) avait un frère, Jean-Antoine, qui épousa en 1728 Anne-Christine (1703-1758), qui donnèrent naissance à Etienne. Etienne Saurin (1743-1823), maître charpentier, épouse à Seillans en 1744 Anne Pons (1753-18 ), et a entre autres fils Honoré, qui sera le père du chanoine Joseph-Honoré Saurin et Sauveur-Antoine, qui sera le père du chanoine François-Léopold Saurin.

Honoré Saurin (1775-1855), qui épousa en 1774 Marie-Thérèse Pastoret (1779-1854), donna naissance à Joseph Saurin (1813-1905). Joseph-Honoré (ou Honorat) nait à Seillans le 18 août 1813. Il desservit la paroisse des Mujouls, alors dans le diocèse de Fréjus puis répondit à l'appel du gouvernement de Louis-Philippe de créer un clergé des colonies. Il fut désigné pour l'île de la Martinique où il exerça pendant de longues années les fonctions pastorales. Revenu en France, l'abbé Saurin hérita pour ainsi dire de l'oeuvre du chanoine Taxil, ancien curé de Seillans sa patrie, qui avait fondé la maison des Petites Soeurs des Pauvres de Draguignan où il déploya une énergie renouvelée : il se dépensa au service des pauvres vieillards, agrandit la chapelle, bâtit une aumônerie, etc. Il fut nommé chanoine honoraire le 5 juin 1894. Contrairement à la règle, il ne fut pas installé dans la cathédrale car "dans sa paternelle condescendance Monseigneur l'Evêque avait permis qu'on y dérogeât , sur les instances des vieillards et des petites Soeurs qui demandaient à être témoins de la cérémonie" : il reçut donc les insignes du canonicat des mains du chanoine Martin, archiprêtre de Draguignan, dans la chapelle de l'établissement. Après s'être retiré du ministère, le chanoine Joseph-Honoré Saurin mourut à Draguignan le 9 janvier 1905, à 89 ans. C'est lui qui avait rédigé la biographie de son arrière-grand-oncle, publiée à Draguignan en 1859. Le chanoine Honoré Sauvin aura un neveu (fils de Pierre et Anne Marguerite Cauvière), Honoré Jean Joseph André Saurin, né à Seillans le 9 août 1850, qui sera entre autres vicaire à La Garde, à Puget et à Lorgues, aumônier de l'hospice de Draguignan.

Sauveur-Antoine Saurin (1798-1865), qui épousa Françoise-Thérèse Coulomb, et s’établit comme quincailler aux Arcs, donna naissance à François-Léopold Saurin (1850-1903). Celui-ci, né le 10 février 1850, est distingué par son curé, l’saurinabbé Liotard, et entre au petit séminaire de Brignoles dont il est élève de 1862 à 1864. Après le grand séminaire, il revient de nouveau au petit séminaire pour y enseigner cette fois, à partir de 1871, aux classes inférieures puis les Humanités. Après son ordination sacerdotale, il est envoyé comme vicaire à Vence, de 1878 à 1882, puis à la paroisse Saint-François-de-Paule de Toulon où il se fait apprécier pour son talent oratoire, son esprit conciliant et sa grande simplicité. Mais c’est, rappelé par le chanoine Jacomin, à son cher petit-séminaire de Brignoles qu’il revient en 1855, auquel il consacrera la plus grande partie de sa vie sacerdotale : il y enseigna alors la rhétorique avec grande compétence; ses loisirs lui permettait de mettre ses talents oratoires au service de nombre de paroisses où son amabilité lui gagnait la sympathie de tous. Il reçut la dignité de chanoine honoraire en 1900 puis devint supérieur du petit séminaire la même année. Il mourut prématurément à 53 ans le 8 avril 1903, à Brignoles et fut inhumé aux Arcs.