Jean de Coriolis (ca 1635-1713)

Clerc d'Aix, docteur en théologie et docteur in utroque (grade conféré par l'université d'Avignon le 5 avril 1663), prieur de Notre-Dame de Beauvoir et de Saint-Christophe de Grambois, au diocèse d'Aix, de Notre-Dame des Lumières et de Saint-Didier de Bausson, au diocèse d'Apt, Jean de Coriolis échangea avec Claude de Castellane ces divers bénéfices pour la prévôté de Fréjus et lui promit en outre une pension de cinq cents livres. Cette permutation fut autorisée par une bulle du 11 février 1663. Jean de Coriolis obtint, en 1667, du pape Alexandre VII, les prieurés de Saint-Vincent de Roquevaire, de Saint-Clair, de Saint-Pons de Gémenos et de Saint-Jean de Garguier, à condition d'abandonner sa prévôté dans les deux mois qui suivaient, ce qu'il refusa de faire. En 1671, il fit de nouveau unir à la prévôté le fief de Baudron qui était aliéné depuis 1570, et en reçut l’hommage des habitants. Pendant la vacance du siège, en 1674, il fut nommé vicaire capitulaire, devint le vicaire général de Monseigneur de Clermont-Tonnerre et eut encore l'administration du diocèse à la mort de l'évêque en 1678. En
1679, étant tombé malade à Arles où il était allé tenir sur les fonts baptismaux le fils de sa sœur, il y fait son testament dans lequel il élit sa sépulture à Arles ou à Fréjus dans la cathédrale, selon le lieu où il mourra ; il lègue aux sœurs Dominicaines de Fréjus tout ce qu'elles lui doivent, cent livres à Notre-Dame de Grâces de Cotignac, trois cents aux Jésuites de Fréjus, deux cents au chanoine Emphian. Il résigna la prévôté la même année.
Quoi que son service au chapitre de Fréjus s'achève sur cet épisode, il semble bien que notre chanoine n'ait pas achevé là sa carrière et qu'il faille l'identifier à Jean Bernard de Coriolis de la Bastide, docteur en théologie, fils d'Honoré II, baron de Limaye, seigneur de la Bastide, et de Constance d'André. Celui-ci hérita d'une stalle de chanoine au chapitre de l'église métropolitaine Saint-Sauveur d'Aix, il en est détenteur au moins depuis 1681 date à laquelle il parraine son neveu, fils d'Edouard et qui porte le même nom que lui : à son tour ce dernier occupera une stalle à Saint-Sauveur, prieur de Collobrières, aumônier ordinaire du duc de Berry, il mourra en 1752 abbé de Gaillac et de Cruas. Jean-Bernard l'aîné a pu être bénéficiaire d'une résignation en sa faveur de son oncle, Alexandre de Coriolis (1609-1680) qui avec son office de chanoine occupa la charge de conseiller aux
requêtes du Parlement de Provence ; ainsi sa renonciation à la prévôté de Fréjus aurait providentiellement coïncidé avec la libération opportune d'un bénéfice dans la cité aixoise. Notre Jean-Bernard de Coriolis mourut à Aix, sur la paroisse de la Madeleine, le 19 août 1713 à l'âge avancé de 80 ans environ et fut inhumé le lendemain dans l'église métropolitaine.
Dans sa Description du diocèse, Joseph Antelmi fait en ces termes l'éloge de Jean de Coriolis : « Notre prévôt, issu d'une noble famille d'Aix dont plusieurs membres ont occupé les plus hautes dignités du Parlement et de la magistrature, est un homme d'une pureté de mœurs irréprochable et d'une grande discrétion; il est sévère pour lui-même, mais libéral envers les pauvres. Il est docteur in utroque, voilà douze ans qu'il est à la tête du chapitre et court dans la quarantième année de son âge. » Ces indications nous permettent de fixer à 1635 l'année de la naissance de Jean de Coriolis ; il avait vingt-huit ans quand il reçut la prévôté et quarante-quatre ans lors de sa renonciation.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.


Jean-Joseph-Hippolyte Espitalier naît à Fréjus le 24 mars 1844, fils de Pierre Espitalier, cordonnier et de Marie-Françoise Jehan, tous deux natifs de Fréjus. La famille Espitalier était d'ailleurs implantée depuis fort longtemps à Fréjus puisque à la septième génération notre chanoine descend de Guillaume Espitalier, né dans cette ville le 18 mars 1607. Son grand-père paternel était marin. Il fut ordonné prêtre le 21 septembre 1867. Il fut successivement vicaire à Vallauris, à Saint-Tropez, aux Maisons-Neuves (Toulon), puis curé de Puget-sur-Argens (de 1883 à 1892) et enfin de Gonfaron, qu’il administra consciencieusement pendant treize ans. Sa passion pour l’histoire, qui le conduisit à publier, de 1891 à 1904, les quatre volumes de l’Histoire des évêques de Fréjus et à enrichir sans cesse ses dossiers dont il gratifia notamment la Semaine religieuse par des articles de grande qualité, ne le distrayait ni de ses obligations pastorales ni des études théologiques, ainsi fut-il régulièrement choisi à l’unanimité comme secrétaire de la Conférence ecclésiastique dans la plupart des doyennés où il a exercé son ministère, tant était grande sa compétence dans les matières de dogme et de morale. Tout cela lui valut d'être honoré par l'autorité diocésaine des titres d'historiographe du diocèse et de chanoine honoraire, le 1er juillet 1898. Il mourut le 28 décembre 1905 à Gonfaron, alors qu'il était encore en charge de la paroisse, épuisé après les fêtes de Noël, et de façon assez soudaine car l'acte de sépulture précédant le sien est encore signé de sa main. Il espérait pouvoir se retirer à Fréjus après quinze ans de service à Gonfaron. Un éloge funèbre fut prononcé lors de la séance du 19 janvier 1906 de la Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan, dont le docte chanoine était membre correspondant.
même âge, et comme celui-ci était déjà loin du Broc à la mort de son père, c’est Augustin-Séraphin qui ira déclarer en mairie le décès de l’oncle médecin. De son épouse, Thérèse Marie-Claire Vial, nait Jean-André-Lucien le 27 février 1844, alors que le recteur de la paroisse est encore de la famille : son propre oncle, l’abbé Charles Olivier (1804-1848). Celui qu’on appelle par son dernier prénom, Lucien, entre au Petit Séminaire de Grasse pour être formé à l’école des figures du diocèse : les abbés Blacas, Sauvaire, Goaty, bientôt transféré à Brignoles où il est placé sous l’autorité des abbés Michel et Laugier. Il est ordonné prêtre le 21 septembre 1867. Auparavant, n’étant que diacre, il avait été nommé professeur au Petit Séminaire de Grasse, où il restera huit ans (de 1866 à 1874). Il devient ensuite vicaire de Vence (de 1874 à 1878), vicaire de Hyères (de 1878 à 1891). Il est alors loin de son pays natal qui passe sous la juridiction de l’évêché de Nice et ne semble pas désirer le rejoindre. De 1891 à 1892, il assure la charge d’aumônier de l’Espérance toujours à Hyères, puis devient curé : à Saint-François-de-Paule, de Toulon (de 1892 à 1906) où, dans cette période d’affrontement avec la République, il eut à affronter des manifestations d’hostilité dans sa propre église, qu’il géra si honnêtement que Mgr Arnaud crut devoir le récompenser en le nommant chanoine honoraire, en 1903. Dans cette paroisse modeste qu’il avait tenu à conserver en dépit de la proposition de Mgr Mignot de le transférer à celle du Mourillon, le chanoine Lucien Olivier donna la mesure de sa générosité et de sa bonté. Il est cependant transféré à Draguignan, dont il devient le curé-archiprêtre en avril 1906. Les écoles religieuses ayant été fermées la même année, il fonda l’institution libre Jeanne d’Arc avec pensionnat, externat, école primaire, salle d’asile. Il eut encore à subir quelques procès pour « délit de messe » et « non-déclaration de culte », dont il se tira pour deux francs d’amende ! A bout de forces, il présenta sa démission en 1911, avant que la maladie ne l’affaiblisse totalement. Il meurt à Draguignan le 15 mars 1912, regretté de tous. Ses funérailles, le lundi 18 mars, revêtirent la forme d’un deuil public.
Octavien Antelmy. C'est probablement lui qui est baptisé à Fayence le 10 mars 1707 sous le nom de Jean Albin (il faut bien le distinguer de son frère Jean Jacques, né deux avant lui). Son père Jacques Albin (1683-1750) porte le titre de seigneur de Cananille, il est lui-même le fils de Jean, bourgeois, dont le père, Boniface avait été viguier de Fayence dans les années 1660. La mère de Jean Charles, Jeanne-Thérèse d'Augier (par ailleurs arrière arrière petite-nièce de l'évêque Barthélémy Camelin), est fille de Jean et d'Agnès Antelmy, la soeur des deux chanoines déjà cités. Avec cette protection, Jean Charles obtient le prieuré de Saint-Vincent, à Trans, en 1727 et, l'année suivante alors qu'il n'est encore qu'acolyte, un canonicat. Il conquiert le titre de docteur en théologie, puis, en 1732, est gratifié de la prévôté que lui abandonne son grand-oncle, l’évêque de Grasse, Charles Léonce Octavien Antelmy, qui avait obtenu de Rome de la garder jusque-là, six ans après son élévation à l’épiscopat. Jean Charles Albin, pourvu de la stalle de prévôt, résigne alors son canonicat à son cousin Honoré Antelmy. De 1741 à 1752, Jean Charles est vicaire général de Mgr du Bellay et mis en responsabilité par l’abbaye de Saint-Victor de Marseille de nommer à tous les bénéfices du diocèse qui dépendent d’elle, en 1748. Sur la base des notes recueillies par son grand-oncle, il publia en 1732 la vie de Mgr de Piquet, évêque de Babylone et prieur de Grimaud. C'est lui qui est naturellement désigné pour procéder à la bénédiction de la nouvelle église paroissiale de son village natal de Fayence en 1750 : "L'an 1750 et le 25 janvier, Messire Jean Charles Albin, prévôt, vicaire général et official du diocèse de Fréjus, assisté de nous curé et autres prêtres soussignés en présence de messieurs les magistrats et d’un grand nombre de paroissiens a fait la bénédiction de la nouvelle église paroissiale avec toute la solennité que demande une telle cérémonie", relatent les archives du lieu. La même année meurt son père Jacques, à Fréjus où il s'était établi. Le prévôt, lui s'éteint dans la cité épiscopale le 1er mai 1764.
avril 1726.
Il obtient un canonicat en 1752. Il est aussi prieur de Saint-Vincent à Trans de 1741 à 1767 (prébende reçue de son frère) et recteur de Saint-Louis à Saint-Raphaël et prieur d'Espérel. Il brigue la stalle de chanoine sacristain dans un conflit qui l'oppose au neveu de l’évêque, Ferdinand de Bausset qui finira par se désister, et à Jean-Baptiste Quinel qui l'avait obtenue de l'évêque ; après un accord signé avec ce dernier le 12 décembre 1789, il obtiendra un jugement en sa faveur ... un mois après que l’Assemblée nationale ait mis les biens du clergé à la disposition de la nation, ce qui ne lui épargne pas, à la toute fin de l'année 1789, d'avoir affaire à une réclamation des habitants de Puget pour que le nouveau sacristain pourvoie aux réparations nécessaires à la maison curiale et leur apporte les secours dont ils ont besoin ! Il prête malheureusement le serment d'adhésion à la Constitution civile du clergé, le 7 mars 1790, peu avant midi à la mairie de Fréjus, et obtient même un "certificat de civisme" le 19 nivôse an II (8 janvier
1794). Il meurt à Fréjus le 21 mai 1809 avec la mention "ex prêtre chanoine"...