Jean Cat (1763-1844)
Curieux destin que celui de ce fils de muletier né à Callas le 12 décembre 1763, au foyer des modestes François Cat et Madeleine Jourian, que rien ne prédestinait à des honneurs alors réservés à une élite extrêmement fermée. Jeune prêtre, il fut d’abord précepteur des enfants de la famille de Villeneuve-Bargemon, à Bargemon. Quand la révolution éclata, il avait 27 ans. Il dut accompagner cette famille dans l’émigration. Au retour, il reprit le ministère dans le diocèse où Mgr de Richery fut sensible à son digne comportement. De grande taille et de manières affables et polies acquises au contact des familles qu’il avait servies, de bon caractère mais plus encore distingué par son instruction et ses capacités, il fut inscrit au nombre des premiers chanoines créés au rétablissement du chapitre le 30 novembre 1823 et y exerça la fonction de théologal. Il mourut à Fréjus le 16 janvier 1844.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

avec Antoine Chautard, prieur de Cogolin auquel il promet encore une pension de 1000 livres. En 1790, au commencement de la Révolution, il était encore prieur de la Faye (diocèse de Périgueux) et recteur des chapellenies de Saint-Sauveur et de Saint-Etienne de Cogolin, avec une pension de l’évêché de Castres ; il avait encore la prévôté d'Aups qu'il avait acquise en 1786. Le 27 mars 1789, il participe à l'assemblée des trois ordres dans l'église des Pères de la doctrine chrétienne de Draguignan, où il représente son évêque. Il y est choisi pour rédiger avec quelques confrères le cahier des doléances du clergé. Il refusa de prêter serment et prit le chemin de l’exil. Il se réfugia à Ferrare puis à Bologne où il mourut le 26 février 1797, âgé de 65 ans.