Jean Latil (1903-1983)
D’une famille pourtant bien ancrée à Draguignan du côté paternel, Marie Auguste Jean Latil naît à Agen le 25 mai 1903, fils de Théodore Latil, commis aux contributions indirectes, et de Marie-Louise Doumic, professeur de piano. Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Fréjus-Toulon en 1927 et fut d’abord affecté comme professeur et économe au petit séminaire Saint-Charles à Hyères auquel il resta attaché une douzaine d’années. L’abbé Latil fut nommé ensuite directeur au grand séminaire de la Castille avant de rejoindre la ville de Saint-Raphaël dans laquelle il arrivait au moment où les bombardements puis le débarquement américain aboutissaient à la libération. Il y fit les fonctions de vicaire ou de pro-curé aux côtés du vieux curé, le chanoine Louis Vian auquel il succéda à sa mort le 25 juillet 1945. Il y restera jusqu’en septembre 1976. C’est en 1953 qu’il reçut le titre de chanoine honoraire de Fréjus. Toute sa personne respirait équilibre et science, alliant gravité et jovialité de bon aloi. Après 35 ans passés dans cette paroisse, il prit une paisible retraite à la Castille jusqu’au moment où sonna l’heure de la maladie. Devenu paralysé et impotent, aphone, il ne disposait plus que du regard pour remercier ceux qui l’entouraient de leurs soins. Souffrant physiquement et moralement, il tint ainsi pendant trente mois dont dix-huit chez les Petites Sœurs des Pauvres de Toulon chez lesquelles il mourut au matin du dimanche de la Trinité, 29 mai 1983. Après la célébration de ses obsèques dans la chapelle des Sœurs, il fut inhumé à Aix-en-Provence dans le caveau de famille.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Joseph Maurel naît à Puget-Théniers le 10 octobre 1900. Son père, Charles-Fortuné-Célestin Maurel, conducteur aux Ponts-et-chaussées, né à Cagnes mais d’une famille originaire d’Enchastrayes, dans les Alpes de Haute-Provence se fit plus tard une réputation d’architecte à Hyères, patrie de sa mère. Le jeune Joseph voulut très jeune devenir prêtre et, après avoir fini ses études, fut ordonné en 1923. Son premier poste fut de professeur au petit-séminaire. En 1927, il commença le ministère pastoral comme curé de Châteaudouble et Montferrat, puis fut nommé vicaire à la paroisse Saint-François-de-Paule de Toulon en 1929 ; l’abbé Maurel fut ensuite vicaire à la paroisse Saint-Joseph du Pont-du-Las, puis curé de Carqueirane en 1942 où il resta six ans. C’est à ce moment qu’on lui demanda d’être aussi défenseur du lien à l’Officialité diocésaine, charge qu’il conserva jusqu’au bout. Mais c’est dans la paroisse de La Valette dont il reçut la charge en 1948 et où il demeurera vingt-six ans qu’il donna toute sa mesure. Le boulodrome de La Valette-du-Var fut le terrain d’action pastorale favori de cette figure très typée : en soutane, le béret sur la tête, la cigarette aux lèvres et la boule à la main, mesurant les points avec le bas de cette même soutane, le chanoine Maurel (il était devenu chanoine honoraire en 1956) ouvrait les cœurs avec sa parole aux accents de Provence, malgré une certaine indépendance d’esprit et un tempérament réputé bougon. Pendant des années, il sut ainsi communiquer sa foi et faire estimer le prêtre. Il savait aussi se montrer très fraternel envers les confrères. Cette paroisse à laquelle il s’identifia, il ne voulut pas la quitter à l’heure de la retraite en 1974, et y demeura jusqu’à sa mort même s’il n’en avait plus la responsabilité, la faisant même sa légataire universelle. Il mourut à Toulon le 26 juillet 1993, dans sa 93ème année et fut inhumé au tombeau des prêtres dans le cimetière de la Valette.
Lambert Arbaud appartient probablement à la famille provençale d’Arbaud, qui s’affirme au XVIème siècle et illustrée par les seigneurs de Châteauvieux, de Bargemon, de Porchères, etc. d’où sera issu Antoine d’Arbaud (1602-1666), né à Bargemon, chanoine d’Aix qui deviendra évêque de Sisteron en 1648. Investi de l’ordre épiscopal avec le titre d’évêque titulaire de Venosa (ville située dans le royaume de Naples) reçu le 16 novembre 1510, Lambert Arbaud fut depuis 1519 vicaire et rentier de l'évêché de Toulon pour le cardinal Nicolas Fieschi et le fut encore pour son successeur le cardinal Trivulzio. A Fréjus, où il prend possession de la prévôté le 8 décembre 1521, il est vicaire général de Nicolas Fieschi (au moins depuis 1518) puis de Franciotto Orsini. Pendant leurs longues absences il y assume à titre d’auxiliaire ou suffragant les fonctions pontificales (confirmations, ordinations, bénédictions des saintes huiles, visites pastorales, etc.), à la suite de Jean-Baptiste de Nigris, mort en 1515 et de Jean Colombi, mort en 1517. C'est avec son titre épiscopal "Venusinus" que le prévôt du chapitre souscrit le 14 septembre 1526 à la transaction entre l'évêque et la communauté de Fréjus au sujet des droits féodaux. Voyant à son tour venir la mort, il rédige son testament le 13 mai 1527. Il meurt deux jours plus tard, le 15 mai. Dans ses dernières dispositions il demandait à être enseveli dans la cathédrale de Fréjus, devant l'autel de la Sainte-Vierge, mais soit que ses volontés n'aient pas été exécutées, soit que son corps ait été ensuite exhumé, Girardin nous dit que sa tombe était devant l'autel de Saint-Etienne. Lambert Arbaud était aussi prieur de Notre-Dame de Biot.