Louis Gamel (1808-1894)
Louis-Grégoire Gamel naît à Digne le 12 mars 1808, fils de Jean-François-Antoine-Marie, teinturier, et de Marie-Françoise-Thérèse Bec, bien que son père soit d’une famille implantée depuis des siècles à Bargemon (il faut remonter très haut dans la généalogie de la famille pour trouver le lien avec le chanoine Jean-Joseph Gamel dont l'arrière grand-père était le cousin germain du trisaïeul de Louis...). Après de brillantes études, Louis est ordonné prêtre en 1832 pour le diocèse de Digne et y exerce son ministère pendant de longues années, servi par un talent particulier pour l’art oratoire. L’abbé Gamel est ainsi successivement aumônier, professeur de morale au grand séminaire de Digne, curé-doyen de La Motte-du-Caire en 1849, se forgeant dans chacun de ces postes une réputation méritée par sa prédication. Il est aussi fait chanoine honoraire de Digne. C’est en 1856, qu’il entre au service du diocèse de Fréjus à la faveur des liens d’amitié qu’il avait noués avec le nouvel évêque, Mgr Jordany qui, dès cette première année d’épiscopat, le nomme vicaire général de Fréjus et chanoine titulaire de sa cathédrale. Là encore, le chanoine Gamel qui occupe la fonction de théologal, fera vibrer nombre de chaires avec la vitalité qui donnait à sa personne une physionomie si nettement accusée. Il publiera sous la qualité anonyme d’un prêtre de Digne un Mois de Marie. Le départ de Mgr Jordany, en 1876, lui donnera l’occasion d’un repos bien mérité qu’il mettra toutefois au service de la paroisse d’Agay dont il fut le fondateur : dans ce qui n’était pas encore une succursale, mais déjà un territoire qui accueillait une population toujours plus nombreuse, il construisit une église et un presbytère et y remplit fidèlement le service pastoral depuis Fréjus, y assurant la messe dominicale et le catéchisme jusqu’au bout de ses forces. Il fut investi de la dignité de doyen du chapitre en juillet 1889, après la mort de Messire Barnieu. Seul à ne pas voir qu’il pliait sous une tâche trop importante qu’il s’était imposée, le chanoine Gamel se rassurait un mois avant sa mort en disant : « Je vois comme à trente ans, j’entends comme à trente ans, je pense comme à trente ans ! » Mais une indisposition accidentelle le conduisit en peu de temps à la mort. Après six jours d’agonie, il rendit le dernier souffle à Fréjus, dans la maison même où, quatre siècles auparavant, s’était arrêté saint François de Paule, au moment où se finissaient les fêtes en son honneur, le mardi 17 avril 1894, assisté par le chanoine Nicolas Rébuffat et l’abbé Pellas, ayant reçu les derniers sacrements des mains du vicaire général, le chanoine Manfredi, en présence de tout le chapitre et de nombreux fidèles. Ses funérailles, imposantes, furent célébrées à la cathédrale le jeudi 19 avril 1894.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Lucien Germain Baud nait le 31 mai 1920 à Margencel (Haute-Savoie), dans une famille de quatre enfants. Son père, Jean-Marie Baud, grand blessé de guerre s’installe pour raison de santé avec son épouse, Marie-Agnès Besson et sa famille à Toulon sur la paroisse Saint-Louis. Le jeune Lucien entre à 10 ans au Petit Séminaire d'Hyères puis poursuit sa formation à celui de la Castille. Après la débâcle de 1940, il assura du service dans les chantiers de jeunesse dans le Lubéron. Il est admis au sous-diaconat le 29 juin 1942 et reçoit l’ordination sacerdotale le 17 décembre de la même année à Hyères. Il est d’abord vicaire-économe de Camps-la-Source, puis vicaire à Saint-Tropez en 1946. Quatre ans plus tard, en 1950, on le nomme vicaire à la paroisse toulonnaise de Saint-Cyprien, au quartier de Saint-Jean-du-Var. Là il fonde une clique soutenue par une œuvre de jeunesse florissante. En 1960, l’abbé Baud devient curé-doyen du Beausset. Servi par son sens de la gestion et de l’organisation, il y restaure la chapelle du Beausset-Vieux. Après être resté huit ans dans cette paroisse, il retrouve Saint-Tropez, cette fois comme curé, où il demeurera huit ans également. Il se met au service de la populatio
n et des estivants parfois exotiques qui peuplent le village une partie de l’année. C’est ainsi qu’il y célèbre le 12 mai 1971 le mariage très médiatisé du chanteur Mick Jagger avec Bianca Perez Morena de Macias, après lui avoir donné un enseignement religieux catholique les semaines précédant la cérémonie. Si l’évènement lui assura une popularité inattendue, il n’est peut-être pas à mettre à la liste de ses succès pastoraux… Un premier infarctus ramena l’abbé Baud sur Toulon en 1974 où il fut nommé curé de Saint-Louis. En 1978, il devient chanoine titulaire de la cathédrale. De nouveau fragilisé par une santé défaillante, il entre provisoirement à la maison de convalescence de l’Oratoire ; après quelques semaines, il y célèbre la messe et prêche le samedi 7 août 1993, ayant programmé son retour dans sa paroisse pour le lendemain. Il n’en aura pas le temps : au matin du dimanche 8 août un nouvel infarctus le terrasse et le chanoine Baud meurt dans l’ambulance qui le conduit à l’hôpital Sainte-Anne. Convivial et discret, en bon disciple de saint François-de-Sales, il avait fait sa devise de la formule « servir dans la joie, aimer dans la foi ». Ses obsèques présidées par Mgr Madec le 10 août en l'église Saint-Louis réunit une foule d'anonymes et de personnalités venus rendre hommage à un pasteur de qualité, bon et doux.
