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Benedictus qui venit in nomine Domini

 

Captur pape nouveau REncore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Les journalistes se sont rués sur le nom de Léon XIII mort en 1903 pour y découvrir l’héritage du pape de la doctrine sociale de l’Eglise, ils auraient pu aussi s’interroger sur celui qui le premier porta ce nom et mérita de lui adjoindre le qualificatif de « le Grand », saint Léon pape de 440 à 461. Homme profondément spirituel, il affronta l’effondrement du monde romain et n’eut pas peur de se confronter aux puissances séculières dont la force était le seul argument, en l’occurrence le « fléau de Dieu », Attila, roi des Huns, à la rencontre duquel le courageux pontife se transporta à Mantoue pour le dissuader avec succès de poursuivre son entreprise sur l’Italie et de piller la Ville.

La liberté et le courage sont les vertus que nous demandons à Dieu d’accorder au nouvel évêque de Rome qui est venu au devant de la foule des fidèles avec le don du Ressuscité, celui de la paix. Nul doute qu’il prendra soin de ne pas brutaliser son peuple en le heurtant par des prises de positions abruptes et personnelles, tout en le conduisant sur les chemins nouveaux qu’ouvrira la Providence. La vraie humilité qui l’a fait revêtir dès les premiers instants les ornements prescrits par le rituel et donner la bénédiction selon la formule en usage, s’effaçant ainsi lui-même sans mettre en avant ses propres choix et sa personne sont un gage de maturité et de sagesse bien venu. Longue vie au pape Léon XIV !

Les dernières promotions

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2022

Le mercredi 27 avril 2022, en la solennité de la dédicace de la cathédrale de Toulon, Mgr Rey a installé le chanoine Michaël Nachez à la cathédrale Notre-Dame de la Seds.

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2018

Le mercredi 3 octobre 2018, en la fête de saint Cyprien, Mgr Rey a installé le chanoine Charles Mallard à la cathédrale Notre-Dame de la Seds.

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2017

Le mercredi 26 avril 2017, Mgr Rey a installé deux nouveaux chanoines honoraires qui ont reçu à cette occasion les insignes de leur nouvelle fonction dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds.        

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2016

Le 19 mars 2016, Mgr Rey a nommé cinq nouveaux chanoines, trois chanoines titulaires et deux honoraires, qui furent installés le 23 juin suivant dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds.            

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Les publications

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Morale, histoire, théologie, spiritualité, les chanoines continuent d’apporter leur contribution à la vie du diocèse également par leur recherche et leurs travaux intellectuels.

On trouvera dans cette rubrique quelques références aux publications qui ont vu le jour ces dernières années, même si la liste n’est pas exhaustive.

 

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Famille de Suffret

 

La famille tropézienne de Suffret est impliquée dans l'histoire du chapitre qui est aussi pour elle un moyen de s'affirmer à Fréjus. Un Louis de  Suffret est ainsi "rentier général du chapitre", chargé d'en superviser la gestion, qui meurt le 20 octobre 1683 à Fréjus et est inhumé le même jour dans l'église des Observantins. Sur trois générations, ils occuperont une stalle au choeur de la cathédrale, de la fin du XVIIème siècle à la veille de la Révolution.

Joseph de Suffret, l'aîné       

Joseph de Suffret, fils de Louis de Suffret et de Louise d'Isnard, chanoine de la cathédrale, est parrain de son neveu Joseph, fils de son frère César (1646-1711), lieutenant général de l'amirauté de Fréjus et d'Anne de Villeneuve, à Fréjus le 9 avril 1681.

Joseph de Suffret, le jeune  (1681-17  )

Ce Joseph, né et baptisé à Fréjus le 9 avril 1681, fils de César-Louis, avocat en la Cour, et d'Anne de Villeneuve, deviendra chanoine à son tour, recevant la stalle de son oncle, et la transmettant ensuite à son neveu. 

Louis de Suffret (1716-1787)

SuffretLouis de Suffret (ou Suffret) naît le 5 avril 1716 à Fréjus. Il est le fils de Louis, bourgeois de la ville, et de Rosoline de Roubion (1682-1718).

Ce Louis Suffret (1675-1744) est juge, puis devient subdélégué de l’intendant de Provence, avant de succéder dans la fonction de lieutenant général de l’amirauté de Fréjus à son père César.

La marraine, Anne de Bertet, est la grand-mère maternelle de l’enfant, dernière représentante de la branche des Bertet de Ségriès, elle eut de son époux, André Roubion, plusieurs enfants : Rosoline (1682-1718), Antoine (1686-1748), Jean-François (1693-1693), Pierre (1695-1696) et Marguerite (née en 1699). L’oncle Antoine Robion a été chanoine sacristain de Fréjus, à la suite de son propre grand-oncle, Pierre Robion.

Le parrain, César-François de Suffret (1705-1778), est le frère aîné de l’enfant. Il épousera Anne de Camelin du Revest et sera nommé subdélégué de l’intendant de Provence pour la ville de Fréjus avant de cumuler, comme son père, cette charge avec celle de lieutenant général de l’amirauté. Son engagement lors de l’invasion des troupes austro-piémontaises en 1746-1747, lui vaudra des Lettres d’anoblissement en janvier 1748. C’est encore lui qui fera édifier pour sa famille vers 1750 l'hôtel particulier connu aujourd’hui sous le nom d’Hôtel des Quatre saisons, où descendra un jour le pape Pie VII…suffret louis

Louis de Suffret, son filleul, entre dans les ordres, devient prêtre et «docteur de la maison et société de Sorbonne», vicaire général du diocèse de Toulon (il l’est en 1746 au baptême de sa nièce et filleule Marie-Anne), puis devient chanoine de Fréjus (il l’est en juillet 1749 au baptême de sa soeur, Marie-Ursule-Euphémie, dont il est également parrain), où il assumera la même dignité de sacristain, que ses oncles. C'est en qualité de recteur de la confrérie des pénitents Blancs de Fréjus, qu'il baptise en la cathédrale Marianne Hermier, le 16 septembre 1773. Messire Louis de Suffret meurt à Fréjus le 22 janvier 1786. Il est inhumé le lendemain au cimetière de la paroisse.

 

Famille Camelin

camelinLa famille Camelin est une famille de marchands italiens, au nom francisé, probablement établie à Fréjus à l’aube du XVIe siècle. Le chanoine Espitalier précise qu’ils avaient ouvert à Fréjus un commerce de mercerie et qu’en 1544 cinq membres de la famille étaient encore employés à cette activité : André, Etienne, Lombard, Thomas et Jacques. Leur condition ne les a pas empêchés d'atteindre en peu de temps aux plus hautes fonctions de la cité.

Les deux derniers au moins sont frères puisqu’on voit Thomas remplacer son frère Jacques lors d’un baptême en la cathédrale le 27 août 1547 ; ils épouseront d'ailleurs les deux soeurs : Catherine et Jeannette Borrel.

Thomas exerce à Fréjus la fonction de trésorier, il meurt assez jeune, au début des années 1560, laissant à son épouse, Catherine Borrel, originaire de Draguignan, des enfants en bas âge, notamment Lombard et Etienne. Blason Camelin2 Ce dernier fera une belle carrière : maître du port, consul, viguier il meurt le 6 septembre 1638. De sa nombreuse descendance seront issus Jacques, son fils, notaire, de qui naîtra Barthélémy, receveur des décimes. Il semble que ce soit de cette branche que proviennent les deux bénéficiers de la camecathédrale : Honoré Camelin (cité dans les années 1670/1680) et Marc (ou Marc-Antoine) Camelin (1661-1713).

Jacques, frère de Thomas, est fermier des droits du roi à Fréjus en 1553 puis trésorier en 1565, premier consul en 1570, lieutenant du viguier royal à partir du 18 juillet 1574, puis viguier de 1575 à 1588, il meurt le 9 juin 1603. A plusieurs reprises les documents le saluent du qualificatif de « nobilis » et à sa mort, d’ « illustris dominus ». Il avait été marié une première fois puis, devenu veuf épousa en secondes noces, en 1572, Anthonone Mottet, veuve de Marc Gaybier. Du premier lit, il eut au moins trois enfants dont Barthélémy, qui deviendra évêque et Georges († 1626), viguier puis consul, qui donnera naissance à l’évêque Pierre et à Jacques (ca 1586-1672), receveur des décimes puis viguier, qui portera le titre d’écuyer*. Ce Jacques est le père de nombreux enfants dont les chanoines Jean et Joseph, ainsi que Gilles (1614-1660), qui donnera naissance aux chanoines Pierre et Bernard. Françoise de Camelin (1664-1749), la mère des deux chanoines Attanoux est leur nièce.

* Avec beaucoup de fantaisie et sans signification particulière, la famille s’écrira indifféremment  « Camelin » ou « de Camelin ». Le titre d’écuyer pour Jacques (ca 1586-1672) est la première apparition d’une prétention de noblesse. Son fils Barthélémy (1625- ) fera même l'objet d'une condamnation pour agrégation abusive au second ordre le 14 janvier 1668. Son fils Joseph (1676-1748) mettra fin à ces incertitudes familiales en obtenant finalement des lettres d'anoblissement en 1727, le dossier constitué en vue de cette reconnaissance fait état de l’ancienneté de la famille Camelin à Fréjus et de l’illustration que lui apportèrent les deux évêques Barthélémy et Pierre.

Barthélémy Camelin, chanoine (1577-1605), et évêque (1599-1637) de Fréjus.

Barthelemy Camelin Il nait en 1562, fils de Jacques Camelin, viguier de Fréjus, et de Jeannette Borrel. Il est tonsuré le 10 mars 1569 des mains de Bertrand de Romans, obtient une licence en droit canon et le 24 mai 1577 devient chanoine par la résignation en sa faveur de François de Grasse. Chef de file du parti dissident du chapitre qui demeure à Fréjus durant les troubles civils entre 1591 et 1593, il s’y fait élire vicaire capitulaire en compétition avec le chanoine Hélion Mosson. C'est ainsi qu'il est qualifié de "vicarius generalis, sede vacante" quand il présente au baptême sa nièce et filleule Marguerite Camelin, le 1er janvier 1593. Par l’intermédiaire d’une de ses sœurs, Marguerite, épouse du capitaine Gabriel Planchier qui servait sous les ordres de Crillon, il obtient d’Henri IV sa nomination comme évêque de Fréjus en 1594, contre l’évêque nommé par Rome. Cet évêque, Gérard Bellenger, meurt à Paris le 12 janvier 1596, le Parlement accepte d’enregistrer sa nomination le 24 mars 1597, et Clément VIII la confirme le 1er septembre 1599. Il fait prendre possession par Nicolas Antelmy, bénéficier de la cathédrale, le 14 décembre 1599, reçoit l’ordination sacerdotale et célèbre sa première messe à la cathédrale le 6 janvier 1600, il y est enfin sacré le 30 janvier suivant par Guillaume Le Blanc, évêque de Grasse, assisté de Clément Isnard, évêque de Glandèves et de Gilles de Seytres, évêque de Toulon. Barthelemy CamelinIl résigne la stalle d’archidiacre sur laquelle il avait fait main basse à la mort d’Hélion Mosson le 28 mars 1596, en faveur de son neveu Pierre qu’il ordonne prêtre le 17 décembre 1605. Après un épiscopat fructueux, il meurt à Fréjus le 15 juin 1637, muni des sacrements de l’Eglise, et est inhumé dès le lendemain dans la cathédrale. Son neveu fait sculpter et placer au-dessus de sa tombe son orant.

Pierre Camelin, chanoine, puis évêque (1637-1654) de Fréjus.

Pierre Camelin Neveu de Mgr Barthélémy Camelin, Pierre est baptisé à sa naissance dans la cathédrale de Fréjus, le 22 novembre 1579. Son père est Georges Camelin, viguier, et sa mère s’appelle Jeanne Gaybier. De cette famille est issu le chanoine Jean Gaybier, qui occupait jadis une stalle au chapitre, jusqu’à sa mort en octobre 1558, et Bernardin Gaybier, sieur de Callian, qui a épousé celle qui deviendra la marraine de Pierre Camelin : Anne de Veteris, fille d’un conseiller du roi au parlement de Provence. Ce Bernardin Gaybier était fils de Michel Gaybier et de Catherine Bonaud. Quant à cette famille Bonaud, dont vient encore le parrain de Pierre : Pierre Bonaud, avocat au parlement, nous savons qu’elle était également représentée au chapitre par le chanoine Pierre Bonaud, actif dans les années 1550-1560. Le jeu des alliances familiales semble déterminant dans l’ascension des Camelin, et le chapitre représente un enjeu du postionnement social.

Pierre est tonsuré le 7 avril 1593, conquiert le doctorat in utroque après des études à Avignon et reçoit l’ordination sacerdotale des mains de son oncle, Barthélémy, le 17 décembre 1605. Il avait déjà obtenu de lui la dignité d’archidiacre avec laquelle il parait au baptême de sa filleule, Camille Bonaud, le 20 février 1600 ; il sera ensuite nommé vicaire général et official. Pierre, qui avait été gratifié la veille du titre d’évêque in partibus de Philadelphie, est sacré dans la cathédrale coadjuteur de Fréjus le 5 décembre 1621, par son oncle qui était assisté d’Octave Isnard, évêque de Glandèves et de Louis Duchaine, évêque d’Argos, coadjuteur de Senez. La mort de Barthélémy, le 12 juin 1637, lui permet de commencer véritablement son ministère épiscopal et de prendre possession le 5 juillet suivant. Il meurt le 4 février 1654 après avoir reçu les sacrements et est inhumé auprès de son oncle, dans la chapelle Notre-Dame du Rosaire, de la cathédrale, devenue le lieu de sépulture de toute la famille.

Jean Camelin, (1616-    ), chanoine.

Jean Camelin est le fils de Jacques (ca 1586-1672), receveur des décimes et frère de l’évêque Pierre Camelin, et de sa première épouse, Camille de Nigris, morte le 10 mars 1625. Il est né le 5 février 1616 et baptisé le 9. Est-ce le Jean Camelin qui apparaît déjà avec la qualité de chanoine le 24 août 1626 au mariage de maître Guillaume Dolle, qui est parrain, le 19 décembre de la même année de Gasparde de Caprilis, fille d'Antoine et de Louise Gaibier et le 20 mars 1628, de Jean Peyroncelli puis le 20 janvier 1631, de Jean Francolis ? Il est attesté comme archidiacre le 7 novembre 1639 pour le baptême de Jean Giraud, puis le 8 janvier 1640 lorsqu'il parraine Jean Angles, on le retrouve avec la même qualité jusqu'en 1664 (il est parrain le 26 février), puis de nouveau "messire Jean de Camelin, chanoine en la présente église", est parrain le 25 février 1667. Il est par ailleurs docteur en droit et protonotaire du Saint-Siège.

Joseph Camelin (1621-1667), chanoine

Son frère, Joseph, est né le 31 octobre 1621. Il meurt le 3 mai 1667, muni des sacrements, et est inhumé le lendemain dans le tombeau des chanoines, au chœur de la cathédrale, sous la présidence de Mgr Zongo Ondedei. Il était chanoine au moins depuis octobre 1639, où il est parrain de Joseph Amic ; il l'est encore en février 1640, de Joseph Girard puis l'année suivante de son neveu Joseph, fils de Pierre et de Françoise Bonaud. On le trouve qualifié de « doyen de la cathédrale » dans son acte mortuaire, alors que le prévôt est encore pour de nombreuses années Jean de Coriolis.

Pierre Camelin (1648-1719), chanoine

On l’a qualifié de neveu de Mgr Pierre Camelin, il en est plus exactement le petit-neveu. Fils de Gilles Camelin (1614-1660) et de Gabrielle de Flotte, son acte de baptême, du 7 octobre 1648,  porte les noms de ses parrain et marraine : « Révérend Père en Christ Monseigneur Mgr Pierre de Camelin, évêque et seigneur temporel de Fréjus, et Françoise Bonaud, femme de Pierre Camelin, neveu du susdit évêque. », le neveu étant l’époux de la marraine et l’oncle du baptisé… Très jeune, il entre au chapitre puisqu’il est déjà chanoine en 1668, il apparaît encore comme tel  au baptême de son filleul Pierre-Jean d’Attanoux le 22 mars 1699. Pierre, désireux d’un idéal supérieur et peut-être pas insensible aux sirènes jansénistes dont la société et le lieu étaient imprégnés, entra à l’Oratoire et se retira à Cotignac sur la fin de ses jours, conservant le prieuré de St-Thomas d'Avaye, à Entrecasteaux et celui de Notre-Dame de Vallauris, à Trans, qu'il avait obtenu en 1667 (il avait été encore prieur prébendé de Comps pour lequel il fut en conflit avec Jean Rabiers en 1683). Signature du chanoine Pierre Camelin (1699)Il fit une mort édifiante, nous dit Girardin : « On le trouva mort à Notre-Dame de Grâce de Cotignac, à genoux devant son crucifix, dans sa chambre ; et on vit renouveler dans sa personne, ce que saint Jérôme raconte de la mort de saint Paul premier ermite », ce qui semble difficilement compatible avec l’acte mortuaire qui précise qu’il mourut, « muni des sacrements ». Celui dont notre historien prétend qu’il « mérite par sa vie remplie de piété, d’avoir place parmi les hommes illustres de sa patrie » fut ensuite inhumé dans le caveau des chanoines de la cathédrale le 21 juin 1719.

Bernard (ou Bernardin) Camelin (1648-1707), chanoine

Blason Bernard de Camelin Il est indissociable de son frère Pierre, qui précède, puisqu’il en est le jumeau, baptisé le même jour. Son parrain fut Bernard, le frère de l’évêque Pierre. A son tour, il occupe une stalle au chapitre et reçoit probablement de son frère démissionnaire la dignité d’archidiacre, au moins depuis 1668 (il n'a pas vingt ans !), qu’il assumera jusqu’à sa mort. On se souvient que son arrière grand-oncle Barthélémy s’était emparé de cette dignité en 1596 et l’avait ensuite transmise à son grand-oncle Pierre en 1605, avant d’être confiée à son oncle Jean. Signature du chanoine Bernard Camelin (1668)Cette succession étonnante n’empêche pas ces hommes de prendre au sérieux leur responsabilité et d’édifier par leur piété. Bernard "de Camelin" est qualifié de vicaire général en 1676, de même pendant la vacance qui suit la mort de Mgr de Clermont-Tonnerre, en 1678 où il est dit "archidiacre, vicaire général et official". Il est toujours vicaire général en 1700. Il rend l’âme le 20 mai 1707 et on l’inhume dans la tombe familiale de la chapelle Notre-Dame du Rosaire.

 

 

Il est à noter que la famille fournira beaucoup d’autres ecclésiastiques dont certains - excepté le premier - de grande valeur : Dom Ange Camelin, religieux profès de Saint-Honorat considéré dans les années 1650 comme "réfractaire, vagabond et menant une vie scandaleuse", destitué de sa charge d'économe ; Messire Pierre de Camelin, docteur in utriusque juris, mort le 22 juillet 1652 ; autre Pierre de Camelin, du clergé de Fréjus, décédé le 4 février 1654; Jacques Camelin qui fut vicaire de Montauroux, mort à Fréjus le 21 octobre 1659 ; le Révérend Père Etienne Camelin décédé le 20 avril 1668 ; l'abbé Honoré Camelin (1653-1726), fils de Charles et d'Elisabeth Brunel, prieur de Châteaudouble en 1690 ; le jeune abbé Antoine Camelin, mort à  24 ans en 1695 ; le Révérend Père Joseph-Annibal de Camelin, cordelier, élu provincial à l’âge de 38 ans et plusieurs fois reconduit, devenu définiteur général de tout l’ordre de saint François, puis commissaire de la Terre-Sainte dans les années 1730-1770 ; Joseph de Camelin, fils de Gilbert et de Catherine Dhourdet, "provincial" de l'abbaye Saint-Hilaire, au diocèse de Carcassonne au milieu du XVIII°s., etc.

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Joseph-Ephrem-Jean-Marie Pascal  (1755-1845)

Né à Saint-Lions le 9 février 1755, baptisé le 11, il est le fils d’Antoine Pascal et d’Anne Paul. Il commença ses études sous la férule d’un prêtre distingué dont il aimait à se rappeler le souvenir. Il gagna ensuite le collège de Draguignan et termina sa formation à Marseille.

Il est ordonné prêtre par Mgr de Beauvais, évêque de Senez, et nommé vicaire à St-Auban ; de là il desservait aussi la succursale des Lattes. Il fut ensuite nommé supérieur d’une maison d’éducation à Barrême lorsqu’un différend qu’il eut avec Mgr de Castellane-Adhémar, le nouvel évêque de Senez, le ramena au sein de sa famille. Il passa alors au diocèse de Toulon où l’attirèrent des amis qui tenaient un rang distingué dans le chapitre de la cathédrale. Messire Minuty, prieur de Carnoules était très lié avec Messire Louis-Victor Delort, prieur de Clumanc, et s’ouvrit à lui de son désir de trouver un second fidèle et pieux, ce fut Messire Delort qui lui indiqua le jeune abbé Pascal. C’est ainsi qu’il fut donné comme collaborateur à Messire Minuty, dont il devint l’ami et l’inséparable compagnon. Lorsqu’éclata la Révolution, après avoir refusé le serment schismatique en expliquant aux fidèles réunis le motif de son refus, il fut, comme son curé, obligé de quitter la paroisse. Il vécut d’abord quelques mois dans sa famille puis dut émigrer en Italie avec Messire Minuty et deux chanoines de Toulon, Messires Dalmas et de Combaud. Il en parcourut les principales villes et se fixa à Pise, d’où il entretint une correspondance suivie tant avec Mgr de Castellane, évêque de Toulon, qu’avec Mgr de Bonneval, évêque de Senez, dont il était comme l’interprète auprès des fidèles de leurs diocèses. Il revint à Carnoules, un peu avant le Concordat, en 1801, muni des pleins pouvoirs de l’évêque de Toulon. A Mgr de Cicé, archevêque d’Aix, qui lui demandait : « Que voulez-vous donc aller y faire ? », l’abbé Pascal répondit : « Y prêcher le pardon des offenses. » Messire Minuty le voulut encore avec lui quand il fut nommé curé de la Roquebrussane. Il administra ensuite la paroisse de Tourves à partir de 1805. Revenu, sur sa demande, à Carnoules en 1807, il ne quitta plus cette paroisse malgré l’offre qu’on lui fit plusieurs fois de postes élevés comme la cure de St-Maximin. La paroisse de Carnoules, si bien tenue, s’honora parmi toutes celles du diocèse lors du jubilé de 1823 en venant presque en totalité chercher auprès de son curé la grâce de la réconciliation. Mgr Michel qui savait si bien reconnaître le mérite et récompenser la vertu, le nomma chanoine honoraire de Fréjus en 1842. Il eut trois neveux prêtres et c’est entre les bras de deux d’entre eux qu’il mourut saintement le 19 juillet 1845, dont l’un est mort chanoine vicaire général de Digne et le plus jeune, qui lui donna la dernière absolution, était vicaire à Carnoules et lui succéda. Le deuil fut général et ses obsèques magnifiques ; la dévotion qu’on lui portait fut telle qu’on se précipita sur son corps avant l’ensevelissement et chacun voulant obtenir une relique, la foule mit en lambeaux son camail et son rochet.

Victor-Jean-Baptiste Quentin (1834-1902)

Né à Cambrai en 1834, de Constantin et Virginie Leconte, Victor entra chez les Oratoriens et fut envoyé au couvent de Draguignan. A la suite des décrets d’expulsion des religieux en 1880, le Père Quentin se retira dans son diocèse d’origine à Arras. Mais il revenait souvent à Draguignan où l’attiraient des souvenirs personnels et la douceur du climat. Distingué du titre de Missionnaire apostolique, Monsieur Quentin fut nommé chanoine prébendé de la cathédrale de Fréjus et fut installé dans cette dignité le 31 octobre 1891 à l'office capitulaire du matin. Il se fit un scrupule de ne manquer aucune des cérémonies solennelles de la ville épiscopale. Deux fois même il eut l’honneur d’accompagner Mgr Mignot lors de sa visite ad limina. Le chanoine mourut à Arras le 12 janvier 1902.

Raphaël-André Paul (1765-1835)

C’est un ami personnel de Mgr de Richery, un ami d’enfance que le nouvel évêque agrégea à son chapitre comme chanoine titulaire le 30 novembre 1823. De six ans plus jeune que lui, puisqu’il était né le 6 décembre 1765, Raphaël-André était de Castellane où son père Jean exerçait la profession de tailleur d’habits. Mgr de Richery était lui aussi originaire de ce diocèse de Senez et passa du temps au proche château d’Eoulx où il eut le loisir d’apprécier ses qualités. André-Raphaël (comme le désigne son acte de baptême) avait à peine 25 ans quand éclatèrent les troubles de la Révolution. A la réouverture des églises, il fut nommé curé de Taulanne, près de Castellane, le 16 août 1816. Il mourut à Castellane le 7 octobre 1835.