Mgr Henri Ardoin (1842-1935)
Marie-Louis-Henry naît le 13 février 1842 à Draguignan, fils du maire de la ville, le docteur Honoré-Antoine Ardoin et de son épouse, Louise-Anastasie-Désirée Maure. En octobre 1845, lui naîtra un frère, Paul qui mourra en janvier 1900, aumônier du carmel de Draguignan. Henri Ardoin fait ses études ecclésiastiques au séminaire Saint-Sulpice, à Paris dont il conserva, avec les vertus sulpiciennes, un souvenir plein de reconnaissance. Il est ordonné sous-diacre à Paris le 30 mai 1863 et prêtre le 10 juin 1865. Il commença aussitôt son ministère auprès des enfants et des jeunes puisque le 16 juin de la même année, il est aumônier du Patronage de Draguignan, qu’il dotera avec ses ressources personnelles de la cour et de l’immeuble qu’il occupa des décennies ; il fut encore nommé aumônier du collège de la ville. Après un temps de vicariat à Saint-Tropez (du 15 juin 1868 au 30 septembre 1890), il revint dans sa ville natale pour continuer l’œuvre du Patronage et fonder avec l’abbé Jourdan de la Passardière, l’Œuvre de l’Oratoire ou des missions diocésaines. C’est alors qu’il fut appelé dans le diocèse à annoncer la parole de Dieu, comme missionnaire diocésain, jusqu’à la dissolution de l’Oratoire ; il devint alors aumônier des religieuses de Sainte-Marthe, à Draguignan. En 1891, Mgr Mignot qui avait été son ami au séminaire Saint-Sulpice, le nomma chanoine honoraire de sa cathédrale (19 mars) et supérieur du Petit Séminaire de Brignoles (à partir du 5 avril 1891). En janvier 1893, il l’élevait à la dignité de vicaire général honoraire et le 31 mai 1896 à celle de vicaire général titulaire (nomination agréée par décret du Président de la République, en date du 21 mai) en remplacement du chanoine Agarra. C'est la même année, quil reçut une stalle de chanoine titulaire au Chapitre. Devenu archevêque d’Albi, Mgr Mignot le nomma encore chanoine et vicaire général honoraire de son nouveau diocèse. Le chanoine Ardoin se retira alors chez lui à Draguignan le 14 février 1900, avec le titre de chanoine titulaire qu’il conserva jusqu’en 1901 (il était en outre chanoine honoraire de Châlons, dont était évêque Mgr Latty). Mais le 16 novembre 1901, Mgr Arnaud le nomme curé-doyen de La Seyne-sur-Mer et, le 12 avril 1906, à la mort de Mgr Marthé, Mgr Guillibert lui confie la cure de Sainte-Marie de Toulon, avec le titre de curé-archiprêtre, au moment des inventaires…. Deux évènements marqueront ce dernier ministère : la fondation de la paroisse de la Loubière et la celle du patronage de Montéty. En 1925, le chanoine Ardoin est élevé à la dignité de prélat domestique et, le 13 février 1931, jour de ses 89 ans, à celle de Protonotaire Apostolique ; c’est le 10 mai 1931, dans l’église Sainte-Marie de Toulon, à l’occasion de la célébration de ses vingt-cinq ans de présence dans cette paroisse, qu’il en reçoit des mains de Mgr Simeone, les insignes : rochet, mantelletta violette, croix pectorale et mitre de damas de soie blanche. Son érudition était immense et sa mémoire prodigieuse : on raconte comment déjeunant un jour à Hyères avec le cardinal Amette, archevêque de Paris et Mgr D’Hulst, recteur de l’Institut Catholique de Paris, son ancien condisciple, il corrigea ce dernier sur un détail de l’histoire de l’Eglise. « Je sais trop de choses, confessait-il, j’en ai trop vu, trop ! » Riche de tant de dons, il les répandit largement autour de lui, instruisant inlassablement et guidant avec sûreté les âmes, aidant aussi et soutenant les personnes et le diocèse avec une charité aussi généreuse que discrète (notamment pour la fondation de l’église de La Loubière et la construction du séminaire). Il meurt à Toulon le 24 octobre 1935, à 93 ans et 70 ans de sacerdoce.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.


Les chanoines Deydier appartiennent à une famille de commissaires de la marine et de lieutenants de vaisseaux toulonnais. Les ancêtres étaient passés par Ollioules aux XIV et XVèmes siècles, en provenance de Marseille Le chanoine Verlaque (1844-1909) la présente ainsi dans sa notice consacrée à Mgr Deydier (1866) : «Parmi les capitaines qui commandaient l’armée de Charles Ier, comte de Provence, nous voyons figurer un nommé Guillaume Deydier, qui se retira à Ollioules en 1250 et s’y maria avec Jeanne de Berre. Un Geoffroy Deydier fut syndic de Toulon de 1425 à 1434. Son fils Jeaume Deydier, fut bailli d’Ollioules et écrivit un ouvrage intitulé : Livre d
e raison sorte de journal biographique embrassant la période de 1472 à 1522. Jacques Deydier, fils de Jeaume, fut consul de Toulon en 1516. Son arrière petit-fils Pierre, était constructeur du roi et receveur des décimes, il se maria en 1617 avec Marguerite Christian. De ce mariage naquirent trois garçons : André, François et Jacques. L’aîné prit la robe judiciaire et le plus jeune l’épée. » Le second fils de Pierre, François, né le 2 mai 1637, partira comme missionnaire en Orient dans le cadre des Missions étrangères de Paris, sera nommé en 1678 Vicaire apostolique du Tonkin oriental avec le titre d’évêque d’Ascalon et mourra le 1er juillet 1693 après avoir évangélisé de façon admirable et souffert pour le nom du Christ. Depuis l’Orient ses lettres témoignent de son intérêt à sa famille et en particulier pour ses neveux pour lesquels il dissuade son frère de les envoyer au collège des Oratoriens à Marseille (où lui-même est passé), mais conseille plutôt « l’éducation faite sous les yeux paternels et par un instituteur pieux », ce qui vaut beaucoup mieux. Un peu plus tard (en 1686), il se réjouit de la « consolation [que ses chers neveux donnent] en reconnaissance de la peine que [l’on a] pris de leur éducation : le troisième est donc enrôlé dans le régiment de la marine le quatrième est entré au séminaire d’Aix. » Le chanoine André-Louis Deydier relatera dans une lettre du 5 mai 1714 un épisode familial de la vie de son parent le futur évêque, dont il fut témoin enfant.
Britanniques d’entrer dans le port de Toulon et de s’emparer de la ville, et sera fusillé en janvier 1794 lors de sa reprise par les républicains. Louis-André résigne sa stalle quelques années plus tard et meurt le 9 mai 1749 à Toulon. Il est enterré le lendemain dans l’église Sainte-Marie.
10 septembre 1738, messire Deydier est parrain de sa petite-nièce Marie-Anne-Julie, en l'église Saint-Louis de Toulon. Il est enterré « du côté de l’évangile », le 13 février 1742, dans le chœur de la cathédrale de Fréjus où il était mort la veille, accompagné des clercs du séminaire, des religieux et des congrégations de la ville qui s'étaient jointes au chapitre.
de Brignoles, Hyères et Toulon, le 6 avril 1789. Dans un premier temps, il prêtera serment d’adhésion à la Constitution Civile du Clergé, mais se rétractera très vite. Réfractaire, il est contraint de quitter la France vers la fin de l’année 1792. A son retour, il prête serment de fidélité à la Constitution de l’an VIII, le 30 Fructidor an X (17 septembre 1802). Il meurt à Toulon le 2 Floréal an XI (22 avril 1803) dans son appartement de la rue République où est portée sa profession d'«ex archidiacre»...
Joseph-Augustin de Martinenq naquit à Toulon le 18 octobre 1715, de François (1680-1735) et d’Anne Pierou. Il reçoit le même jour le baptême à l’église Sainte-Marie, son parrain est Messire Joseph-François Deydier (1663-1742), depuis treize ans chanoine de Fréjus et neveu de l’ancien prévôt Eustache de Blin. La marraine est Madame Agnès d’Esparra. C'est à cette dernière famille qu'appartient la mère des chanoines Deydier : Thérèse d’Esparra, fille d’un conseiller du roi et lieutenant au siège de Brignoles ; on connaît encore un chanoine de Pignans du même nom : Charles d’Esparra, qui s’était porté candidat avec le chanoine Deydier à la prévôté de Fréjus en 1702.
sera fusillé en janvier 1794 lors de sa reprise par les républicains. Pour ce baptême, Joseph-Augustin se fait représenter par le chanoine archidiacre de Fréjus, Messire Louis-André Deydier.
Joseph Peissonel (Peissonnel ou Peyssonnel) naît à Draguignan et y reçoit le baptême le 17 juin 1661. Il est le huitième des neuf enfants d’Esperit Peissonel et d’Honnorade de Bertrand (ou Bertrandy). Son père qualifié pour la première fois d’ « écuyer » sur l’acte de baptême de Joseph ne porte plus que la dénomination de « bourgeois » à la naissance de la dernière, Marguerite, en 1667.