Eugène-François-Marie-Joseph Revel (1867-1935)
Eugène-Joseph-François-Marie naît le 13 juin 1867 à Chambéry d’Edouard Revel, docteur en médecine et de Sophie de Mouxy. Il fait son grand séminaire dans sa ville natale, où il reçoit l’ordination sacerdotale le 15 juillet 1890. Il conquiert à Rome, où il est hôte de Saint-Louis-des-Français, les grades de docteur en théologie à la Minerve et en droit canonique à l’Apollinaire. Avec l’autorisation de son archevêque il est pendant cinq ans aumônier et secrétaire du général de Charrette et, en 1898, devient aumônier de la Marine nationale. Il le demeurera jusqu’au licenciement du corps des aumôniers. A ce moment, l’amiral Lajaille lui demande d’être aumônier des Œuvres de mer. Mgr Amette, l’archevêque de Paris, lui offre l’aumônerie du Val-de-Grâces en 1908 et ensuite de la garnison de Vincennes. Au début de la Grande Guerre, le Commissaire Général de l’Intendance maritime lui demande d’organiser le service religieux dans la Marine. Il part aussitôt avec trois autres prêtres pour rejoindre l’armée navale. Mgr Guillibert ayant été nommé Inspecteur Apostolique près le Flotte Française, donne à l’abbé Revel le titre de vicaire général de la Marine militaire, avec mission d’établir les plus de liaison possible entre les nombreux aumôniers temporaires des navires hôpitaux et des autres navires. En 1919, les aumôniers temporaires sont débarqués, l’abbé Revel part le dernier. Mgr Guillibert le nomme directeur des Œuvres des Marins et le fait chanoine honoraire de sa cathédrale en décembre 1919. C’est alors, en 1919, qu’il rouvre à Toulon la Villa Jeanne-d’Arc dont il fait les plus remarquable des Foyers du Marin existant en France. Cela ne l’empêche pas de prendre la mer pour une campagne de propagande de six à huit mois. Il reçut la Croix de guerre et la Légion d’honneur pour son attitude héroïque lors de la batille d’Athènes le 1er décembre 1916 où il avait lui-même été blessé. Le chanoine Revel quitte la Villa Jeanne-d’Arc en 1934, reste jusqu’en mai 1935 au Mont-des-Oiseaux à Hyères où il fait une crise cardiaque. Après un voyage à Paris auprès du ministère de la Marine, il va se reposer à Chignin en Savoie dans l’intention de revenir à Hyères pour l’hiver. De nouveau, il fait un voyage éclair à Fréjus où l’évêque voulait le consulter. Revenu à Chignin, il y meurt quelques jours plus tard, le 28 octobre 1935.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.


Gaspard-Marie-Michel-André Latty naquit à Cagnes, alors dans le diocèse de Fréjus, le 22 juillet 1844. Il fit toutes ses études et son éducation cléricale dans les établissements du diocèse : au Petit Séminaire de Grasse d’abord puis au Grand Séminaire de Fréjus ensuite. Après son ordination reçue à Fréjus le 19 septembre 1868, il fut d'abord professeur au petit séminaire de Grasse, puis entra dans le clergé de Paris où il obtint son doctorat en théologie en 1882. Il fut alors nommé professeur de dogmatique à la faculté de théologie de Paris jusqu’en 1866. Sur le plan pastoral, il occupa les postes suivants : chapelain de Sainte-Geneviève, vicaire à Notre-Dame de Lorette, aumônier de Sainte-Barbe puis curé de Saint-Médard. Le 21 mai 1894 il est nommé évêque de Châlons et, le 8 septembre, sacré par le cardinal archevêque de Paris assisté de Mgr Balaïn et de Mgr Mignot, évêque de Fréju
s, dans l'église du Sacré-Coeur de Conflans, congrégation fondée par sainte Sophie-Madeleine Barat, dont le nouvel évêque avait été le postulateur de la cause de béatification. Nommé chanoine honoraire de Châlons en 1896, Mgr Mignot lui octroya en retour le titre de chanoine d’honneur de Fréjus en 1896. Il réorganisa le séminaire dans son diocèse. En 1904, il publie des brochures qui, face au modernisme de Loisy, tentent d’adopter une position modérée. Venant se reposer quelques jours dans sa famille à Cagnes à la fin de l'année 1905, il rendit visite à ses anciens condisciples le chanoine Touze et l'abbé Guisolphe qu'il fit tous deux chanoines honoraires de sa cathédrale de Châlons. Mgr Latty est transféré sur le siège archiépiscopal d’Avignon le 12 septembre 1907, où il poursuit son engagement dans la réforme des études, réinstalle le séminaire dans de nouveaux locaux, publie divers ouvrages. Il meurt le 3 octobre 1928. Il était encore chanoine d'honneur de Nice.