Famille Tassy (ou Taxil)
Charles Tassy (15 -1665).
Né à la fin du XVIème siècle, Charles Tassy fut pourvu d’une stalle au chapitre de Fréjus vers 1620 et l’occupa pendant quarante-cinq ans ! Il y exerça la charge de préceptorial, étant le deuxième titulaire connu de cette fonction qu’il assuma jusqu’à sa mort. Dès 1623 on voit le chanoine Charles "Taxil" faire les frais d'un arrêt du Conseil communal "pour la préceptoriale". En 1625 celui-ci obtient que le chanoine Taxil et ses successeurs en ladite chanoinie donneront annuellement 60 écus à la communauté. A ce titre, on le voit s’engager pour lui et ses successeurs à donner 60 livres par an pour l’entretien d’un maître d’école à qui il doit fournir le local. Muni des sacrements, « homme de vénérable mémoire », il s’éteint à Fréjus le 24 juillet 1665 « après avoir mené une vie exemplaire durant quarante cinq ans qu’il a été chanoine », dit son acte mortuaire. Il fut inhumé dans la tombe du côté droit du chœur destinée au Chapitre. Antelmi précise que le chanoine Tassy fut « d’une vie irréprochable et d’une charité digne de tous les éloges (…). Ce vénérable prêtre léguait sa maison et tous ses biens au futur séminaire diocésain, à condition qu'il fut fondé dans cinq ans, sinon son héritage reviendrait aux pauvres et à l'hôpital de Fréjus. » Par cette donation, le projet de séminaire déjà évoqué par Mgr Barthélémy de Camelin allait pouvoir voir le jour, pensait Mgr Ondedei. Déjà, il avait obtenu par lettres patentes du roi en septembre 1664 l’autorisation de le créer et de le financer en taxant les bénéfices de son diocèse de 1000 écus par an. Ondedei fut d’abord débouté dans son intention de récupérer pour son propre neveu la stalle de Charles Tassy (cf infra), et vit ensuite un arrêt du Parlement en date du 30 janvier 1673 réduire de moitié les subsides qu’il attendait de son clergé qui ne l’entendait pas de cette oreille (ainsi diminuée, l’imposition fut acceptée par l’assemblée du clergé diocésain les 21 avril et 16 octobre 1674)! Mais l’évêque s’empressa au moins d’occuper la maison du chanoine défunt dès l’été 1665, en y installant des jeunes clercs dont il voulait confier la direction à une congrégation séculière : il avait déjà nommé deux chanoines pour seconder le supérieur dont il prendrait à sa charge l’entretien quand la mort vint le surprendre ; ce sera finalement son successeur, Mgr de Clermont-Tonnerre qui mènera l’entreprise à terme avec l’ouverture officielle du séminaire le 25 avril 1677.
Jean-Baptiste Tassy (ca 1609-1699).
Charles Tassy avait un neveu, Jean-Baptiste, né vers 1609, auquel il avait résigné en mourant sa stalle et sa prébende de Séranon. Jean-Baptiste se trouva immédiatement en concurrence avec Joseph Camelin et surtout avec le neveu de l’évêque, Louis Ondedei. Jusque-là, ce dernier s’était vu refuser l’entrée au Chapitre par les chanoines qui tenaient tête à leur évêque quoi qu’on leur exhibât un brevet royal de 1658 ou un arrêt du Parlement de 1662 les mettant en demeure de le recevoir. A la mort de Charles Tassy, le conseil communal de Fréjus fit pression en faveur du neveu de l’évêque, mais Jean-Baptiste Tassy obtint une bulle pontificale qui lui permettait d’occuper légitimement le bénéfice de son oncle. Les consuls en appelèrent donc contre la bulle au Parlement d’Aix qui rendit son arrêt en donnant raison au chanoine Jean-Baptiste Tassy ; la question était de savoir si la fonction préceptoriale était susceptible de résignation en faveur ou si elle était à la collation du chapitre ou de l’évêque : le parlement trancha en statuant que la prébende qui lui était attachée étant capable de résignation, la charge ne pouvait en être détachée. Ses adversaires ne désarmant pas, Jean-Baptiste fut cependant débouté par un nouvel arrêt du Parlement de Provence, en date du 2 décembre 1669. L'affaire ayant alors été portée devant le Parlement de Paris, un jugement définitif en date du 11 janvier 1674 contraint le chanoine Tassy à laisser finalement la place à Messire Antoine Sarde qui se revendiquait des droits de l'abbé Ondedei. Le chanoine Jean-Baptiste Tassy obtint encore une stalle au chapitre de Toulon mais dut la résigner puisqu’à sa mort, à Toulon, le 8 décembre 1699, il est qualifié d’ « ancien chanoine ». Perpétuant la générosité de son oncle, il fit de l’Hôpital de la Charité de cette ville l’héritier de tous ses biens. Il fut enseveli dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds, le lendemain de sa mort.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Ambroise Delaunay nait à Saumur, le 9 juillet 1850 dans une famille très pieuse, il est le fils de Charles Delaunay et d'Anne Valienne. Au gré des nominations de son père, commis instructeur des bureaux de l'intendance militaire, il connait plusieurs villes : Tours, Montpellier, etc. La famille habite Lyon, à deux pas de la basilique d'Ainay, lorsqu'éclate la guerre de 1870. Après de solides études, le jeune homme était sur le point d'entrer au séminaire, quand il est mobilisé en octobre 1870. Ambroise, avec son jeune frère Augustin, est alors envoyé à Navarrenx, en Béarn, pour y suivre sa formation militaire ; il est ensuite entraîné au cœur de la tourmente dans l’armée du Rhin sous les ordres du général Bourbaki avant d’être prisonnier en Suisse, à Einsiedeln. Sa correspondance régulière avec sa famille au long de cette période constitue un témoignage historique précieux qui a été publié en 2016 sous le titre de Au cœur d’une guerre oubliée 1870-1871.
Après la guerre, il effectue enfin ses études au séminaire et choisit d'entrer chez les Maristes. Le père Delaunay sera affecté au collège Sainte-Marie de La Seyne-sur-Mer à partir de 1879. L’année suivante une loi portée en mars, oblige les religieux à une sécularisation fictive pour conserver la possibilité de le diriger et d’y enseigner : Mgr Terris met alors l’établissement sous la tutelle du diocèse. C’est dans un contexte d’affrontement croissant avec un gouvernement hostile que le Père Delaunay devient en 1893 le supérieur de l’institution. Il reçoit le camail de chanoine honoraire de Fréjus en 1901. C’est le moment où les maisons maristes de Toulon et de Montbel, frappées par la loi sur les congrégations, doivent fermer leurs portes alors que le collège sécularisé arrive à se maintenir contre vents et marées. Toujours à la tête de l’établissement qu’il dirigeait depuis vingt-et-un ans, le chanoine Delaunay meurt à La Seyne le 27 septembre 1914.
Elie-Clément-Guillaume Ronco naît à Pierrefeu le 10 mai 1880, fils d’immigrés italiens : son père, Lazare Ronco, était originaire de Ranzo, au nord d’Albenga en Italie, et sa mère, Eloïse-Catherine Ricardo, de Port-Maurice. L’abbé Ronco est ordonné sous-diacre le 18 mars 1905, puis prêtre, le 29 juin 1906. Nommé immédiatement vicaire à Puget-Ville, il l’est successivement au Luc à partir du 16 mars 1906, puis à la paroisse Saint-Joseph du Pont-du-Las le 16 juin 1920. Il devient curé de Garéoult le 13 mai 1925, puis de Six-Fours Reynier le 16 juillet 1929. C’est lui qui sera mis à la tête de la paroisse Sainte-Roseline nouvellement créée dans le quartier de l’Escaillon à Toulon, le 1er octobre 1937. La nouvelle église, construite près de la chapelle Notre-Dame de la Nativité est bénite par Mgr Simeone le 24 avril 1938. Dans ce nouveau pôle paroissial, l’abbé Ronco développe notamment les œuvres de jeunesse : patronage, Cœurs Vaillants, scouts, Cadets du Rosaire, etc. Cinq ans plus tard, en 1942, il reçoit le camail de chanoine honoraire de la cathédrale. Le chanoine Ronco prend sa retraite le 1er septembre 1957, se retire à la Villa Saint-Charles et meurt en 1967. Il est inhumé au caveau des prêtres à La Crau.