Edmond Marbot (1843-1931)
Edmond-Pierre-Louis Marbot naît en Guadeloupe en 1843. A 18 ans, il quitte son île natale et sa famille pour partir en France et rentrer dans les ordres. En 1863, il arrive à Paris et visite la Normandie et la Bretagne. Il est ordonné prêtre en janvier 1866 et devient chanoine et chancelier de l'évêque de Nevers Mgr Forcade en 1872, d’où il suit les évènements de la guerre de 1870 et ceux de la Commune. En aout 1873, il suit Mgr Forcade qui a été nommé archevêque d'Aix et devient Vicaire général de cette ville en septembre 1874 : « Je suis à Aix. Aujourd'hui même, ce matin à 8h, j'ai jeté l'ancre, c'est bien le cas de le dire, car il me faut m'attacher, m'ancrer ici par vertu pour me donner le temps de connaitre, d'apprécier et de m'attacher par sentiment. La sympathie qui m'accueille, ce ciel bleu qui me parle des Antilles, ce soleil qui resplendit comme le mien, comme celui de mon enfance, les bouffées d'air salin qui m'arrivent de la mer, tout cela est bien fait pour m'habituer facilement à la Provence…. ». Il commence à publier les textes de ses allocutions chez Achille Makaire et devient membre de la Maitrise Métropolitaine d'Aix pour laquelle il écrira plusieurs discours. A partir de 1880 il assiste aux expulsions de religieux par la force publique et vit la montée de l’anticléricalisme qui l’engage à participer à des manifestations antirépublicaines à Arles en 1882. En 1883, il donne des « conférences populaires » à Marseille pour combattre les idées socialistes. En juillet 1884 une épidémie de cholera frappe la ville d’Aix ; l’année suivante, Mgr Forcade en est atteint et meurt le 16 septembre 1885, le chanoine Marbot écrit : « je perdais mon second père, d'un seul coup se renversait toute ma vie, tout mon passé tombait ! Aix retrouvera un pasteur, un archevêque. Moi je ne retrouverai jamais mon pauvre père… » Il est élu vicaire capitulaire mais démissionne de cette fonction le 2 novembre 1885.
Le 1er octobre 1886, il est nommé chapelain de Notre Dame de la Seds par le nouvel archevêque Mgr Gouthe-Soulard qui le confirme dans ses fonctions de directeur de la maitrise métropolitaine et de l'œuvre de la Sainte Famille. Le 31 mai 1887 il devient membre de l'Académie d'Aix.
L'essentiel de son activité se partagera jusqu'à la fin de sa vie entre la prédication, la publication de nombreuses plaquettes reprenant ses allocutions et de ses essais sur l'histoire de la ville. Jusqu'au bout il affirmera ses opinions antirépublicaines sans détours : « Il se passe aujourd'hui (12 novembre 1911) une horreur à Aix : on y inaugure la statue de Zola … que les loges maçonniques, ont imposée à la ville grâce à la complicité des pouvoirs publics. A peu d'exception prés les aixois sont indignés. » Il meurt le 9 août 1931, avec les titres de chanoine honoraire d’Aix, de Nevers, de Gap, d'Avignon, de Valence, de Fréjus, de Nîmes, de Montpellier et de Digne, ancien vicaire général d’Aix et de la Martinique… un record !


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Pierre Rabiers de Châteauredon (ca 1623-1687), naît à Annot, au diocèse de Glandèves, vers l’an 1623, de Gaspard de Rabiers de Châteauredon et de Jeanne de Montblanc. Son père dont le bisaïeul avait été anobli par Louis III d’Anjou, était fils et petit-fils de capitaines pour le roi des villes de Castellane, Guillaume, Annot et du Val de Chanan ; il s’était illustré au service de son souverain dans les guerres de la Ligue et vit ses châteaux pillés et brûlés par les Huguenots.
Jean Rabiers de Chateauredon (ca 1661-1724), est le neveu du chanoine Pierre de Rabiers et probablement bénéficiaire d’une résignation de sa part. Il nait vers 1661, fils de Balthasar (ca 1618-1688), viguier et capitaine pour le roi à Annot, et de Louise de Trabaud. Il est frère de Jacques et de Gaspard, sieurs de Châteauredon et du Plan-de-Gréolières, de Jeanne-Marie et d'Anne. Jean Rabiers est déjà chanoine de Fréjus en 1683 : parmi les épisodes pittoresques que nous révèle la passion de l'époque pour les procédures judiciaires, on note la condamnation du chanoine Jean Rabier, alias de Rabiers, le 4 juin 1683, pour avoir fait main basse sur des "nadons" (agneaux) appartenant au fermier du chanoine Pierre de Camelin, avec défense de troubler celui-ci dans la jouissance de sa prébende de Comps. Le chanoine Jean Rabiers est témoin du testament de messire Barthélémy Gaytté, le 30 décembre 1710 devant maître Coste, à Fréjus. Lui-même meurt dans la ville épiscopale le 22 novembre 1724, « prêtre chanoine de l’église cathédrale de cette ville de Fréjus », il est inhumé dans un caveau du chœur de la cathédrale.
Mgr Prosper Berthet, chanoine d'honneur
Contrairement à ses principes, l’administration des Cultes le désigne pour prendre la direction de son diocèse d’origine le 24 avril 1889, espérant ainsi offrir au siège de Gap qui avait vu passer trop d’évêques en peu d’années une certaine stabilité dans la direction épiscopale. Mgr Berthet est préconisé le 27 mai suivant et sacré le 1er août par le cardinal Guilbert dans une cathédrale encore en chantier et qu’il aura la joie de consacrer en 1895. Il restera 25 ans sur ce siège. C’est sous son épiscopat que Notre-Dame du Laus obtient le statut de basilique mineure (bref pontifical de mars 1892), et c’est lui qui dépose en 1897 en cour de Rome le procès des vertus de Benoîte Rencurel. Orateur éminent et écrivain talentueux, Mgr Berthet accorde une grande importance à la formation de son clergé et de ses diocésains. Il leur laisse plusieurs recueils de mandements et de lettres pastorales, remarquables par leur style et leur cohérence. La réputation de ses allocutions dépasse largement les frontières du diocèse, comme en témoignent ses interventions lors de grandes manifestations : oraison funèbre du cardinal Bernadou à Sens le 15 décembre 1891 ; discours de rentrée des facultés catholiques de Lyon le 15 novembre 1893 ; sermon du sacre de Mgr Dizien, évêque d’Amiens, à Sens le 8 septembre 1896 ; sermon pour le centenaire de Pie VI à Valence, le 8 août 1899. L’enseignement demeure au cœur de ses préoccupations. En 1904, il crée l’association de l’enseignement libre des Hautes-Alpes, puis l’œuvre des séminaires. Mgr Berthet affronta courageusement les difficultés liées à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Après le vote de la loi de séparation, il rétablit grand et petit séminaires qui avaient dû être évacués en 1906, installant provisoirement les élèves du petit séminaire à Serres dont il avait été curé. En 1913, il pose la première pierre du petit séminaire Saint-Louis de Charance qui sera inauguré après la guerre. Il s’occupe également de mettre en place le denier du culte pour subvenir aux besoins de ses prêtres. La mort le surprend en pleine activité. Moralement affecté par l’entrée en guerre de la France, il succombe brutalement le 25 octobre 1914 à une grippe contractée alors qu’il visitait des soldats blessés à l’hôpital de Gap. Mgr Berthet avait été fait chanoine d'honneur de Fréjus par Mgr Mignot en 1896.
Il est ordonné sous-diacre le 7 mars 1868 puis prêtre par Mgr Jordany le 19 septembre 1868. il poursuit son enseignement au petit séminaire de Brignoles de 1868 à 1870, puis pour des raisons de santé, regagne sa famille à Lorgues pour un temps de repos qui le mène de 1870 à 1872. Cette année, il rejoint le petit séminaire de Grasse où il reste d'octobre 1872 à 1874. Le 17 octobre de cette année, il devenait curé de la vallée de Sauvebonne près de Hyères où il fit construire la coquette chapelle Saint-Isidore. Il est ensuite nommé vicaire à Saint-Louis, à Toulon, en septembre 1886. Avec quatre années de retard dues au changement d'administration consécutive à l'arrivée de Mgr Mignot, l'intelligent et actif abbé Roubaud, quoique modeste, est nommé curé de Bandol le 21 juillet 1890. Le 15 octobre 1894 il devient aumônier des soeurs de l’Espérance à Hyères, dans cet établissement important qui accueillait des hivernants de toute provenance et assurait des soins aux malades de la ville. Il fallut bientôt repartir pour remplacer un curé que la mort venait de terrasser et c’est ainsi qu’il redevint curé à la paroisse toulonnaise de Saint-Cyprien, le 1er mars 1905. Il s’y dépensa sans réserve, notamment durant la guerre qui le priva des collaborateurs dont il avait besoin. Il fonda un centre religieux au quartier Saint-Georges et couronna son ministère comme il l’avait commencé, en érigeant une chapelle, qui fut à l’origine de l’actuelle paroisse Saint-Georges. Il avait été fait chanoine honoraire le 10 septembre 1911. Miné par la maladie et admirablement soutenu par ses vicaires, il marcha saintement vers la mort, qui l’atteint le 8 décembre 1922.