Jean Rodulphe
Jean Rodulphe (ou Rodulf), né vers 1440, professeur de théologie, prieur-décimateur du Cannet en 1462, devenu chanoine, occupa la stalle d’archidiacre au chapitre de Fréjus. Peut-être y succéda-t-il directement à Bernard de Candie qui devint prévôt en 1464 ? Durant la crise consécutive à l’élection d’Urbain Fieschi sur le siège de Fréjus, il reçut en avril 1476 de Pierre Alexandris, auditeur de la Légation d’Avignon et commissaire apostolique, les fonctions de vicaire général du diocèse, au nom du pape Sixte IV. L’un des premiers soins du vicaire général fut de faire visiter les paroisses et administrer le sacrement de confirmation : il sollicita pour cela l’évêque de Grasse, Isnard de Grasse. Le 18 décembre 1476, Jean Rodulphe se faisait présenter l’inventaire des archives et du mobilier de l’évêché par le clavaire Philippe Justi. En octobre 1477, l’archidiacre fut encore témoin de l'acte par lequel l'évêque, enfin venu dans sa ville, levait les dernières censures portées contre le clergé de Fréjus. Il ne semble pas que Jean Rodulphe ait été maintenu dans sa charge de vicaire général par Urbain Fieschi qui nommera à cette fonction Jean-Baptiste de Nigris, Alexandre de Regiis et son propre neveu Nicolas Fieschi. Le 27 avril 1489, l'archidiacre Jean Rodulphe est encore témoin d'une transaction entre l'évêque Rostan d'Ancezune et la commuanuté de Fréjus et le 17 juin suivant, l'archidiacre, qualifié de protonotaire apostolique, assiste à l'hommage des habitants de Montauroux entre les mains du seigneur évêque.
L’abbé Dominique Robert de Briançon, dans son Etat de la Provence (1693), affirme que Jean Rodulphe était le quatrième fils de Pierre Rodulf dit le baron, sieur de Limans, conseiller et chambellan du roi René depuis 1441, gouverneur d’Hyères où il mourut en 1466, et de Polixène d’Albizzi. Le frère aîné de Jean, Louis, participa aux Etats de Provence en 1487 et, mort sans postérité, laissa le titre au second, Charles ; le troisième, Pierre, fut chevalier de Rhodes. Quatre sœurs furent mariées dans les familles de Villeneuve, Grasse et Damians.
Mais, en précisant que son « frère Claude, seigneur de Verdailles » avait reçu du roi René l’administration de la mense épiscopale après la nomination d’Urbain Fieschi, le chanoine Espitalier introduit un doute sur la famille de notre chanoine, qui ne compte a priori ni de Claude, ni de seigneur de Verdailles ; y aurait-il une confusion avec une autre famille Rodulf : l’Etat de Provence évoque un Claude Dubreuil, seigneur de Verdaches, au début du XVème siècle dont une descendante épouse Louis de Rodulf, seigneur de Verdaches. A l’époque des faits, c’est encore un Elzéar de Rodulf, syndic d’Aix, qui possède le titre.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Romée de Villeneuve (1180-1251)
Romée de Villeneuve, né vers 1180, mènera comme tant d’autres après lui une double carrière ecclésiastique et civile dans le comté de Provence. La singularité de son parcours tient à ce que, devenu chef de famille à la suite du décès de frères aînés morts sans postérité, il abandonnera bientôt l’une pour se consacrer à la seconde.
Hélie de Salignac est issu d’une vieille famille du Périgord : il est le fils de Manfroy, seigneur de Salignac et de Saint-Geniez, et d’Hélis d’Estaing. Le fameux archevêque de Cambrai, François de Salignac de la Mothe-Fénelon (1651-1715) descend en ligne directe de Jean, frère aîné d’Hélie, à la huitième génération. Hélie nait vers 1320. Diacre, il est pourvu de la stalle de capiscol ou préchantre de Fréjus qui ne fut pour lui probablement qu’un bénéfice parmi d’autres, les chanoines ayant été en plus dépossédés du droit d’élire leur évêque. A cette époque la Guyenne qui fournit les papes et les évêques garnit encore les chapitres… Innocent VI le nomme évêque de Sarlat le 10 mai 1359, puis le transfère sur le siège archiépiscopal de Bordeaux le 24 septembre 1361, faisant de lui le huitième successeur sur ce siège de Bertrand de Got (devenu le pape Clément V) qui avait lui-même succédé à un Salignac. Il y fit son entrée le 23 novembre 1362. L’archevêque est un des exécuteurs testamentaires du tout-puissant cardinal de Périgord, Hélie de Talleyrand, doyen du Sacré-collège, mort en janvier 1364. L’année suivante, il tint un concile provincial. Le 9 janvier 1367, Hélie de Salignac procède au baptême de Richard, le futur roi Richard II d’Angleterre, fils du prince de Galles, né trois jours plus tôt au palais archiépiscopal. En 1374, l’archevêque est député par Grégoire XI pour négocier une trêve entre les rois de France et d’Angleterre, Charles V et Edouard III. On sait par ailleurs qu’il marqua son passage par d’importants travaux à la cathédrale. Il mourut à Libourne le 7 mai 1378.