Louis Léocard (1846-1937)
Louis Augustin Léocard naît à Figanières le 8 juillet 1846, fils de Julien Jean Léocard et d’Elisabeth Bravet. Avec un décalage de génération, il est le cousin germain de Jean-Baptiste Léocard, père de l’abbé Honoré Léocard (1841-1871) qui mourra vicaire à Saint-Cyr. Louis entre au Petit séminaire de Brignoles où il prend la soutane le 2 février 1866 avec onze autres camarades. Au terme de la formation reçue au Grand séminaire de Fréjus, le jeune homme est ordonné sous-diacre le 25 juin 1871, diacre le 25 mai 1872 et prêtre par Mgr Jordany le 25 mai 1873. On l’envoie alors comme recteur dans la minuscule paroisse des Mujouls, dans les Alpes-Maritimes à partir du 1er juin 1873 puis, le 1er juin 1876 à La Mourre. Le 1er octobre 1879, l’abbé Léocard est nommé vicaire à Saint-Tropez où il reste près de huit ans. Le 1er juin 1887, il est affecté comme aumônier à l’hospice d’Hyères mais un an plus tard, le 15 juillet 1888, reçoit la charge de recteur de Tourrettes. Le 1er août 1894, il devient vicaire de Figanières puis aumônier des Petites Sœurs des Pauvres à Draguignan le 1er juillet 1900, avec la fonction de recteur de Rebouillon. Monseigneur Guillibert lui octroie le titre de doyen honoraire le 16 décembre 1919 et Monseigneur Simeone, celui de chanoine honoraire le 24 décembre 1927. Le chanoine Léocard meurt à La Crau, à la villa Saint-Charles où il s’était retiré, le 11 juillet 1937, à 91 ans.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

L’abbé Gamerre est ordonné prêtre à Fréjus le 24 juin 1885 par Mgr Theuret, évêque de Monaco, Mgr Terris venant de décéder. Selon l’usage, le jeune prêtre est envoyé immédiatement comme recteur dans une minuscule paroisse, en l’occurrence celle des Mujouls (Alpes-Maritimes) qui compte 150 habitants. Il retrouv
e très vite Brignoles où il est employé comme surveillant au Petit séminaire, avant d’être nommé vicaire à la Cadière, puis à La Crau dont il devient ensuite curé. Il s'engage résolument dans le débat politique tendu de l'époque, au grand émoi des autorités qui dénoncent en 1890 un "ecclésiastique qui s'est occupé ouvertement de politique pendant la dernière période électorale et a fait une propagande active en faveur du candidat réactionnaire." En 1897, il fait l'objet de plaintes pour ses attaques contre l'enseignement laïque et la Préfecture désire qu'il soit déplacé. Mais c'est bien toujours à La Crau que l'abbé Gamerre vit la séparation de l’Eglise et de l’Etat et accueille Mgr Guillibert le 1er juin 1908 pour une première visite pastorale. Une autre, le 14 avril 1911 sera l’occasion de délimiter les nouveaux contours de la paroisse après l’érection de la commune de Carqueirane. Le curé de La Crau, très actif et doté d’un sens pratique restaure l’ermitage du Fenouillet et mène sa paroisse avec un très vif esprit de charité. Sachant qu’il n’est pas porté aux choses spéculatives et abstraites, on lui confie aussi la gestion de la Caisse de secours du clergé. C’est en 1913 qu’il est promu chanoine honoraire en 1913. Mgr Guillibert qui l’apprécie l’appelle à Fréjus comme chanoine titulaire en 1915, mais l’abbé ne peut se résoudre à garder la résidence dans la cité épiscopale. Il reprendra donc du service comme aumônier des Petites Sœurs des pauvres à Toulon puis comme suppléant pendant sa maladie du chanoine Hippolyte Roudier, curé de Saint-Maximin : le chanoine Gamerre assume ainsi la fonction de doyen coadjuteur de Saint-Maximin. Il meurt à La Crau le 8 novembre 1937, à 76 ans.
De là, après entente entre son évêque et Mgr Guillibert, il est nommé aumônier de la maison de convalescence des officiers, le fameux sanatorium du Mont des Oiseaux, établissement de santé qui sort alors de terre : créé en 1906, bientôt propriété de la Croix Rouge, il accueillera les blessés de la guerre puis, dans les années 1920, des officiers des armées de terre et de mer en convalescence. Le nouvel aumônier y est installé au moins depuis 1910 ; avec régularité il accompagne les résidents qui s’y succèdent et animé d’une grande dévotion à la Vierge Marie l’abbé Jacquelin fait ériger sur un promontoire une statue qu’on vient vénérer sous le vocable de « Notre-Dame du Mont ». Après la guerre, c’est comme une véritable paroisse qui s’y met en place, attirant même pour les offices des fidèles du voisinage. Une Conférence de Saint-Vincent-de-Paul voit le jour autour de quelques officiers. Tous apprécient l’exquise courtoisie, l’éducation délicate et la charité de leur pasteur à la figure de patriarche, dont la sollicitude s’étend au Petit séminaire voisin. Pour récompenser son dévouement qui ne connait pas de borne, Monseigneur Simeone confère en 1931 le camail de chanoine honoraire de sa cathédrale à celui qui était déjà chanoine prébendé de la cathédrale de Meaux depuis 1898. Averti par une recrudescence du mal qui le rongeait, le grand vieillard, très droit, à la barbe fleuve, prend la décision de se retirer chez les Sœurs de Notre-Dame-des-Anges à Hyères : il y arrive le 23 décembre 1936 mais le 27 décembre suivant, alors qu’il chantait les matines avec les Franciscaines, le chanoine Jacquelin est terrassé subitement et meurt avant qu’un prêtre appelé n’ait le temps d’arriver, il avait 64 ans.