Marius Baude (1862-1952)
Marius-Emile Baude naît à Saint-Maximin le 22 mai 1862, il est le fils de Maximin-Côme Baude, cordonnier, et de Marie-Julie Girousse. Il entre d’abord au petit séminaire Saint-Charles de Brignoles puis se prépare au sacerdoce au grand séminaire de Fréjus. Il est ordonné prêtre à Fréjus le 24 juin 1885, l’année qui précède le rattachement de l’arrondissement de Grasse au diocèse de Nice, par Mgr Theuret, Mgr Terris venant de décéder. D’abord recteur de Bezaudun (1885), il intègre le presbyterium de Nice ; il est successivemnet recteur de Plascassier (1887), vicaire de Vallauris (1891) puis de Grasse en 1895. D’origine modeste, d’un naturel bonhomme et avenant, l’abbé Baude conquiert l’estime des grassois et se lie d’amitié avec eux par le truchement de la langue provençale. Après six ans, il quitte Grasse avec regret pour être vicaire de Notre-Dame de Bon Voyage, à Cannes. Il est successivement curé-doyen du Bar en 1910 puis curé-archiprêtre de Vence en 1913. C’est là qu'il retrouve les insignes reliques des saints Véran et Lambert : lors des somptueuses solennités qui s'ensuivent les 15 et 16 avril 1914, Mgr Guillibert est appelé à prononcer les panégyriques des deux pontifes et en profite pour conférer au curé de Vence le titre de chanoine honoraire de Fréjus. En 1917, le chanoine Baude retrouve Grasse, cette fois comme curé-archiprêtre. Commence alors un long et fructueux ministère de plus de trente ans, qui va marquer durablement l’entre-deux-guerres.
Préoccupé par la baisse des vocations sacerdotales, il tentera en vain de faire renaître le petit séminaire sous le nom d’institut Fénelon. Il développe les patronages, constitue des bourses en faveur des séminaristes. Assisté de cinq vicaires, il réorganise le service paroissial dans les différentes chapelles de quartier où la population est en pleine expansion. Mais bientôt le chanoine Baude, jugé autoritaire, a du mal à adhérer aux initiatives de ses vicaires en faveur des mouvements d’Action catholique et devient un obstacle aux nouvelles méthodes d’évangélisation… En 1943, l’évêque de Nice lui affecte un pro-curé pour répondre aux besoins d’une pastorale plus actuelle. Agé de 81 ans, il se résigne et accepte non sans amertume la décision épiscopale. Finalement il renonce à sa charge en 1948 et meurt à Grasse quatre ans plus tard, le 4 octobre 1952, avec les titres d’archiprêtre honoraire de Grasse, chanoine honoraire de Nice et de Fréjus.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Théodore-Augustin Forcade naît à Versailles le 2 mars 1816. Il entre au petit puis au grand séminaire de Versailles. Il est ordonné prêtre le 16 mars 1839 à la Société des Missio
ns étrangères de Paris et embarque en 1842 pour l’Extrême-Orient. Fixé d’abord en Chine où sa présence est à peine tolérée sous la protection de la flotte française, il reçoit en 1846 sa nomination, avec le titre d’évêque de Samos, de vicaire apostolique du Japon : il ne pourra jamais y entrer. Rappelé en France, il est transféré en 1853 au siège de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre. Il y arrive en 1854 et y travaille avec ardeur jusqu’en 1860 (Mgr Oury y sera son quatrième successeur en 1885). On le nomme alors à l’évêché de Nevers pour lequel il est préconisé le 18 mars 1861. Il s’y révèle encore un excellent pasteur, très fidèle à Rome et appuie Bernadette Soubirous dont il facilite l’arrivée à Nevers. Il participe au concile du Vatican. Enfin, le 25 juillet 1873, il est promu archevêque d’Aix-Arles et Embrun. Avec courage, il s’oppose aux lois Jules Ferry. C'est lui qui, le 11 décembre 1883, pose la première pierre de ce qui deviendra un jour la basilique Notre-Dame-de-la-Victoire, à Saint-Raphaël. A la suite d’une visite à des malades atteints du choléra à Lançon-de-Provence, il tombe malade et meurt à Aix le 12 septembre 1885. Il est inhumé dans la cathédrale Saint-Sauveur. Il était chevalier de grâce de l’ordre constantinien des Deux-Siciles (1858), chevalier de la Légion d’honneur (1859), commandeur de l’ordre royal de l’Etoile polaire de Suède (1861), comte romain et assistant au trône pontifical, chanoine d’honneur d’Amiens, de Basse-Terre et de Fréjus (depuis 1873).
Quand il meurt à 55 ans, le 25 juin 1863, Gabriel a décidé de devenir prêtre. Le jeune homme assumera en même temps l’héritage paternel et prendra la direction de l’école en 1876, la développera avec de nouvelles acquisitions et, en lui donnant le nom de collège Saint-Louis, la fera passer sous la tutelle de l’évêque en la transformant en collège diocésain. En 1886, Mgr Oury, de trois ans son aîné, lui donna le camail de chanoine honoraire de Fréjus. Le chanoine Gabriel Fouqué mourut en 1908.