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Benedictus qui venit in nomine Domini

 

Captur pape nouveau REncore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.

Les journalistes se sont rués sur le nom de Léon XIII mort en 1903 pour y découvrir l’héritage du pape de la doctrine sociale de l’Eglise, ils auraient pu aussi s’interroger sur celui qui le premier porta ce nom et mérita de lui adjoindre le qualificatif de « le Grand », saint Léon pape de 440 à 461. Homme profondément spirituel, il affronta l’effondrement du monde romain et n’eut pas peur de se confronter aux puissances séculières dont la force était le seul argument, en l’occurrence le « fléau de Dieu », Attila, roi des Huns, à la rencontre duquel le courageux pontife se transporta à Mantoue pour le dissuader avec succès de poursuivre son entreprise sur l’Italie et de piller la Ville.

La liberté et le courage sont les vertus que nous demandons à Dieu d’accorder au nouvel évêque de Rome qui est venu au devant de la foule des fidèles avec le don du Ressuscité, celui de la paix. Nul doute qu’il prendra soin de ne pas brutaliser son peuple en le heurtant par des prises de positions abruptes et personnelles, tout en le conduisant sur les chemins nouveaux qu’ouvrira la Providence. La vraie humilité qui l’a fait revêtir dès les premiers instants les ornements prescrits par le rituel et donner la bénédiction selon la formule en usage, s’effaçant ainsi lui-même sans mettre en avant ses propres choix et sa personne sont un gage de maturité et de sagesse bien venu. Longue vie au pape Léon XIV !

Les dernières promotions

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2022

Le mercredi 27 avril 2022, en la solennité de la dédicace de la cathédrale de Toulon, Mgr Rey a installé le chanoine Michaël Nachez à la cathédrale Notre-Dame de la Seds.

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2018

Le mercredi 3 octobre 2018, en la fête de saint Cyprien, Mgr Rey a installé le chanoine Charles Mallard à la cathédrale Notre-Dame de la Seds.

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2017

Le mercredi 26 avril 2017, Mgr Rey a installé deux nouveaux chanoines honoraires qui ont reçu à cette occasion les insignes de leur nouvelle fonction dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds.        

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2016

Le 19 mars 2016, Mgr Rey a nommé cinq nouveaux chanoines, trois chanoines titulaires et deux honoraires, qui furent installés le 23 juin suivant dans la cathédrale Notre-Dame de la Seds.            

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Les publications

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Morale, histoire, théologie, spiritualité, les chanoines continuent d’apporter leur contribution à la vie du diocèse également par leur recherche et leurs travaux intellectuels.

On trouvera dans cette rubrique quelques références aux publications qui ont vu le jour ces dernières années, même si la liste n’est pas exhaustive.

 

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Jean Dedoue (1806-1884)

Jean-Tranquile-Bienvenu Dedoue nait le 15 novembre 1806 à Agnona (Italie) d’un père français, Jean-André Dedoue, employé de l’administration des Douanes, et de Marie-Michel-Ange Piantino. Il est baptisé le 6 janvier 1807.

Son père, sans doute né en 1780, était fils de Jean-Joseph Dedoue, notaire royal à Entrevaux ; son arrière grand-père, François-René Dedoue (ca 1705-1771) exerçait la même profession à Cipières. Ce dernier avait un frère, Messire Jean-Joseph Dedoue (ca 1700-1787), qui fut prieur-curé des Mujouls (diocèse de Glandèves) et qui céda la place à son neveu né en 1752, Messire Alexandre Dedoue (grand-oncle de notre chanoine), qui deviendra bénéficier de la cathédrale de Vence et sera élu en mars 1789 par la sénéchaussée de Castellane pour participer à l’assemblée préparatoire aux Etats Généraux du mois d’avril. Cet abbé Dedoue, après avoir prêté serment à la Constitution civile du clergé, se rétracta, signa un dernier acte le 22 avril 1792 et émigra en Italie sous le déguisement d’un employé subalterne des subsistances militaires. Il devint ensuite précepteur dans une famille noble à Naples, séjourna longtemps à Rome où il servit d’aumônier aux princesses royales qui l’attirèrent en Angleterre. Il voulut revoir son pays avant de s’y rendre : arrivé à Marseille grâce à son passeport d’employé aux subsistances, il tomba malade à Bandol et mourut à l’hôpital militaire de Toulon le 7 prairial an VIII (27 mai 1800).

Jean Dedoue était encore parent (1) et ami d’Augustin Bonnetty, né à Entrevaux en 1798, qui l’avait précédé de quelques années probablement au séminaire de Digne et qui s’orientera dans une carrière de penseur et d’écrivain laïc, fondateur en 1830 des Annales de philosophie chrétienne, mort également à Paris en 1879.

Ordonné prêtre le 5 juin 1830 pour le diocèse de Digne, Jean Dedoue fut nommé vicaire à Entrevaux le 1er juillet 1830. Après la démission de Mgr de Miollis en août 1838, le futur Mgr Jordany, alors administrateur du diocèse, le remarqua et l’attacha au secrétariat de l’évêché en octobre 1838. Mgr Sibour, devenu évêque de Digne en 1839, en fit son secrétaire particulier et son homme de confiance, qui le suivit à Paris quand il en devint l’archevêque en 1848. Jean Dedoue est nommé chanoine titulaire de Notre-Dame de Paris en février 1849 et vicaire général honoraire en 1852. Philosophe intelligent, théologien exact, dévoué à l’Eglise romaine, littérateur et homme du monde, doté d’une charité sans borne qui lui attacha le cœur des parisiens, il fut reçu chevalier de la Légion d’honneur le 18 décembre 1871 en vertu d’un décret du 9 août 1870. Il devient enfin doyen du chapitre métropolitain de Paris. Mgr Jordany, à qui il devait d’avoir été distingué l’avait créé chanoine honoraire de Fréjus dès son arrivée sur le siège de saint Léonce, en 1856 et lui avait donné le titre purement honorifique de vicaire général de Fréjus. Le chanoine Dedoue dont l'état de santé fut longtemps très pénible, meurt à Paris le 15 août 1884 chez les Frères de Saint-Jean-de-Dieu où il était soigné.

(1) L’amitié était plus étroite entre les deux hommes que les liens de sang : la grand-mère paternelle de l’abbé Dedoue, Anne Pons, était la cousine germaine de Messire Jacques Pons, chanoine-sacristain de la cathédrale de Glandèves, mais aussi de Gabriel Bonnetty (1764-1832), le père d’Augustin.

Michel Moncault  (1943-2002)

Michel MontcaultMichel Moncault, né le 4 mars 1943 à Angoulême, avait été ordonné diacre par Mgr Roger Etchegaray (les origines familiales de notre chanoine se situant en Béarn et Pays basque) en 1970 à Brue-Auriac, la première paroisse de son insertion pastorale dans le diocèse. C’est Mgr Gilles Barthe, évêque de Fréjus-Toulon qui l’ordonna prêtre le 2 juillet 1971 en la basilique de Saint-Maximin, après qu'il ait suivi des études supérieures de théologie et de droit civil à l’université de Strasbourg. Michel Moncault était aussi diplômé d’études de musicologie : son goût pour la musique et sa culture historique lui vaudront d'être fait officier des Arts et des Lettres. En 1976, il est nommé curé de Saint-Maximin, puis l'année suivante désigné comme vicaire épiscopal chargé de la zone rurale. En 1979, Monseigneur Barthe le transfère à Brignoles dont il restera curé jusqu'en 1981.

En 1983, il est nommé responsable régional de l’art sacré et chargé de cours au séminaire régional de Marseille. Doyen de Sanary et curé d’Ollioules en 1984, il est ensuite détaché au Conseil général pour une période de quatre ans, entre 1985 et 1989, comme directeur des Affaires culturelles. L'abbé Moncault renoue avec la charge pastorale avec sa nomination de curé de Saint-Tropez de 1989 à 1995.

En janvier 1990, il avait été en même temps nommé membre de l’équipe du Centre National de Pastorale Liturgique, au service du Comité national d’art sacré. Après Saint-Tropez, Michel Moncault fait un passage d’un an à la paroisse Sainte-Thérèse du Pont-de-Suve à Toulon. En 1996, il est nommé recteur de la paroisse Saint-Louis à Toulon. En 1998, il devient président de la radio diocésaine et en septembre de la même année, il est nommé chancelier et secrétaire général de l’évêché. Le 22 septembre 1999, Mgr Joseph Madec l’appelle aux fonctions de vicaire général chargé de l’administration et délégué épiscopal à l’information et la communication. L'abbé Moncault devient tout à la fois curé archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de la Seds après le rattachement à celle-ci de la paroisse Saint-Louis. En 2000, il est curé de Saint-Georges, à Toulon et l'année suivante, de Lorgues, mais à cause de travaux qu'il engage au presbytère de cette dernière paroisse, il réside provisoirement à Carnoules. Il reçoit le camail de chanoine le 3 octobre 2001, dans la promotion qui comptait en outre les chanoines Molinas, Guillot, Espitalier, Carli et Denis. Le chanoine Moncault meurt dans un accident de la route, le lundi 19 août 2002 à 9h, sur la route de Brignoles où il venait de célébrer la mémoire de saint Louis d’Anjou ; il y avait commenté les lectures du sanctoral :  « La mort prématurée de saint Louis ne l’a pas pris au dépourvu (Sagesse : IV 7-15) il avait fait du Seigneur sa part d’héritage (Psaume 15) et il était prêt à le rencontrer (Luc : XII 35-40) ». Ses obsèques furent célébrées le vendredi 23 août en la cathédrale Notre-Dame de la Seds à Toulon, suivies de l’inhumation à Saint-Maximin.

Extraits de l’homélie prononcée à la basilique de Saint-Maximin par Mgr Ravotti lors de la cérémonie qui a précédé l’inhumation :

« Pendant ses trente-et-une années de vie sacerdotale (…) au delà des responsabilités croissantes qui lui furent confiées dans le diocèse et hors du diocèse, au delà des ses connaissances certaines et de ses compétences en matière théologique, juridique, historique et artistique, au-delà de tous les liens qu’il a su tisser jusque dans les hautes sphères, le Père Moncault est resté pour nous un prêtre et un ami accueillant, jovial, accessible, disponible. (…) Il était intelligent, cultivé, éclectique, maniant avec aisance la parole et un humour subtil, parfois moqueur, mais au beau milieu d’une conversation il semblait soudain s’évader. Au séminaire d’Aix, ne l’appelait-on pas le « voyant lucide » ? Peut-être cachait-il ainsi une certaine timidité ? Peut-être, son esprit toujours occupé et si fertile avait-il besoin de ces évasions, alors que ceux qui le connaissaient mal pouvaient penser à une prise de distance de sa part ? En tout cas – et ce trait mérite d’être souligné car il démontre une personnalité ouverte et accueillante – le Père Moncault était à l’aise avec tous, les plus grands comme les plus humbles, et il s’était fait des amis dans tous les milieux. »

Fleury Lavallée (1870-1961)

Mgr Fleury LavalléeMarguerite (sic) Fleury Lavallée nait à Néronde, petit village du Roannais qui avait vu naître Pierre Coton (1564-1626), le futur confesseur jésuite d'Henri IV et directeur de conscience du jeune Louis XIII, le 26 septembre 1870. Fleury est le fils d'Auguste Lavallée, maître d’hôtel, et de Catherine Patissier. Il perd son père alors qu'il n'a pas cinq ans. Jusqu’à treize ans, il fréquente, dans son village l’école des Frères Maristes. Il y trouve de quoi alimenter sa curiosité, structurer son intelligence et certainement aussi nourrir sa foi. Voici ce qu’il en écrira : «L'instruction telle qu'ils nous la donnaient était poussée assez loin... Quand je pense à l'activité de nos études, en ce pays, aux explorations qu'on faisait pousser dans tous les sens, je suis vraiment étonné du parti qu'on savait tirer de notre curiosité d'enfants et de l'étendue des connaissances élémentaires qui nous étaient données... Et notez qu'il n'y avait dans cette instruction, ni psittacisme, ni verbiage, ni culte prépondérant de la mémoire... ». Parmi ses maîtres, il trouva notamment un homme à la fois religieux, à forte trempe, et éducateur éminent : le Frère Marie-Abraham, décédé en janvier 1942 et qui a laissé dans sa Province la réputation d’un saint. Un des frères de Fleury entrera d’ailleurs chez les Frères Maristes et mourra dans leur maison de l’Hermitage sous le nom de frère Alphonsis, en février 1940. Fleury poursuit ensuite ses Humanités au petit séminaire de Montbrison de 1884 à 1888 puis sa philosophie et sa théologie aux grands séminaires de Lyon. Il est ordonné prêtre pour le diocèse de Lyon le 19 mai 1894, il poursuit ses études et obtient une licence ès Lettres en 1895. Il assure deux ans de préceptorat dans une famille, un an d'enseignement au petit séminaire de Montbrison, puis, s'étant préparé à l'Institut catholique de Paris et à la Sorbonne, il est reçu à l'agrégation de Lettres en 1899, probablement l'un des derniers ecclésiastiques admis à ce diplôme. L’année suivante, il est professeur de latin aux Facultés catholiques de Lyon. On lui confie la responsabilité de l’Institution Leidrade, ancien petit-séminaire de la primatiale Saint-Jean et des trois autres petits séminaires du diocèse. Vicaire général en 1906, il est à la direction de l’enseignement secondaire. « Prêtre humaniste » au jugement de Jules Monchanin qui fait sa connaissance en 1911, il visitait régulièrement tous les établissements d’enseignement secondaire du diocèse, connaissait tous les élèves par leur nom et présidait avec une certaine sévérité aux examens de fin d’année. En 1910 il est choisi pour devenir le quatrième recteur des Facultés catholiques de Lyon, il le restera jusqu’en 1945. La même année 1910, il est fait Prélat de Sa Sainteté. Il présidera à l'extension de l'institution, avec l'ouverture de l'institut de chimie industrielle en 1919 et celle des facultés de droit canon et de philosophie en 1935. Orateur écouté ("il excellait dans l'homélie", au dire du Père Henri de Lubac), il défend avec fougue le catholicisme et ses institutions, l’enseignement chrétien en particulier. Parfois pessimiste sur l’avenir de la foi en France : « Demain, catholiques, nous serons ramenés au régime dont Tertullien a buriné la définition… Exules in patria, nous serons cela, oui, par toute notre âme des exilés au pays de France. » (discours du 8 novembre 1911). Il est convaincu que les écoles et les universités catholiques, par un travail acharné et une vie intellectuelle exigeante, peuvent encore rendre à la raison confiance en elle-même et faire croire à nouveau « au milieu du rlavallelativisme mouvant », que « l’absolu existe ». En 1930, il est fait chanoine d’honneur de Fréjus. Il se démet de son poste de recteur à soixante-quinze ans en 1945. Très marqué dans sa jeunesse par la crise moderniste et l'anticléricalisme, il laissa une "réputation de traditionnalisme extrême", cela ajouté à sa prudence doctrinale l'avait fait suspecter de quelque sympathie pour l'Action française et pour le régime de Vichy. Il mourut pieusement à Lyon (2°), à quatre-vingt-onze ans, le 16 novembre 1961. C'était un fin humaniste qui disparaissait laissant une oeuvre abondante qui compte plusieurs centaines de titres, mais surtout un prêtre selon le cœur de Dieu. « Il voulait être, comme il disait, prêtre et rien de plus ». Son ami, Mgr Cristiani, qui laissera un beau témoignage à son égard dans un ouvrage intitulé Monseigneur Lavallée, un grand recteur, (Paris, éd. France-Empire), écrit de lui : « Il est des natures d'élite qu'on a envie de remercier non seulement de ce qu'elles font pour nous être agréables, mais pour leur manière d'être ce qu'elles sont. Il se dégage d'elles un tel parfum d'humanité supérieure qu'elles font aimer l'homme... Humanité supérieure ? Est-ce bien toute ma pensée à son sujet ? Je crois bien qu'il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour me faire dire : C'était un saint». Un passage de son testament spirituel montre sa grandeur d'âme et son esprit surnaturel : «Je désire reposer au cimetière de Néronde parmi les miens, sous le regard de Notre-Dame de Néronde ; on écrira sur notre pierre tombale, ces mots : Fleury Lavallée, prêtre... sans y ajouter aucun titre d'honneur, ni de fonctions, car fonctions professionnelles ni honneur n'existeront plus alors, mais je serai, par la miséricorde de Dieu, toujours prêtre ». Le Père Henri de Lubac en témoigne en écrivant que celui qu'on aura appelé "le premier prêtre de France" était "un modèle de vie sacerdotale", un prêtre exemplaire à la "simplicité à la fois grave et souriante."

Lavallee

Clément Guiol (1824-1893)

Clément-Gaspard Guiol, né à Marseille le 17 septembre 1824 de parents varois : Jean-Baptiste-Hippolyte Guiol, professeur interprète natif  de Toulon (1798) et Marie-Anne-Julie Gor (dont le père est décédé à Draguignan). Ordonné prêtre pour le diocèse de Marseille où réside sa famille, il est distingué par Mgr Place et nommé en octobre 1866 curé de Saint-Joseph pour achever l’œuvre de fondation de la paroisse confiée auparavant à l’abbé Abat. Il la développe avec beaucoup de succès, obtenant notamment la création de l’oratoire Saint-Léon (actuel lycée Don Bosco) : la formation des jeunes était un sujet de préoccupation dans cette métropole de 300 000 habitants, l’abbé Guiol pour réaliser le projet qui lui tenait à cœur de recueillir des garçons abandonnés n’hésita pas à solliciter directement don Bosco à Turin dès 1876 jusqu’à ce qu’il en obtienne une réponse positive ; après saint-Cyr et Toulon, saint Jean Bosco acceptait de fonder à Marseille ; ses religieux arrivèrent le 2 juillet 1878 : à la fin de l’année 30 apprentis menuisiers, cordonniers et tailleurs ainsi que 40 petits écoliers étaient déjà pris en charge, ils seraient 195 l’année suivante ; la chapelle fut bénite en 1880. Le chanoine Guiol continua de diriger sa paroisse jusqu’à sa mort à Marseille le 22 octobre 1893. Au delà du diocèse de Marseille, l'abbé Guiol contribua encore à l'établissement de la maison des Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul à Sanary dont sa propre soeur assuma la charge de supérieure ; c'est lors de sa visite à cette maison en novembre 1876, que Mgr Terris qui le tenait pour un ami depuis plus de trente ans, décida de lui conférer le titre de chanoine honoraire. Il avait été fait aussi chanoine honoraire de Marseille par Mgr Robert. Voici comment le décrit la revue La Vedette, qui salue en même temps ses qualités d’administrateur et reconnaît en lui un des prêtres les plus actifs du diocèse de Marseille à la veille de la célébration de ses 25 ans de présence dans la paroisse St-Joseph (en octobre 1891) : « allure martiale, visage sévère et découpé, regard profond, air jovial, voix forte et vibrante, de taille moyenne et la carrure ouverte, tel apparaît M. le curé Guiol à ses paroissiens avec une auréole de cheveux noirs bien faite pour tromper les ans ». Il était le frère de Mgr Louis Guiol (1818-1884), Prélat de la Maison de Sa Sainteté, orateur solide et écrivain distingué qui fut pendant dix ans vicaire général de Marseille,  puis curé de l’importante paroisse de Saint-Lazare dans la même ville, avant d’être appelé en 1877 par les évêques de la région à la charge de recteur des Facultés Catholiques de Lyon, où il épuisa ses forces.

Jean-Baptiste de Montblanc (1758-1834)

Jean Baptiste de MontblancJean-Baptiste « Demonblanc » naît à Sausses (dans le diocèse de Glandèves) le 7 janvier 1758 et reçoit le baptême le lendemain dans l’église paroissiale. Son parrain est seigneur du village : Jean-Baptiste Durand, avocat en la cour. Du mariage de ses parents, Louis-Joseph de Montblanc (1726- ) et Marguerite André (1730-1799), mariés en 1748, naquit une très nombreuse progéniture dont Jean-Baptiste est au moins le quatrième. Après deux filles et un garçon naîtra encore en 1767 Augustin-Louis, qui deviendra un jour archevêque de Tours et pair de France. A sa mort le panégyriste pourra louer la discrétion du prélat sur la noblesse de ses origines, lui qui était né « de parents dont l’illustration remonte au temps des Croisades.» Sans aller jusque-là, cette branche familiale (Louis-Joseph est fils de Jean-Joseph (1691-1761) et de Marguerite Fournier (1699-1776) ; Jean-Joseph est fils d’Augustin (1661-1740) et de Marie Fabre († 1728) ; Augustin est fils d’Annibal marié en 1650 avec Baptistine de Montblanc ; Annibal est fils de Jean et de Jeannette Jausselet) doit se rattacher à cette ancienne famille des seigneurs de Sausses, dont on trouve des traces depuis le XVème siècle, qui s’était alliée avec les Blacas, Flotte, Glandevès, Castellane, Martin et autres maisons de la noblesse provençale. Jean-Baptiste bénéficia d’une éducation familiale baignée des vertus chrétiennes. L’archevêque de Tours témoignait combien la phrase de Blanche de Castille qu’aimait à redire leur mère : « Mon fils je préfèrerais mourir que d’apprendre que vous avez commis un seul péché mortel », avait imprégné sa conscience d’enfant. Un oncle est déjà prêtre : Pierre de Montblanc (1720-1800), que la Révolution trouvera curé de Braux. Jean-Baptiste entre au séminaire probablement à Aix, comme le fit après lui Augustin-Louis et reçut la consécration sacerdotale. Au début de l’année 1791, il est vicaire à Saint-Martin d’Entrevaux, quand il est exigé de tous les ecclésiastiques en fonction qu’ils prêtent serment d’allégeance à la Constitution Civile du clergé : alors qu’à Entrevaux, les curés de Notre-Dame et de Saint-Martin, les vicaires et les régents des petites écoles prêtent serment, Jean-Baptiste de Montblanc demande un délai de quinze jours à la municipalité, qui doit en référer aux administrateurs du département. Il va tout tenter pour gagner du temps, jusqu’au moment où sa sécurité sera menacée : le 13 mars, il annonce au prône que le dimanche suivant il prêtera ledit serment ; mais, quand, huit jours plus tard, les officiers municipaux se présentent pour le recevoir, ils entendent l’intrépide vicaire déclarer du haut de la chaire qu’il ne s’exécuterait pas tant que le Souverain Pontife n’aurait pas fait entendre sa voix. Tollé dans l’église : les uns applaudissent, manifestent bruyamment leur joie alors que d’autres vocifèrent et menacent du poing ! Floués, les officiers municipaux en sont quittes pour dresser procès-verbal et s’adresser aux administrateurs du district : « Indiquez-nous la route à suivre pour réprimer pareil abus, et les démarches que la municipalité doit faire. »

Finalement, au milieu d’une défection quasi générale du clergé (91% du clergé prête serment dans le département des Basses-Alpes), parce que le bref Quod aliquantum signé le 10 mars ne lui était probablement pas encore parvenu, l’abbé cède le 10 avril, en essayant de prouver que le serment ne touche ni au dogme ni à la foi… Trois jours plus tard, le 13 avril, le pape Pie VI signait le second bref condamnant la Constitution Civile du clergé… L’abbé Jean-Baptiste de Montblanc se rétracta alors très vite. Son oncle, Pierre avait eu lui aussi la faiblesse de jurer mais ne reviendra pas sur son serment et se retirera en 1794 avec une maigre pension à Sausses, son village natal où il mourra, « ministre du culte catholique, profession de prêtre », le 12 novembre 1800. Mais Jean-Baptiste, ayant rejoint Sausses après sa courageuse rétractation, devra partir sur les routes de l’exil (liste des émigrés du 19 août). On sait que son frère Augustin-Louis gagnera l’Italie, séjournera à Rome, avant de devoir rejoindre l’Angleterre. A la fin de la tourmente, Jean-Baptiste réintègre le clergé de son diocèse et devient chanoine titulaire de la cathédrale de Digne en 1821. Les diocèses voisins qui bénéficièrent peut-être de son ministère voulurent à la Restauration honorer sa fidélité, c’est ainsi qu’il devint chanoine honoraire d’Aix et chanoine honoraire de Fréjus le 13 septembre 1826, avec le titre de Vicaire général. Son frère, Augustin-Louis, après avoir été nommé évêque de Saint-Dié dans la tentative avortée de recomposition de la carte ecclésiastique de 1817, fut appelé comme coadjuteur de Mgr du Chilleau à Tours et lui succéda comme archevêque en 1824. Ce fut l’occasion pour Jean-Baptiste de recevoir d’autres marques de reconnaissance : un canonicat et un vicariat général de Tours et, en 1829, un canonicat honoraire au chapitre royal de Saint-Denis. Il mourut chez un de ses frères, au château de Sausses, le 30 avril 1834.