Magloire Giraud (1798-1878)
Magloire Giraud naît à La Cadière le 3 Brumaire an VII (24 octobre 1798), fils de Félix Giraud, cultivateur lui-même originaire de La Cadière, et de Félicité Jullien, de Marseille. Il aura pour son pays natal un attachement qu’il essaiera de transmettre plus tard à travers ses publications historiques. Une rue y porte d’ailleurs son nom, comme à Saint-Cyr. Il fait probablement ses études à Aix où il se lie à Eugène de Mazenod : dans son journal le saint évêque de Marseille notera une lettre « pleine de sentiments » reçue de Magloire Giraud le 6 février 1838. Il se destine très vite à l’état ecclésiastique : il est ordonné prêtre en 1823 pour se mettre au service du tout nouveau diocèse de Fréjus. Il obtient aussi d’être chanoine honoraire d’Ajaccio en 1824 : il a à peine 26 ans. Après cinq années de vicariat au Beausset, son activité pastorale se déroulera essentiellement à Saint-Cyr dont il est nommé curé en 1828, paroisse qu’il refusa systématiquement d’abandonner malgré plusieurs autres propositions intéressantes : il l’avait pour ainsi dire créée, l’avait dotée d’une église et s’y était fait aimer grâce à l’aménité de son caractère, la politesse et la distinction de ses manières, sa dignité qui s’accommodait fort bien de son amour de la langue provençale (la seule qu’il tolérât en chaire) et de sa proximité pour son peuple. Sa réputation repose aussi sur ses recherches historiques et archéologiques. Sur la base d’une vaste érudition et avec un travail rigoureux et approfondi, il se fait reconnaître à travers plus de vingt publications ayant trait essentiellement à l’histoire locale (La Cadière, Saint-Cyr, le Canton du Beausset, Toulon, Saint-Maximin) et plus spécifiquement au site de l’antique colonie grecque de Tauroen
tum qui a été de sa part l’objet d’investigations extrêmement sérieuses, nourries par plus d’un demi-siècle de découvertes sur la plage des Lecques. " Recueillir les souvenirs qui périssent, préserver de l'oubli des choses et des faits dignes de mémoire, et prouver, en entourant le passé de soins pieux, que le présent n'est pas ingrat comme on l'en accuse, c'est un devoir envers la patrie et envers nos pères ", écrit-il en 1858. Il est membre des Académies de Marseille, du Gard et d’Aix, de la Société de statistique de Marseille, de la Société des sciences, arts et belles-lettres du Var, de la Société française d’archéologie, lauréat de l’Institut, correspondant du ministère de l’Instruction publique, membre honoraire de la Société d’études scientifiques et archéologiques de Draguignan. Il est fait chanoine honoraire de Fréjus en 1843. Le chanoine Giraud fut peu à peu contraint à l’inaction à cause d’infirmités qui n’affaiblirent pas toutefois l’énergie de sa volonté ni les facultés de son intelligence. Il mourut à Saint-Cyr le 3 septembre 1878. Il est inhumé à La Cadière-d'Azur.


Encore une fois, les pronostics du monde, y compris de l’IA sont passés largement à côté : c’est donc un outsider ou presque qui a été annoncé au soir du 8 mai à la loggia de la basilique Saint-Pierre. Et pourtant, il suffisait de prendre la liste protocolaire des cardinaux, suivre depuis le haut de la première table la série des visages des cardinaux-évêques pour rencontrer assez vite celui du cardinal Prévost : le cardinal Parolin, puis le cardinal Filoni tous deux n’ayant jamais exercé aucune fonction épiscopale au service d’un diocèse, ce qui semble un préalable pour exercer la mission pastorale de l’Eglise universelle ; venait ensuite le cardinal Tagle, grand favori certes mais probablement jugé trop proche du défunt pape ; enfin le cardinal Prévost qui, malgré son identité nord-américaine, réunissait plus d’un atout, celui d’un pasteur, d’un missionnaire, d’un homme de curie, de cultures diverses par son ascendance et son ancrage : américaine, péruvienne, française, italienne, espagnole, etc., de l’expérience et de la modération.


Cosme-Benjamin Jorcin nait à Lanslebourg le 2 mai 1874. Son père, Lucien-Martin Jorcin (1840-1898) descend d’une lignée de maîtres de postes et de notaires de Lanslebourg ; sa mère, Mauricie Fodéré (1843-1920), est fille d’Adrien Fodéré, notaire et juge de paix de Bessans, et de Marie-Antoinette Vincendet et membre d’une très nombreuse fratrie dont l’aîné des garçons, Adrien-Alexis Fodéré (1838-1923) gravira tous les échelons du clergé diocésain de Saint-Jean-de-Maurienne avant d’en devenir l’évêque de 1906 à 1923. A l’ombre de son oncle, Cosme entre au séminaire et est ordonné prêtre pour le diocèse de Saint-Jean-de-Maurienne le 19 décembre 1896. Il avait été reçu docteur en philosophie et en théologie ainsi qu’en droit canonique. Il est fait chanoine archidiacre de Saint-Jean-de-Maurienne et à la mort de Mgr Fodéré est désigné par le chapitre comme vicaire capitulaire. C’est dans cette situation qu’il est à son tour désigné pour l’épiscopat en vue de la succession de Mgr Martel, évêque de Digne le 23 décembre 1923. Il est sacré le 20 mars suivant et meurt à Digne le 20 décembre 1958, après avoir proposé sa démission pour raison de santé quelques mois auparavant. Mgr Gaudel et Mgr Mazerat assistent à ses obsèques le 23 décembre. Au cours de ce long épiscopat, Mgr Jorcin avait été fait chanoine d’honneur de Fréjus par Mgr Simeone en 1938.
François-Antoine Jauffret naît à La Ciotat le 4 décembre 1833, fils de Xavier Jauffret, négociant, et de Thérèse Decanis. Il entre au petit séminaire de Marseille et poursuit ses études ecclésiastiques avec quatre ans au grand séminaire de la ville dont il sort avec les ordres mineurs en 1858. Il est alors nommé professeur de mathématiques et d’histoire au pensionnat de la Sainte-Famille. Pendant ce temps, il reçoit le sous-diaconat en 1858, le diaconat en 1859 et le sacerdoce le 22 septembre 1860. En 1865, il est nommé directeur des classes à l’école supérieure du Sacré-Cœur à Marseille, qui deviendra en 1870 l’école Belsunce. En 1868, il y exerce la fonction de directeur spirituel et professeur de rhétorique puis en devient le supérieur en octobre 1870, poste qu’il occupera pendant 17 ans avec beaucoup d’énergie et de compétence. Ses remarquables discours lors des distributions des prix annuelles le font remarquer et lui valent le titre d’Officier d’Académie. En 1881, il publie sa thèse doctorale de théologie sur Mgr Belsunce et le jansénisme.
Il est fait chanoine adjoint de la cathédrale de Marseille en 1887, puis devient titulaire l’année suivante. Grâce à son frère Frédéric Jauffret, journaliste à l’Echo d’Oran et proche du député Eugène Etienne, il fut recommandé au Gouvernement pour l’épiscopat et nommé au siège de Bayonne le 30 décembre 1889 malgré les réticences de l’évêque de Marseille, le monarchiste Mgr Robert : à l’égard de la République, Mgr Jauffret s’affirmait d’un loyalisme total. Il fut sacré à Auch le 9 mars 1890. Dès son arrivée à Bayonne il releva de ses fonctions le vicaire général et déplaça une douzaine d’ecclésiastiques sanctionné par le Gouvernement, ce qui provoqua une fronde dans le clergé basque : « il entra dans notre diocèse par la mauvaise porte, non qu’il eut commis aucun acte répréhensible pour devenir évêque, mais parce qu’il le devint grâce à son frère journaliste radical en Algérie, avec le concours des ennemis de l’Eglise » écrit un professeur du grand séminaire. Il accueillit bien sûr favorablement le toast d’Alger et la demande du cardinal Richard d’apporter un concours loyal à la République, et applaudit à la publication de l’encyclique de Léon XIII Rerum novarum. Ami de longue date de Mgr Arnaud, il en reçoit le titre de chanoine d’honneur de sa cathédrale en 1900. Il meurt au sanctuaire de Bétharram le 15 juin 1902. Il était grand croix de l’ordre du Saint-Sépulcre, comte romain et assistant au trône pontifical.
L’abbé Ernest-Fortuné Théric (de Macon de Monchevray) naquit à Marseille le 9 juillet 1834, fils de Joseph Théric, comptable, et d’Adèle Macon. Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Marseille le 27 juin 1858 par Mgr Eugène de Mazenod, en même temps que Mgr Arnaud. En souvenir d’une vieille et affectueuse confraternité, Mgr Arnaud décora du camail de chanoine honoraire de sa cathédrale le seul survivant des prêtres de ce même cours en 1901. Il avait été successivement vicaire à Aubagne et à La Belle-de-Mai, aumônier du Petit Lycée, vicaire à Saint-Charles et à Saint-Pierre-Saint-Paul, aumônier des Dames de St-Maur puis des religieuses de St-Joseph-le-Bourg. Après une longue maladie et souffrant d’infirmités précoces, il prit sa retraite vers les années 1880 et mourut à Marseille le 6 mars 1913.